En pleine semaine de la création/reprise d'entreprise, on ne pouvait rêver meilleur exemple. La Chambre des métiers et de l'artisanat du Gard l'a bien compris, qui, cette semaine, avait donné rendez-vous à tous les médias locaux chez l'entreprise Ducros, de Pont-des-Charrettes à Uzès.
Nous vous avions déjà parlé de cette entreprise en avril dernier, pour évoquer la belle aventure humaine dont elle avait été le théâtre. Pour rappel : Daniel Ducros a créé la menuiserie du même nom en 1977 à Uzès. Une société florissante, qu'il revend en 2004 en raison d'ennuis de santé. Elle compte à cette époque 35 salariés et réalise un chiffre d'affaires annuel de 4 millions d'euros.
Les repreneurs font faillite en 2010 et les employés sont priés de trouver du travail ailleurs. Mais cinq d'entre eux ne se résolvent pas à voir tant d'années de travail réduites à néant. Ils s'associent à parts égales pour devenir leurs propres patrons. Dans cette grande aventure, ils peuvent compter sur deux partenaires de poids. La Chambre des métiers et de l'artisanat les a accompagnés dans le cadre de la reprise d'entreprise et leur a permis de bénéficier du soutien financier de la Région Languedoc-Roussillon, à hauteur de 50 000 €, grâce au Visa Création Reprise.
Tous ces acteurs étaient donc réunis lundi dans les locaux de Ducros. Françoise Dumas, vice-présidente de la région Languedoc-Roussillon, en charge du développement économique, a souligné tout l'intérêt de l'aide financière apportée par la Région, qui est une avance remboursable à taux zéro. Un brin nostalgique, le président de la Chambre des métiers, Serge Alméras a évoqué tout le plaisir qu'il avait « en tant qu'Alésien, à voir qu'une entreprise Ducros redémarre ».
Et l'entreprise uzétienne, qui réalise des travaux de menuiserie métallique et serrurerie, redémarre de bien belle manière. Andrée Espinat a évoqué un chiffre d'affaires de 260 000 €, d'avril à aujourd'hui et « quatre mois de carnets de commandes fermes. C'est une belle aventure collective. Il y a un mouvement de sympathie qu'on apprécie ».
Les cinq salariés, Andrée, Bernard, Olivier, Philippe et David prennent les décisions collectivement. S'il y a conflit, c'est David Olympe, nommé gérant par ses collègues, qui a le dernier mot. L'ambiance est bonne. Néanmoins, Andrée et les quatre autres salariés n'ont pas encore l'assurance d'être définitivement sortis d'affaire. Et ils ne l'auront pas avant longtemps. « Nous nous remettons en question au quotidien », assure Andrée.
Christophe Gazzano
(Article paru dans Le Républicain d'Uzès n°3348, du 24 novembre 2011)
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