Il y a quelques mois seulement que Julien Merling a ouvert son atelier d’ébéniste à Montaren. Ce passionné du bois aime l’idée des beaux meubles rustiques qui traversent le temps.
Il y a une question qui revient régulièrement dans la bouche des clients de Julien Merling : quelle est la différence entre un menuisier et un ébéniste ? « Pour faire simple, je dirais qu'un menuisier s'occupe du gros œuvre : fenêtre, porte, plancher, tandis qu'un ébéniste fait des meubles en bois ».
Et même si ce sont deux métiers différents, Julien Merling les connaît tous les deux. « Quand je me suis renseigné auprès des Compagnons de France, ils m'ont recommandé de commencer par la menuiserie. J'ai donc passé un premier CAP (certificat d'aptitude professionnel, ndlr) en menuiserie en 2005, j'ai travaillé un peu plus d'un an comme menuisier puis j'ai passé un CAP d'ébénisterie au lycée des Métiers d'art d'Uzès. Il y a quelques mois que je me suis installé à mon compte ». C'est avant tout par amour du bois que Julien Merling a choisi ce métier. « J'avais envie d'apprendre à travailler le bois. Et surtout, je trouve dommage de toujours jeter. J'ai envie de faire des meubles qui durent, qui se transmettent d'une génération à l'autre. Les meubles sont un patrimoine à préserver. Garder ses meubles, c'est protéger les forêts, c'est mon idée du développement durable », souligne-t-il.
Son travail a de multiples aspects, « de la réparation à la création, en passant par la redimension des meubles ». Et le conseil n'est pas la moindre de ses activités. « Beaucoup de clients ont des idées précises sur ce qu'ils veulent. À moi de les aider à concrétiser leur projet, en l'adaptant à ce qui est faisable ou pas ».
La première chose que fait Julien Merling, c'est prendre des mesures. « C'est une partie très importante car c'est ce qui va déterminer toute la suite, il faut donc être extrêmement précis». Ensuite, il choisit l'essence de bois qui va servir à la réalisation. « Ici, on travaille beaucoup le châtaignier et le chêne, qui sont des bois très durs et donc, très résistants mais qui sont du coup parfois plus difficiles à travailler ». Et même s'il n'a rien contre les bois exotiques, il préfère travailler avec les bois locaux, « c'est toujours mieux de s'adapter à la région où on est. Par définition, le bois local est toujours plus adapté au milieu ». Car, avant de faire un meuble, il faut bien sûr tenir compte de l'endroit où il sera installé « en intérieur ou en extérieur, en milieu humide ou sec, il faut aussi étudier cela avec les clients ». Une fois le projet bien défini, Julien Merling propose un plan avec différents croquis, soit autant de possibilités. Les clients choisissent l'esquisse qui leur convient le mieux et la fabrication peut alors commencer. « Avec le plan, on a toutes les dimensions, donc je commence toujours par préparer toutes les pièces dont je vais avoir besoin. Le calcul des réglages est souvent ce qui prend le plus de temps. Et comme c'est la même machine qui me permet de faire six opérations différentes, il vaut mieux finir en une seule fois la manipulation. C'est en effet très difficile de retrouver exactement le même réglage quand on a changé d'opération entre temps ». Petit détail, il n'hésite jamais à porter les équipements de sécurité : masques pour le bruit et surtout la poussière de bois.
Après la fabrication des différentes pièces, Julien Merling fait le premier montage « en blanc, sans colle », pour être sûr que tout va bien. « Il arrive qu'on doive refaire complètement une pièce. Il faut aussi faire attention aux niveaux, qui peuvent varier en fonction du sol. Des réajustements sont parfois nécessaires ». Si tout lui semble convenir, il passe alors à l'assemblage final. « J'aime travailler à l'ancienne, avec des chevilles plutôt que des pointes, des tenons mortaises. Je m'adapte aussi à la demande du client qui peut vouloir que le meuble soit démontable. D'une manière générale, j'ai une préférence pour les meubles rustiques, même si on peut faire de très belles choses en contemporain ». Julien Merling peut passer plusieurs semaines sur un projet, « je préfère me consacrer totalement à un seul projet, d'autant que j'ai un petit atelier ».
Enfin, vient l'étape des finitions, « on ponce, on vernit, on cire en fonction du goût de chacun. Et on garde toujours à l'esprit le milieu et le choix du client. Il faut savoir qu'on ne peut pas faire un meuble mat en milieu humide, mais les gens n'aiment pas le brillant, donc on fait pour le mieux ».
Muriel Duny
Formation.- CAP ébéniste ; BMA ébéniste ; bac professionnel artisanat et métiers d'arts ; DMA arts de l'habitat, option décors et mobilier, option ornements et objets ; DFESMA spécialités du meuble.
(Article paru dans Le Républicain d'Uzès n°3264, du 15 avril 2010)
Gérard Banide, l'étoffe d'un champion
Michèle Reverbel : éveilleuse d’écriture| 2 commentaires postés
Marguerite se souvenait de la Première Guerre Mondiale
Les Tontons donnent le ton
Élisabeth Nafilyan : plongée dans l’univers de la bande dessinée
Ils ont sauvé leur entreprise
Pas de commentaires pour l'instant
Laisser un commentaire
Ce commentaire sera validé par la rédaction avant sa mide en ligne. Tous propos injurieux diffamants et racistes seront bannis du site.