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11/12/2009 » Un berger sans brebis égarée

Il a l’amour du travail bien fait et la passion de la terre. Richard Guillaumont est l’un des derniers bergers du Gard. Chaque jour, il conduit ses 300 brebis au pâturage, et perpétue également la tradition de la transhumance durant l’été. Rencontre avec un St-Quentinois de souche qui cultive l’attachement à sa terre gardoise.

 

 

 

Un berger sans brebis égarée

Il y a près de 25 ans que Richard Guillaumont est devenu berger, avant tout par passion. Ses parents étaient déjà agriculteurs et lui ont transmis l'amour de la terre. Natif de St-Quentin, il y a passé toute sa vie et cultive depuis longtemps l'amour de son village.
À 30 ans, il devient berger. « Il reste très peu de troupeaux dans le département, mais c'est mon métier et je l'aime, même si c'est dur. Il n'y a pas de vacances, pas de jours fériés. Les bêtes ont besoin de nous tous les jours. C'est un métier qu'on a dans le sang, sinon, on ne le fait pas, parce que cela ne rapporte pas grand chose ».


Richard Guillaumont respecte la tradition du berger. Il pâture tous les après-midis. « J'emmène mes brebis à midi dans les prés et les bois auxquels je peux accéder. Ce sont soit des terrains communaux, soit des terres qui m'appartiennent, soit d'autres terrains de particuliers sur lesquels je suis autorisé à pâturer ».
C'est un beau spectacle que de le voir partir à la tête de ses quelque 300 brebis, aidé de ses quatre chiens. Le matin, aux environs de 7h, il démarre son travail dans sa bergerie, « il faut nourrir les agneaux et les brebis qui ne pâturent pas. Ensuite, je mange à 11h pour pouvoir partir vers 12h. Je reviens tranquillement vers 17h et je finis de m'occuper des bêtes qui sont restées à la bergerie ».


Richard Guillaumont ne produit ni lait, ni fromage. « Mes brebis nourrissent les agneaux ». Il a mis en place deux périodes d'agnelage, une en automne et une au tout début du printemps. « Je suis en plein dedans en ce moment. Cela veut dire que je suis parfois obligé de me lever plusieurs fois la nuit pour soigner une de mes brebis et surveiller que tout se passe bien ».
Avec ses deux périodes d'agnelage, Richard Guillaumont produit à peu près 300 agneaux par an. « Chaque année, je vends trente à quarante agnelles pour renouveler mon cheptel. J'ai besoin d'avoir des brebis qui puisse mettre bas des agneaux rapidement ». Des agneaux qu'il sèvre au bout de deux mois environ.


Mais Richard Guillaumont fait partie des bergers qui maintiennent la tradition de la transhumance. « Mes brebis partent entre le 10 et le 15 juin et ne reviennent qu'à la mi-septembre. C'est important de faire la transhumance pour avoir de l'herbe fraîche, alors qu'ici tout est grillé par la chaleur. Nous restons dans le Gard et nous installons nos pâturages d'été à Dourby, au pied du Mont-Aigoual, en limite avec l'Aveyron ».
Durant la transhumance, plusieurs troupeaux sont regroupés et Richard Guillaumont ne garde pas ses brebis. « Je profite de la transhumance pour rentrer environ 5 000 bottes de paille et du foin pour l'hiver. Donc on ne peut pas parler de vacances, il y a quand même beaucoup de travail ».

Avec beaucoup de simplicité, Richard Guillaumont entretient la passion de son métier. Tous les jours, il répète les mêmes gestes avec toujours le même souci, veiller au mieux sur ses brebis.
Formation.- Jadis, on devenait berger de père en fils, comme l'a fait Richard Guillaumont. Les connaissances se transmettaient d'une génération à l'autre. Aujourd'hui, les bergers arrivent d'horizon parfois très lointains de la montagne. Des citadins aspirent à devenir berger et réussissent. Le pâtre (berger ou vacher) assure la conduite et la surveillance d'un troupeau et lui dispense des soins si nécessaire, pour le compte d'un ou plusieurs éleveurs. Il réalise éventuellement la transformation fromagère. L'éleveur peut être son propre berger.

Muriel Duny

 

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