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04/06/2010 » Designer : allier esthétique et fonctionnel

Imaginer et concevoir un objet, en harmonisant les critères esthétiques et fonctionnels : telle est la mission du designer. Alexandra Audry, designer freelance à Uzès, met son savoir-faire au service de projets publics et privés et personnels par la création de prototypes.

Alexandra Audry, designer free lance

Pour Alexandra Audry, tout a commencé aux Beaux-Arts, par une formation en cinq ans pour obtenir le diplôme national supérieur d'Expression plastique, spécialisation design. « Un nom un peu barbare », reconnaît-elle, pour présenter un savoir-faire très particulier : celui de représenter concrètement, une pensée ou un concept, tout en répondant à un besoin.

Multiples facettes

Si les besoins évoluent, selon le contexte économique et social, l'objectif du designer reste le même : concevoir des objets alliant des critères esthétiques et fonctionnels, pour des clients très différents. Alexandra Audry a donc choisi un métier aux multiples facettes. Après Paris, elle arrive à Uzès il y a 8 ans. « Ici, c'est un peu plus difficile », remarque-t-elle. Dernièrement, elle a par exemple travaillé sur des scénographies (mises en scène) d'accessoires de haute couture et pour le Musée d'histoire naturelle de Nîmes. C'est elle aussi qui a redessiné la salle polyvalente d'Uzès.
Un travail « à la mission » assez « exceptionnel » dans le sens où le temps a été très limité. « J'ai été contacté début novembre, les travaux ont commencé en décembre et tout devait être terminé pour février, explique-telle. J'ai dessiné le bar, les soubassements en bois avec les spots pour les expositions éventuelles et j'ai choisi les matériaux ». Son seul souci : « je voulais des matières bio, pas forcément plus chères, mais les artisans n'ont pas l'habitude de travailler avec ça et nous étions pressés. Mais les clients sont toujours relativement pressés et il faut faire avec l'enveloppe budgétaire », précise-t-elle.

Avoir l'œil sur tout

Le plus souvent, les clients demandent à Alexandra de concevoir des objets publicitaires : « stands, présentoirs, publicité, packaging (emballage) ». Ce qui l'inspire? C'est tout simplement le monde qui l'entoure. « Dans ce métier, il faut avoir une grande curiosité, souligne-telle. On s'inspire de tout : de l'art populaire à l'architecture en passant par les films, les photos et les couleurs. Les couleurs sont très importantes, elles peuvent modifier la perception de l'espace. Les codes couleur ou la création de nouvelles couleurs permettent aussi au designer d'apporter sa touche personnelle  ». Car chaque objet imaginé, dessiné et créé, chaque projet est une sorte de « vitrine » pour le designer.

Etape par étape

Actuellement, Alexandra travaille sur un projet personnel d'exposition de luminaires. « Dans tous mes projets personnels, je mène une réflexion sur un ensemble d'objets, explique-t-elle. Je pars toujours d'archétypes inspirés de recherches dans la documentation que j'ai accumulée. Puis je les retravaille pour les magnifier ». L'étape la plus importante pour Alexandra, c'est le dessin. « C'est ma méthode, dit-elle. Souvent, une idée évolue au fil du dessin. Mais certains préfèrent travailler sur des images en 3D. À chaque designer sa méthode ». Une fois que l'objet définitif est arrêté, en tenant compte des contraintes liées au matériau choisi dès le départ, Alexandra réalise une maquette et éventuellement une image en 3D. « Toute la difficulté ensuite est de trouver l'artisan qui saura décrypter mon souhait et me proposer des solutions pour la création. Au fil du temps, chaque designer a son propre réseau d'artisans (miroitier, ébéniste, couturier...). Des gens qui ont un savoir-faire, des compétences particulières et qui peuvent réaliser un prototype ». Si ce dernier plaît, « reste le difficile : trouver un éditeur ».

• Formation.- Les cursus en 4 ou 5 ans sont les mieux adaptées au marché. Le BTS (brevet de technicien supérieur) design de produit est proposé par une vingtaine d'établissements publics et privés. Il est prudent de compléter ce cursus avec un DSAA (diplôme supérieur d'arts appliqués) créateur concepteur option création industrielle. Une école d'art nationale, régionale ou municipale est également possible. Le cycle court, en trois ans après le bac, aboutit au DNAT (diplôme national des arts et techniques), avec trois options : design produit, design d'espace, design graphique (www.letudiant.fr)

Aurélia Simonin

(Article paru dans Le Républicain d'Uzès n°3257, du 25 février 2010)

 

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