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04/08/2010 » Contrôleur technique : assurer la qualité

Depuis 1992 qu’il est installé à Uzès, Pascal Bully a vu passé des milliers de voitures dans les deux centres de contrôle agréés qu’il supervise. Comme tout contrôleur  qui se respecte, il se doit aussi de suivre l’évolution des normes, des réglementations et des technologies de l’automobile. Rencontre. 

Pascal Bully

Le saviez-vous ? Un contrôleur technique a pas moins de 116 points à vérifier sur chaque véhicule qui passe dans son centre. Loin de l'image du mécano les mains pleines de cambouis, le métier de contrôleur technique est un métier qui a plusieurs facettes.

Rigueur et indépendance

« Avant tout, il faut savoir qu'un centre de contrôle doit être indépendant de tout commerce automobile », pose Pascal Bully, qui gère actuellement deux centres à Uzès. Pour lui, le contrôleur technique doit « bien connaître la mécanique, c'est une évidence, mais aussi - et c'est très important - être rigoureux, car c'est la sécurité des usagers qui est engagée », souligne-t-il. Question honnêteté, cela lui paraît aller de soi : « si nous sommes toujours à Uzès aujourd'hui et que nous avons réussi, c'est parce que nous faisons notre métier correctement ».
La confiance est la base. « Aujourd'hui, je vois arriver les enfants de mes clients, ceux de 1992 (date de la mise en place du contrôle technique obligatoire), dit-il. Ici, ils sont accueillis comme dans un commerce. Nous ne sommes pas là pour obliger les gens à changer des pièces pour rien, ils le savent. À savoir : un coup dans la portière est inscrit sur le contrôle, mais ce n'est pas très grave, et pas soumis à une contre-visite ».
Pour faire un travail irréprochable, ce savoir-faire nécessite d'être sans cesse mis à jour et enrichi à l'aide de stages et de formations. Car, que ce soient les matériaux, les systèmes de sécurité ou encore les pièces, tout dans les voitures est en constant changement.

Le maintien de qualification

« C'est un métier très réglementé, explique Pascal Bully. Chaque année, nous sommes obligés de faire des stages de maintien de qualification pour garder notre agrément. De la même manière que chaque centre a son agrément, chaque contrôleur a aussi un agrément qui garantit la qualité du travail ».
Les contrôleurs sont deux par centre. « C'est une bonne équipe » dont il ne s'est jamais plaint. Tous les six mois, ils reçoivent la visite d'experts pour vérifier l'entretien du matériel. À cela s'ajoute, de manière inopinée, un audit régulier de la Drire (Direction régionale de l'industrie de la recherche et de l'environnement). « C'est comme une mise sous tutelle, commente Pascal Bully, si nous ne respectons pas les règles, les sanctions sont immédiates et peuvent amener, pour les plus graves, à mettre la clé sous la porte ».

Le contrôle

Un contrôle dure 40 à 45 minutes. Les outils d'un contrôleur sont essentiellement des « bancs de contrôle ». Un banc pour le ripage (le parallélisme), un banc pour la suspension, le freinage, un pont de levage ou une fosse, un levage auxiliaire, une borne de gonflage... Modernité oblige, chaque point à vérifier sur la voiture est inscrit sur une procédure que le contrôleur suit grâce à un appareil portatif relié à l'ordinateur du centre. Beaucoup de vérifications se font de manière visuelle, mais l'arrivée des nouvelles générations de voitures a introduit de nouveaux outils. Comme ce boîtier qui « se branche directement sur l'ordinateur de bord de la voiture et qui contrôle s'il n'y pas de défaillance au niveau du système anti-pollution ». Le cas échéant, il envoie son rapport à l'ordinateur : difficile de frauder. Il y a aussi le réglophare, qui est aujourd'hui électronique et calcule le réglage optimal. Les véhicules hybrides, « c'est une nouvelle galère », reconnaît Pascal Bully. Mais une chose est sûre : « le contrôle technique reste une photographie du véhicule à un instant T. Il est vrai que, parfois, nous voyons passer des voitures qui n'ont pas de problème, mais parfois, heureusement qu'il y a le contrôle technique... ».
Aurélia Simonin


• Formation.- La durée de formation est fonction du profil du candidat, de son expérience dans la mécanique automobile (infos sur www.dekra-norisko.fr). L'Afpa (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes) propose des formations pour le Titre Professionnel de niveau V et/ou Certificat de Compétences Professionnelles (www.afpa.fr). Le CFTA (Centre de formation aux techniques de l'automobiles) propose aussi des formations initiales (175h) pour VL (www.cfta-formation.com).

(Article paru dans Le Républicain d'Uzès n°3263, du 8 avril 2010)

 

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