Lors du dernier conseil municipal de Vers-Pont-du-Gard, qui s'est tenu lundi, les budgets de la commune ont étés rejetés par les élus. Le maire Marc Poulon leur a adressé une lettre pour leur exprimer son mécontentement. La voici, en intégralité.
"Nous
venons malheureusement de franchir un cap dans cet affrontement stérile et
destructeur dans lequel certains d’entre nous se complaisent depuis des mois. Après les jeux d’obstruction et autres manœuvres de déstabilisation,
aujourd’hui, ont été mises à exécution les menaces proférées depuis quelques
semaines en rejetant les budgets qui ont été proposés, sans aucune autre raison
que de porter un nouveau coup au Maire de la commune. Laissez-moi vous dire que je trouve cette attitude totalement scandaleuse car
les motivations partisanes ont pris le pas sur l’intérêt de la commune. A moins que cette attitude ne soit considérée comme salvatrice pour préserver
notre village de je ne sais quel péril que j’incarnerais avec celles et ceux
qui me font confiance ? Rejeter un budget est un acte grave, d’autant plus grave que l’on n’a aucune
raison objective de le faire. En agissant ainsi, les habitants du village sont pris en otages, alors qu’ils
n’attendent qu’une seule chose, c’est que nous travaillions pour son
développement et son avenir. Est-il plus important aujourd’hui, de jouir du pouvoir de dire non sous
l’anonymat, que de reconnaitre que
les budgets qui ont été présentés ne proposent rien d’autre que la mise en
mouvement des projets communaux validés majoritairement en conseil ? Dans cette période de crise économique, morale et financière, rien de mieux n’a
été trouvé que de s’employer à bloquer le fonctionnement de la collectivité en
se livrant à ce spectacle pitoyable et fatiguant auquel personne ne comprend
plus rien. Certains pensent donc exister en détruisant ce que les autres essaient de
construire. Plus grave encore, le retard que ce vote va occasionner dans la mise en œuvre
des investissements prévus menace de priver la commune de ressources
financières importantes en lui faisant courir le risque de perdre des subventions,
et de se voir infliger des pénalités pour retard de paiement. Grave
aussi, la situation dans laquelle vont être entrainées les associations locales
à l’approche de la période festive, puisqu’en attente du règlement du budget
par le représentant de l’Etat, le conseil municipal ne peut adopter de
délibération sur l’exercice en cours, ce qui exclut, par exemple, la
possibilité de voter les subventions. Cette
posture est totalement irresponsable, stérile et vide de toute proposition
constructive. Les rancœurs et les ambitions personnelles de certains d’entre vous les ont
rendus aveugles, hostiles et haineux. Nous
les laisserons demain assumer le jugement des habitants qu’ils prétendent représenter. Conformément aux dispositions du Code Général des Collectivités Territoriales,
je transmettrai donc les deux projets de budget que vous avez rejetés à M. le Préfet
du Gard, qui saisira la Chambre Régionale
des Comptes. Celle
ci formulera ses observations, et laissera le Préfet régler le budget avant de
le rendre exécutoire. Enfin,
je n’oublie pas celles et ceux qui, par leurs votes constructifs, m’ont témoigné
leur fidélité et leur soutien, et je les en remercie."
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