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22/12/2011 » Archiviste : gardien de la mémoire de la ville

Arrivée en 1992 au services des archives communales, Mireille Olmière a succédé à Jeannine Flaugère. Au travers de multiples documents très anciens, l’archiviste retrace l’histoire d’Uzès et la vie de ses habitants.  

Mireille Olmière prend un soin tout particulier de ces documents historiques.

À Uzès, depuis que les archives communales existent, c'est à l'ancien Évêché, au premier étage qu'elles sont conservées. Au départ, c'est Jeannine Flaugère, bénévole, qui gérait les fonds communaux, entreposés avec les fonds de la bibliothèque municipale.

Des missions diverses

En 1992, quand Mireille Olmière prend sa succession en tant que fonctionnaire territorial, sa mission consiste à assurer le classement des documents, l'accueil du public, la mise à disposition des documents et la recherche. Pour ce dernier point, elle reçoit l'aide précieuse de Jeannine Flaugère. « C'est un domaine dans lequel elle m'a formée, se souvient Mireille Olmière. Elle avait un sens critique particulièrement aiguisé, ce qui est très important pour confronter les documents et aboutir à « la vérité ». Mais la recherche n'est qu'une petite partie du travail. Étant seule, je suis amenée à assumer une variété de tâches qui font tout l'intérêt de ce métier ». Entre autres, Mireille Olmière travaille en partenariat avec le service urbanisme ou le service éducatif de la Ville. Elle réalise des recherches spécifiques à l'attention des scolaires, comme « la place de l'enfant dans la société du XIXe siècle ». Pour elle, « la communication du savoir est une mission essentielle ».

La conservation

« Les archives ont une croissance exponentielle, explique-t-elle, si bien que nous avons trop de documents et que nous ne pouvons pas tout conserver ».
Les progrès technologiques, notamment en matière d'informatique, n'ont pas pour autant simplifié la tâche en matière de conservation : « les supports évoluent trop vite : la disquette, puis le CD, puis les clés USB... cela demande beaucoup d'argent. Dans des petites communes comme Uzès, ce type d'investissement n'est pas une priorité. Nous sommes donc obligés d'éliminer certains documents, explique-t-elle. Malgré tout la question technologique demeure ».
L'élimination de documents administratifs est encadrée par une charte très précise. Les communes qui ont la capacité de conserver la totalité des documents dans leur fonds peuvent le faire, « mais c'est souvent une question de place », souligne-t-elle.
Pour les autres, « sont obligatoirement conservés les registres d'état civil, les permis de construire, les délibérations du conseil municipal ou encore les éléments liés au cadastre. Les courriers divers peuvent être éliminés au bout de six ans ». Et de préciser : « L'archiviste a un regard sur ces documents, il peut en estimer l'intérêt historique et conseiller de conserver certains d'entre eux dans le cas d'une éventuelle étude sur le sujet en question ». 

À Uzès, le plus vieux document conservé est la Charte consulaire (qui définit les privilèges des consuls, les anciens conseillers municipaux). Elle date de 1346. Les archives dites « anciennes » concernent tous les documents antérieurs à la Révolution. Les archives « modernes » rassemblent ceux qui sont postérieurs.

Passion de l'histoire

Entre intérêt de l'administration et intérêt des usagers, l'archiviste tente de développer les savoirs sur sa ville et son histoire. Déchiffrer les documents est un vrai métier. « Uzès a la chance de disposer de fonds conséquents et intéressants. Tous ces documents que le maire doit conserver par devoir permettent d'écrire l'histoire de la ville, souligne Mireille Olmière. Les archives servent de base aux écritures car tout ce qui est écrit mais ne peut pas être prouvé ne vaut rien ». Chaque année, l'archiviste accueille de nombreux chercheurs et généalogistes à la recherche de documents paroissiaux, registres d'état civil... Par sa connaissance aiguisée du patrimoine uzétien écrit, elle les accompagne et les guide dans leur recherche. Elle observe : « Avant, ce type de recherches était une affaire de spécialistes. Aujourd'hui, de plus en plus de personnes s'intéressent à la généalogie et cherchent à reconstituer l'histoire de leur famille. Les archives départementales ont prévu de numériser ces registres. Car même si c'est une infime partie du fonds communal, ce sont les documents les plus consultés ». 

La restauration

Afin de ne pas perdre ces petits « trésors » historiques, le temps passant, la Ville a entrepris une première campagne de restauration en 2006 avec le compois de 1608, avec l'aide de l'association Société historique de l'Uzège. « Il y a beaucoup de choses en mauvais état, confie l'archiviste, et c'est un phénomène qui s'accélère depuis une vingtaine d'année et l'engouement grandissant des gens pour les archives ».
En 2009, six registres paroissiaux ont bénéficié d'unerestauration (5 738 e dont 3 438 e de la commune). Aujourd'hui, la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) finance la restauration de documents à hauteur de 40 %. En 2010, ce sont donc trois registres et une charte qui devraient être à leur tour restaurés pour 4 187 e.

• Formation.- Bac + 2 : DUT information communication, option gestion de l'information et du document pour les organisations. Bac + 3 : licences pro en lettres et sciences humaines option gestion de l'information et de la documentation pour les organisations... Bac + 5 : masters pro en sciences humaines, spécialité archives et réseaux... Diplôme de conservateur-paléographe de l'École nationale des Chartes. Diplôme de conservateur du patrimoine de l'Institut national du patrimoine (INP).
Aurélia Simonin

(Article paru dans Le Républicain d'Uzès n°3285, du 9 septembre 2010)

 

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