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04/03/2011 » Montrer la voie aux futurs conducteurs

L’examen du permis de conduire a évolué. Coup de projecteur sur un métier souvent éprouvant (pour les nerfs) : moniteur d’auto-école.

Montrer la voie aux futurs conducteurs

Dans cette auto-école uzétienne, dirigée par Aurélie Manches, l'arrivée du nouveau permis a été prise avec philosophie. « Il n'est pas question de donner plus le permis. Le but est d'être un peu plus tolérant, pour avoir moins d'échecs au final. Personnellement, j'ai toujours trouvé le jugement des inspecteurs correct ». En guerre contre les clichés habituels, elle maintient que « les inspecteurs ne sont pas là pour casser les élèves. La plupart essaient de les mettre à l'aise ». Les principales nouveautés de ce permis ? Un liftage de l'épreuve théorique (certaines questions posées au code sont maintenant moins ambigües) et la partie pratique est désormais sanctionnée par une note sur 30. Avec un point bonus pour récompenser la conduite écologique et la courtoisie. L'élève est aussi plus autonome. Parmi les deux manœuvres obligatoires, l'une d'elle est laissée à son libre choix. « Il faut qu'il y ait une manœuvre en marche arrière obligatoire », précise Aurélie. De plus, durant une partie du parcours, l'apprenti conducteur doit parvenir à une destination donnée, en empruntant l'itinéraire qu'il juge le plus adapté. En revanche, les erreurs éliminatoires sont toujours les mêmes.

La formation

Mais avant d'arriver à l'épreuve fatidique du permis, la période la plus longue est bien entendu celle de la formation. C'est là qu'intervient Aurélie Manches. « Les gens sont plus souvent là pour acheter un permis qu'une formation, regrette-t-elle. Pour eux, 800 € c'est cher, mais si on divise cette somme sur toute une vie... ».
Chaque moniteur d'auto-école a sa manière d'enseigner la conduite, à l'image d'un professeur d'école. « Notre métier consiste à faire évaluer des situations à risque et à former des conducteurs plus sûrs, afin de contribuer à une baisse conséquente des accidents de la route », précise Aurélie. Ce que la jeune femme apprécie dans son métier, c'est « la communication avec (ses) élèves, la complicité ». Et, surtout, « transmettre (son) savoir ». Cette monitrice est pleinement investie dans sa profession. Elle n'hésite pas à organiser des stages intensifs de code, chaque dernier dimanche du mois.

« Même si le métier reste le même, ce n'est jamais le même élève ». Aurélie forme en effet des conducteurs de tous âges et de tous profils. Des élèves souvent imprévisibles. Aurélie se souvient en particulier de l'un d'entre eux, dont la conduite n'avait pas été au top lors de sa dernière heure de conduite et qui a conduit « nickel » pour l'examen. Cela vaut aussi à l'inverse. En 4 ans de pratique du métier, Aurélie Manches n'a encore jamais eu d'accident avec ses élèves. Sauf une fois. Un accrochage. « Mais, c'était inévitable ». Les élèves reproduisent d'ailleurs souvent les mêmes erreurs. En vrac : des écarts de trajectoire, un oubli de débrayer pour s'arrêter ou passer les vitesses et l'oubli des contrôles de base lorsqu'il s'agit de tourner ou de freiner. À Yassine, qui prenait son heure de cours au moment de notre reportage, elle conseillera de réhausser légèrement le rétroviseur, pour se forcer à regarder dedans.

Côté parcours, Aurélie est confrontée à la particularité du terrain uzétien. À savoir, l'absence de feu rouge et d'autoroute à proximité. Il faut aller à Nîmes ou Remoulins pour cela. Souvent, « les élèves en profitent pour redécouvrir des coins d'ici », s'amuse Aurélie. Les parcours ne sont cependant pas toujours de tout repos. La faute aux automobilistes, qui ne font preuve de guère d'indulgence. Il n'est pas rare que la voiture, malgré la mention « Auto-école » sur son toit, se fasse klaxonner, si l'élève ne va pas assez vite. Les conducteurs sont pourtant loin d'être irréprochables . « Ils ne mettent pas de clignotant dans les ronds-points, dépassent dans des zones insolites, ne respectent pas les distances de sécurité... Et s'il pleut ou que la nuit tombe, ils mettent leurs feux de position ! Alors qu'il faut mettre les feux de croisement ». Pour Aurélie Manches, l'idéal serait que chaque conducteur suive une remise à niveau tous les 5 à 10 ans. Mais compte tenu du temps qu'il a fallu pour réformer le permis, que les conducteurs se rassurent, cette mesure n'est pas prête d'arriver chez nous !

Formation.- Il faut (bien entendu) être titulaire du permis de conduire, mais aussi du BEPE CASER (Brevet pour l'enseignement de la conduite automobile et de la sécurité routière) et d'une autorisation administrative d'enseigner, délivrée par la Préfecture. Plus d'infos : www.bepecaser.org
Christophe Gazzano

(Article publié dans Le Républicain n°3267, du 6 mai 2010)

 

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