Newsletter

Recherche

Vous êtes ici : Accueil » Découvertes » Savoir-Faire » Profession : "découvreur de trésors"

Découvertes

 

RSS


Savoir-Faire

09/09/2010 » Profession : "découvreur de trésors"

Si la généalogie est une passion pour bien des français, elle est aussi un véritable métier. À Castillon-du-Gard, rencontre avec Bernard Veyron, généalogiste successoral.

Bernard Veyron, dans son bureau de Castillon-du-Gard

Bernard Veyron est généalogiste. Généalogiste successoral. Car à la différence de ces Français qui se passionnent pour la recherche de leurs ancêtres, souvent par hobby, lui travaille main dans la main avec les notaires. 95% des dossiers de Bernard lui sont confiés par des notaires. L'homme aime à se définir comme un « découvreur de trésors ». Son rôle, « distribuer de l'argent dans le cadre de successions positives ». Il arrive aussi qu'un particulier contacte directement le généalogiste. « C'est le cas par exemple de quelqu'un qui convoite un terrain sans propriétaire ».

Partir de presque rien

Trois cas de figure se présentent le plus souvent à son cabinet de Castillon-du-Gard. « Si tout ou partie des héritiers est connue, il faut les contacter pour confirmer la dévolution successorale (l'ensemble des héritiers appelés à recueillir la succession) ». En revanche, si les héritiers ne sont pas connus, tout le challenge consiste à partir de presque rien - l'acte de décès, sur lequel figurent le lieu de naissance et la filiation - pour une recherche complète d'héritiers. Le généalogiste n'a pas droit à l'erreur. Lorsque les notaires lui confient des dossiers (Bernard Veyron et ses collaborateurs peuvent compter sur un potentiel de 1 800 notaires), ils se déchargent dans le même temps de toute responsabilité juridique ou financière. Beaucoup de pression pèse donc sur ses épaules. Il s'agit d'établir une dévolution « sûre et certaine », tout en gardant en tête que les droits de succesion doivent être acquittés dans les six mois qui suivent le décès. Le généalogiste doit faire preuve de beaucoup de débrouillardise pour arriver à ses fins. « Internet a facilité les choses, reconnaît le spécialiste. Mais on ne peut pas se baser que sur ça. Il faut recouper les informations. Je le vois donc comme un outil supplémentaire, qui ne nous empêche pas de nous déplacer et d'enquêter sur le terrain ». Les lieux de prédilection du généalogiste sont les centres d'impôts, les Archives départementales ou les mairies, pour l'État civil. Pour consulter les registres de naissance ou de mariage de moins de 75 ans, il a besoin de l'autorisation expresse du Procureur de la République. Respect de la vie privée oblige. Il faut compter entre 6 mois et 1 an pour une dévolution ; et jusqu'à 3 ans pour régler une succession complète. Véritable métier protéiforme, il arrive que le généalogiste se transforme en mandataire des héritiers, une fois ceux-ci trouvés. « Dans le cadre de successions, des personnes nous confient par procuration la gestion de leurs intérêts. L'avantage pour elles, c'est qu'elles n'ont rien à faire, aucune somme à avancer. En contrepartie, nous prenons un pourcentage variable sur la part de l'héritage qui leur revient ». En tant que mandataire, le généalogiste peut procéder à la vente de biens mobiliers, comme immobiliers. Là, Bernard Veyron sort de son habit d'enquêteur, pour endosser celui de médiateur. En effet, dans les familles, le décès d'une personne fait souvent ressortir les vieux conflits. Récemment, en Ardèche, Bernard avait convoqué une vingtaine d'héritiers pour le partage de meubles. Tous s'étaient entendu pour que la vente de ces biens profite à des associations de bienfaisance. Mais, l'un d'entre eux a finalement décidé de tout racheter. L'occasion pour lui de montrer qu'il avait de l'argent. Et de se venger.

Miss France

La situation peut quelquefois se retourner contre les héritiers. Deux petites cousines d'une défunte Miss France (élue dans les années 20) s'étaient ainsi présentées devant un notaire de Grenoble, en prétendant être les uniques héritières. Mais Bernard Veyron, à force de recherches, a pu établir que la Miss France avait des héritiers au Japon, en Suisse... et en France. Il est aussi parvenu à retrouver une cousine « issue de germains », qui, par son degré de parentalité plus proche, a définitivement évincé les deux cousines. La zone de recherche du généalogiste est mondiale. Bernard Veyron dispose d'un réseau de correspondants à l'étranger, et peut être amené à se déplacer. Y compris dans des pays « chauds ». Il se souvient encore de son voyage au Venezuela, où, accompagné de 4 gardes du corps, il a rendu visite à une mamie d'origine corse de 82 ans. « On est souvent bien accueilli, mais il faut faire gaffe ». Cela se passe moins bien avec certains pays, comme l'Arabie Saoudite. « Je cherche à me rendre là-bas, car personne ne répond à mes courriers. Mais il me faut absolument un contact sur place ». Sinon, toutes les portes resteront fermées.

Les bons côtés

Ce que Bernard Veyron apprécie le plus dans son métier, c'est le fait, justement, qu'il ne soit jamais le même. « On peut se retrouver dans des endroits totalement différents, du jour au lendemain. Il arrive qu'on fasse de belles rencontres ». Et quoi de plus enrichissant, lorqu'on est mandataire, que d'arriver à ce que tout le monde se mette d'accord, même dans un contexte familial difficile ? « Je me souviens d'une mère et de sa fille, qui ne s'étaient pas vues depuis 40 ans et qui avaient des choses terribles à se reprocher. Je suis parvenu à les réunir ». Le temps de régler la succession. À l'heure actuelle, il n'existe aucun parcours type pour devenir généalogiste. Pas plus qu'il n'y a de diplôme véritablement reconnu par la profession. À ceux qui voudraient lui emboîter le pas, Bernard conseille de « s'intéresser à l'aspect juridique et fiscal des successions, pas seulement à la généalogie ». Le mieux est de faire des études de droit « pour connaître les tenants et les aboutissants du métier ».
Christophe Gazzano

(Article paru dans Le Républicain d'Uzès n°3262, du 1er avril 2010)

 

Pas de commentaires pour l'instant

Laisser un commentaire


Ce commentaire sera validé par la rédaction avant sa mide en ligne. Tous propos injurieux diffamants et racistes seront bannis du site.

» Faire un commentaire


« Retour

 

Pour accéder aux archives,  Cliquez ici

Attendez-vous avec impatience la fin de l'épisode de froid en Uzège ?

OUI NON
14 Place Albert 1er
BP 73099
30703 Uzes Cedex
Tél : 04 66 22 58 19
Fax : 04 66 22 63 79

Nous contacter par formulaire

©2009-12 Le Republicain - Tous droits réservés Conception et réalisation agence web Answeb