C’est un vieux métier que celui de ferronnier. Très méconnu, ce métier s’exerce par un nombre de plus en plus restreint de professionnels, notamment dans la ferronnerie d’art. À Serviers, Fabrice Lamande maintient ce savoir-faire avec ferveur et originalité.
L'art de travailler le fer a beau être un savoir-faire très ancien, il a été sans cesse associé à de nouvelles utilisations à travers le temps et l'histoire. Aujourd'hui, l'âge du fer (Xe siècle avant J-C) est bien loin. Pourtant, ce matériau est toujours bien présent et continue d'inspirer architectes et designers.
Sous forme pure ou d'alliages, le fer bénéficie d'une sorte d'éternité. Fabrice Lamande, ferronnier à Serviers, est artiste à ses heures. Depuis 20 ans, dans son atelier, mais avant au château Bérard à Uzès, il soude, sculpte, visse, tord le métal à la demande des clients. Des portes-fenêtres classiques à la ferronnerie d'art et à l'art contemporain, tout peut se faire à condition de « s'investir à fond, d'avoir un goût pour l'art et d'être fort physiquement », souligne Fabrice Lamande. Car le métier nécessite de soulever des menuiseries en fer plein souvent très lourdes (près d'une centaine de kilos pour un cadre et sa porte vitrée !). « J'en bave, c'est affreux pour le dos », mais quand on aime...
Un travail de précision
Aujourd'hui, le fer forgé et l'alu sont très tendance. On utilise ces matériaux pour la décoration intérieure, le mobilier, mais aussi pour les portes, les fenêtres, les grilles, les rampes d'escaliers ou les portails. Le ferronnier intervient, par exemple, lors de la construction de la maison. « Tout est fait sur mesure, c'est un travail de précision », explique-t-il. Après une rencontre avec le client, il est convenu du style et des dimensions de l'ouvrage. « Il arrive que des gens me demandent une rampe d'escalier ou un portail car ils les avaient vu dans un magazine », dit-il. Mais avant de s'attaquer au travail du fer, le métier passe d'abord par le conseil. Car, parfois, « les gens qui ont de l'argent ont peu de goût. Alors je leur donne mon point de vue, même si je ne suis pas chez moi ». Par exemple, le fer et le bois s'associent très bien pour une montée d'escalier. Il précise : « dans ce cas, il est important de travailler avec des personnes qui font du bon travail, pour ne pas avoir de mauvaises surprises ». Et c'est la même chose pour le gros œuvre : « si c'est mal fait à la base, au final, tout ce qu'on voit c'est la porte qui est penchée, même si cela vient des murs ».
Le fer au naturel
Le fer, l'inox et l'aluminium qu'utilise Fabrice Lamande arrivent à son atelier sous forme de tubes. En fonction du travail à réaliser, il choisit la taille du tube et sa densité (plein ou creux). Commence alors le travail de soudure, de coupure, de meulage ou de modelage (au fer rouge pour les volutes, mais il « n'aime pas trop ça »). Lui met beaucoup de visseries dans ses ouvrages (« c'est du travail à l'ancienne, je trouve cela plus joli », dit-il) et aime laisser le fer dans « son aspect naturel ». À chaque ferronnier sa sensibilité, ses préférences dans le travail de la matière et sa créativité. Fabrice Lamande a, par exemple, fabriqué des objets du quotidien (comme une gamelle adaptée pour son chien), mais aussi des sculptures en fer, à l'aide d'écrous, de vis ou de tiges (voir photo). « J'aime bien être seul et travailler librement dans mon atelier ». C'est pour cela qu'il dit : « On peut savoir en regardant le travail qui l'a réalisé ». À chaque artiste sa marque de fabrique.
Aurélia Simonin
• Formation.- En France, il existe plusieurs diplômes : le CAP ferronnerie, métallurgie ; le BEP ; le Brevet de maîtrise ferronnerie ; la Formation diplômante (titre Professionnel de niveau 5) et/ou les Certificats de compétences professionnelles. Il est également possible d'obtenir, par une démarche de Validation des Acquis de l'Expérience (VAE), le titre de ferronnier en 3 certificats de compétences professionnelles et après un entretien avec un jury. www.afpa.fr/ www.kelformation.com/www.compagnons-du-devoir-.com
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