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Toussaint : Thomas, au-delà des apparences

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S'il y a bien un homme qui n'était pas prédestiné aux métiers des pompes funèbres, c'est bien Thomas Viret, aujourd'hui maître de cérémonie au sein de l'entreprise Brun, dirigée par Christine Demaria-Conti.

Le jeune père de famille de 26 ans dit lui-même qu'il remercie sa femme : «si elle ne m'avait pas introduit dans le métier, je n'en serais pas là aujourd'hui». En effet, même si cela peut paraître surprenant pour le grand public, Thomas, engagé initialement dans un BTS Chimiste (en alternance à Marcoule) semble avoir trouvé sa voie, après s'être égaré sur un parcours tracé un peu «par défaut». A l'instar de sa conjointe qui, après avoir tenté le concours de thanatopracteur, est devenue conseillère funéraire à Lunel, lui aussi a été marqué par un deuil qu'il n'a jamais réellement pu dépasser. «Ma femme que j'ai rencontré à l'âge de 13 ans, a perdu sa grand-mère quand elle avait 10 ans. Elle en était très proche et cela l'a beaucoup touché. Pour ma part, sans doute pour me protéger, lorsque j'ai perdu mon grand-père, mes parents ne m'ont pas permis d'aller le voir dans la salle de cérémonie après sa mort».

Depuis, Thomas vit avec cette «blessure» qui ne s'est pas totalement refermée. C'est aussi pour cela que dans sa mission quotidienne, il attache un soin particulier à l'appréhension des enfants face aux défunts proches et tente de leur éviter un traumatisme vécu lui-même au même âge.

Après avoir commencé en tant que marbrier à Lunel, en contrat d'apprentissage, et avoir passé tous ses diplômes en funéraire (assistant funéraire), la nécessaire polyvalence inhérente au métier lui a permis d'élargir le champ de ses compétences lorsqu'il a été embauché chez Brun, en novembre 2012. «Après avoir surtout réalisé la pose de monuments, fabriqué des caveaux, aménagé et entretenu des tombeaux, procédé à leurs ouverture et fermeture, j'ai rogné de plus en plus sur les prérogatives de l'agent funéraire (sorties de corps, réquisition, transport...). Je me suis senti capable de le faire», explique Thomas Viret. Et celui qui a fini par remplacer le maître de cérémonie - qui fait le lien sur le terrain avec la famille et qui l'accompagne jusqu'au bout - exerce, au contraire de ce que l'on peut imaginer, un métier nécessitant les sentiments les plus humains : «je suis heureux quand la famille du défunt revient me voir et me dit merci. Je sais que j'ai fait mon devoir», précise-t-il avec émotion.

Tel que Thomas nous le présente, son métier réclame une précision, une disponibilité forte, notamment lorsque le juge le réquisitionne pour enlever un corps dans le cadre d'une enquête. «Il faut se blinder parfois». Sa mission l'amène également à gérer la logistique, avec un parc de véhicules à maintenir en état, des espaces de recueillement, un laboratoire... Mais nécessite aussi et surtout des aptitudes psychologiques indéniables : «on est soumis au secret, tout comme les médecins. Il faut savoir garder de la distance, mais au besoin aussi être là pour informer et rassurer la famille», insiste, convaincu, celui qui vise à devenir un jour «régleur» (pour coordonner et superviser les obsèques et les cérémonies funéraires).

Mickaël Attiach


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