C’est un métier de passion que celui de restaurateur. Et quand il s’agit de patrimoine ancien, passion se conjugue avec savoir-faire, expérience et connaissances architecturales. Un métier très complet que pratique Serge Rouvière depuis plus de 20 ans.
C'est sur « un chantier assez exceptionnel », aux alentours d'Uzès, que Serge Rouvière, gérant d'une entreprise de restauration du patrimoine ancien installée à St-Hilaire d'Ozilhan, nous accueille.
Le tableau est impressionnant : une ancienne bâtisse en pierre, au cœur du village, sur trois niveaux, avec 300 m2 de surface habitable, sans compter la cour qui a été créée au centre du bâtiment. Car si Serge Rouvière est un professionnel de la restauration du patrimoine ancien, c'est aussi lui qui dessine les plans et réaménage les espaces en fonction des souhaits du client. « Lorsqu'on découvre le bâtiment et qu'on dessine un projet, on voit tout de suite de quelle zone on peut tirer partie et ce qu'on peut mettre en valeur au niveau architectural, commence-t-il par expliquer.
Entre ancien et contemporain
Sur ce chantier, par exemple, « il y avait au départ quatre petites maisons accolées les unes aux autres, dont une dans un état lamentable. On a démoli une partie, coupé un arbre et récupéré l'essentiel des pierres anciennes pour les retravailler et les réintégrer au nouveau bâtiment ». Avec son équipe, il a même démonté puis remonté entièrement l'énorme cheminée de la maison. Le tout doit être fait - c'est très important pour lui - « en tenant compte de l'ambiance que dégage le lieu, de l'environnement, de l'exposition... nous n'avons pas la prétention d'être architectes, mais nous savons ce que nous avons à faire, si à tel endroit on peut pousser des murs ou à tel autre créer une ouverture ».
Mais qui dit patrimoine ancien ne dit pas forcément vivre à l'ancienne. « Il est évident qu'il faut adapter les lieux au mode de vie actuel : associer ancien et contemporain », précise Serge Rouvière.
Amour du travail
Son savoir-faire, il l'a acquis « sur le tas », dit-il. La meilleure école. Spécialistes de la maçonnerie traditionnelle de père en fils depuis 1927, les Rouvière ont pérennisé « un amour du travail » et « le savoir-faire du vrai maçon comme on le conçoit ». Entouré de professionnels de confiance, qui connaît par cœur les exigences du métier, Serge Rouvière et son équipe peuvent aujourd'hui proposer au client de réaliser son projet de A à Z, du gros œuvre aux finitions. « Le principal, c'est d'aimer son travail et d'avoir une bonne connaissance du matériel. Mes maîtres à penser, ceux qui m'ont formé, m'ont toujours dit : une bonne rénovation, c'est celle qui ne se voit pas ».
Maîtriser la technique
Mais pour cela, « il faut une vraie maîtrise de la technique », souligne-t-il. Sur un chantier, les hommes sont amenés à travailler la pierre, « faire du vieux avec du neuf » en arrondissant les angles et en creusant un peu les joints ; à faire des travaux de structure et de sous-œuvre, pour consolider les fondations, ou encore le choix des matériaux, « c'est un travail très technique, souligne-t-il, on peut faire des choses exubérantes et complexes comme des choses très simples. Mais sans savoir-faire, la maison vous tombe sur la tête ». Le travail peut durer plusieurs mois, voire plus d'un an. Étant né dans la région, Serge peut mettre en avant « une connaissance professionnelle de l'habitat, des produits, des matériaux ». Un atout essentiel pour plaire à un public de personnes aisées, souvent des étrangers, mais aussi de gens du coin, aux petits budgets, « qui connaissent notre travail », peut se targuer Serge Rouvière. La profession a encore de l'avenir devant elle.
Aurélia Simonin
Formation.- L'Institut national du patrimoine (INP) propose une formation Restaurateur du patrimoine en 5 ans avec un concours d'entrée (www.inp.fr). La Chambre des métiers d'art et de l'artisanat propose une formation de maçon(ne) du bâti ancien sur 7 mois dont au moins 3 semaines en entreprise, ainsi que d'autres spécialisations.
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