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21/01/2011 » Journaliste : au cœur de l’info en mouvement

Daniel Moine, habitant de Vers-Pont-du-Gard, est journaliste de télévision pour France 3 Pays Gardois. Il nous dévoile les dessous du métier.

Daniel Moine sur le terrain, lors de la féria d'Alès

Casquette sur la tête, cahier d'écolier en main (« c'est plus pratique pour un gaucher »)... À première vue, Daniel Moine ne paie pas de mine. Pourtant, ce versois d'adoption est journaliste de télévision. Si vous êtes un télespectateur assidu de l'édition gardoise du journal télévisé de France 3, sa voix vous est peut-être familière. Daniel Moine fêtera l'année prochaine ses vingt ans de carrière. Mais, au départ, rien ne prédestinait ce joueur de football à faire du journalisme. Parti à l'aventure à Tahiti, où il est devenu entraîneur, Daniel s'est vu proposer par la chaîne d'outre-mer RFO l'animation d'une émission sur le football, dans la droite lignée du cultissime Téléfoot. Persuadé de ne tenir qu'une saison, il est finalement toujours là. Et ne regrette rien. Un parcours atypique puisque de nos jours, la plupart des journalistes de télévision passent par une école de journalisme.

Journée type

« Je pars travailler tous les jours en riant », confie-t-il volontiers. Sa journée, dans les bureaux de France 3 Nîmes, débute invariablement à 7h, par une revue de presse. Autant de matière première potentielle pour les sujets dont il est question lors de la conférence de rédaction de 9h. Tous les journalistes y assistent du lundi au vendredi, en compagnie du rédacteur en chef, pour décider de ce qui sera mis à l'antenne dans le journal du soir.
Trois équipes de deux personnes (un journaliste et un cameraman) sont alors constituées pour partir sur le terrain. Détail important : à France 3, tous les cameramen ont leur carte de presse. Les binômes sont constitués le plus souvent en fonction des affinités. Daniel Moine a, par exemple, tout de suite accroché avec Eric Mangani.
Lors d'un tournage, Daniel tient à être sur place le plus longtemps possible à l'avance. Une déformation professionnelle due à son passé d'entraîneur, mais pas seulement. « J'aime respirer l'ambiance ». Il peut prendre dès lors les premiers contacts, voir qui peut être interrogé face caméra. Pour les individus lambdas, Daniel fait confiance au hasard. Même si, souvent, « leur comportement est modifié par la caméra. Je leur conseille alors de ne pas se prendre la tête et de ne pas chercher à dire des mots compliqués. Je les rassure en leur disant que si ça ne va pas, on peut refaire la prise ».

France 3 Pays Gardois joue à fond la carte de la proximité. Par exemple, lors d'un reportage à la féria d'Alès, où nous avons suivi Daniel Moine, celui-ci a mis l'accent sur Julien Milletto, le nîmois.
Une fois toutes les images mises en boîte, direction Nîmes ou Montpellier (le week-end) pour le derushage. Autrement dit, le tri des images. C'est à un monteur qu'incombe cette tâche. Daniel est seulement là pour donner quelques indications. Il enregistre ensuite son commentaire audio. Quelquefois, c'est assez épique. « Il y a une guerre entre les techniciens et les journalistes dans le milieu audiovisuel, en raison de jalousies », rapporte Daniel Moine. Le reportage final ne doit pas dépasser les 1'30. Le journaliste a déjà pu réaliser des reportages de plus de 2 minutes, mais « au-delà, c'est du Ben-Hur ».
Daniel est donc conscient des limites de l'exercice. « On est forcément superficiel dans le traitement du sujet, sauf si on dispose de quelques jours ». Pour autant, il n'échangerait son métier pour rien au monde. « J'aime raconter des histoires. Je découvre chaque jour un peu plus mon département. C'est un métier passionnant, qui permet de mettre à l'image des gens intéressants ».
Christophe Gazzano

(Article paru dans Le Républicain d'Uzès n°3272, du 10 juin 2010)

Formation.- L'idéal est de passer par une école de journalisme reconnue par la profession, surtout pour travailler pour des chaînes nationales. À Marseille, l'ECJM (École de journalisme et de communication) propose une formation spécialisée, de même que l'EJT (École de journalisme) à Toulouse.

 

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