Il est possible de faire des merveilles avec un simple morceau de bois. Joël Hagopian, tourneur sur bois à Arpaillargues-et-Aureilhac, en fait la preuve chaque jour.
Un stylo, une coupe de fruits ou encore des jouets... A priori, rien de commun entre ces trois objets. Détrompez-vous. Car ils ont pour particularité d'être tous fabriqués en bois. Par Joël Hagopian, tourneur sur bois à Arpaillargues-et-Aureilhac. Autrement dit, cet homme crée des objets en bois à l'aide d'un tour et d'outils de coupes. Un tour, c'est « une machine qui transforme le bois de n'importe quelle forme, en rond », explique-t-il. Il a à sa disposition deux tours : un de 400 kg et un autre, plus petit, pour les objets plus modestes tels que les stylos. Vitesse moyenne : environ 3 000 tours par minute. « Plus il tourne vite, plus la surface du bois est agréable au toucher. Quand on fait du tournage, il ne faut pas avoir peur de la vitesse. ». Avec ce risque omniprésent de toujours couper plus de bois qu'il n'en faut. « Moins on en laisse, plus il a de chances de se fissurer. Il faut bien tenir les outils et effleurer le morceau de bois ».
De multiples outils
Les outils en question se nomment, entre autres, gouge à dégrossir, gouge à creuser ou encore à profiler. Cet instrument s'utilise à la fin du travail et sert à donner de la courbure à la pièce. Les gouges doivent être affutées toutes les trois semaines, pour éviter qu'elles ne se déforment. À sa panoplie, Joël Hagopian ajoute des lunettes de protection, indispensables, ainsi qu'une blouse un peu épaisse. La concentration doit être maximale : « il ne faut pas parler en même temps ». Surtout que le tour est assez bruyant. S'ajoutent à cela la scie à ruban, « pour dégrossir le bois avant le tournage », la scie à champ tourné, « très précise, pour écrire sur le bois »... Et il ne faut pas compter ses heures de travail. Une centaine, environ, pour une corbeille à fruits. Il existe différents types de tournage, mais l'artisan préfère se cantonner au tournage classique. « J'ai essayé le tournage excentrique, mais ça ne me plaît pas. Il y a plus de poids d'un côté que de l'autre. J'ai peur que la pièce s'envole ». Tout part donc d'un simple morceau de bois. Joël a deux ou trois fournisseurs avec lesquels il travaille régulièrement. Le tourneur se sert principalement de l'olivier, du pin, de l'érable, du merisier, du noyer ou encore du buis. Le bois est choisi en fonction de son esthétisme (les saladiers sont réalisés en olivier, car c'est un bois veiné, joli à voir) mais aussi de son coût. « L'hêtre est un bois facile à travailler, qui se coupe bien et ne coûte pas cher. C'est en général le premier bois sur lequel on travaille, dans le tournage ». Avant de passer sur le tour, le bois doit être séché. Et pour cela, Joël le plonge dans l'eau... « Elle pénètre dans les fissures et le consolide. Mais le bois ne sèche jamais vraiment ».
Se renouveler
Joël cultive l'obsession du renouvellement. « Tout le monde fait des saladiers, des corbeilles de fruits... Il faut toujours trouver des idées pas chères, mais originales et agréables à la vue ». Son best-seller : le stylo en bois. Durant la saison touristique, il fait un carton sur les marchés de Saint-Quentin-la-Poterie et d'Uzès. Surtout depuis qu'il a pris l'initiative de les fabriquer face aux badauds. Et c'est une rencontre avec un fabriquant de confitures jurassien qui lui a donné l'idée de confectionner des coffrets en pin, des petites maisons ou encore des cubis de vin, pour les y ranger. Depuis, il vend les deux. C'est ce qui lui permet de tenir en basse saison. Mais sa plus grande satisfaction dans le métier, Joël la ressent une fois par mois. Quand une association nîmoise de personnes non voyantes vient lui rendre visite. « J'aime leur faire toucher le bois, leur expliquer mon métier... C'est encore plus beau que de fabriquer des stylos ».
Christophe Gazzano
• Formation.- Il existe de nombreux stages pour apprendre le tournage sur bois. À Uzès, Alain Mailland est, par exemple, un formateur agréé par l'Association française pour le tournage d'art sur bois. Il existe également un CAP Arts du bois, option tourneur.
(Article paru dans Le Républicain d'Uzès n°3259, du 11 mars 2010)
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Commentaires
26/02/2011 à 15:03:00 » Bois de tournage
Auteur : Georges Le Bourgeois
Tourneur amateur, je recherche des fournisseurs en bois d'essences méditerranéennes:olivier,chêne vert,fruitiers,buis ... Pouvez vous m'indiquer des adresses dans les environs proches de Nimes. Merci.21/02/2011 à 16:28:00 » tournage sur bois
Auteur : Andréa
J'aimerai apprendre à tourner sur bois pour pouvoir faire des objets artistiques. J'aime les essences de bois et donc j'aimerai aussi à apprendre à les reconnaître. Merci de votre réponseLaisser un commentaire
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