Élagueur, un métier qui mêle acrobatie, nature et jardinage. Le Sanilhacois Simon Schilling en a fait sa spécialité depuis 2007.
Après une formation de paysagiste, Simon Schilling a décidé de se spécialiser dans l'élagage en 2007. « J'ai suivi une formation spécifique pour avoir les bases, toujours complétée par de la formation continue et j'ai volontairement laissé de côté l'aspect création du métier de paysagiste pour me concentrer sur l'élagage », confie ce jeune Sanilhacois d'origine, âgé de tout juste 26 ans.
Sa première démarche est évidemment de se rendre chez les clients. « Les gens m'appellent et nous convenons d'un rendez-vous pour une visite sur chantier. C'est nécessaire pour évaluer au mieux le besoin et donc réaliser un devis ».
Si ce devis est accepté, Simon Schilling peut démarrer les travaux. Mais attention, il n'est jamais seul. « La loi interdit de travailler seul pour des questions de sécurité. Il y a toujours un homme de pied, en bas de l'arbre sur lequel on intervient. Il est spécialement formé pour surveiller l'avancement des travaux et intervenir pour aider celui qui coupe. Il doit même être formé pour le secourir et l'aider à descendre si nécessaire », insiste Simon Schilling.
Car, en matière d'élagage, on ne plaisante pas avec la sécurité. « Nous avons pas mal d'équipements de sécurité. Des vêtements anti-coupure bien sûr : pantalons, manchettes, gants ; des chaussures de sécurité aussi ; des cordes ; des mousquetons et des baudriers ou des harnais ».
Car l'élagage ressemble parfois à de l'acrobatie. « Nous intervenons souvent en hauteur, et nous devons avoir les mains disponibles puisque nous nous en servons pour tailler les arbres, d'où la nécessité d'être bien assuré en matière de sécurité », précise Simon Schilling.
Hormis ces recommandations élémentaires, une chose tient beaucoup à cœur à l'élagueur sanilhacois. « Quand on intervient, la première des règles, c'est de respecter l'arbre. Il y a des choses qu'on ne peut pas faire et il faut parfois l'expliquer aux clients ».
Car Simon Schilling n'oublie pas la dimension essentielle du conseil. « Certains ont des idées précises de ce qu'ils veulent, d'autres pas du tout. Mais quoi qu'il arrive, nous sommes là pour les orienter, les guider et les accompagner dans leur projet ».
Ce qui ne signifie pas faire n'importe quoi pour faire plaisir. « Il y a des règles de taille à respecter : quoi couper, où couper, quand couper, comment couper. On n'arrive pas avec une tronçonneuse pour tailler dans le vif sans réfléchir ». Simon Schilling précise aussi qu'il faut connaître les techniques de grimpe et de démontage. « On coupe toujours du haut vers le bas. Mais suivant ce qui se trouve en dessous de l'arbre, on va utiliser soit la technique de direction, où on laisse tomber directement, soit la technique de rétention. Dans ce dernier cas, on retient les branches avec un système de cordes et de freinage. Cela permet de les récupérer en douceur en bas et qu'elles n'abîment pas ce qui se trouve en dessous de l'arbre ».
Sous une branche à couper, il peut y avoir une simple pelouse, qu'on ne veut pas détruire pour autant, mais aussi un mur, une toiture, un portail ou encore une borne incendie. Autant d'éléments à préserver.
Une chose est sûre, Simon Schilling est aussi là pour conserver l'arbre. « Parfois, des clients pensent que la seule solution, c'est l'abattage pur et simple. J'essaie de voir avec eux les alternatives, comme l'aubanage. On relie une branche en mauvais état à une autre, qui gêne ou qui risque de se fendre. On peut aussi réduire le poids et donc le volume ».
Dernier conseil, et c'est le paysagiste qui parle, « au moment de la plantation des arbres, pensez à leur évolution dans le temps. Un gros arbre placé devant une entrée ou une fenêtre risque de vous gêner à terme ».
Muriel Duny
• Formation.- BEPA (brevet d'études professionnelles agricoles) Travaux paysagers, dispensé par la Maison familiale rurale du Grand Mas à Uzès, complété d'un certificat de spécialisation d'un an pour l'élagage.
(Article paru dans Le Républicain d'Uzès n°3261, du 25 mars 2010)
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