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Je suis Charlie : l'union sacrée

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Retour sur l'indignation et la mobilisation des communautés religieuses locales suite aux attentats de Paris, perpetrés au début de l'année.

A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle. Face à l'urgence de la situation, les différentes communautés religieuses d'Uzès et de l'Uzège ont pris l'initiative d'écrire une tribune commune, pour dénoncer l'attentat à Charlie Hebdo. Le Républicain d'Uzès a réuni ces signataires pour une photo symbolique, sur la promenade Racine d'Uzès, à la veille du grand rassemblement du 11 janvier, qui a réuni 4000 personnes dans les rues d'Uzès.

Michel Aichaoui, président de l'Association culturelle musulmane de l'Uzège, condamne «avec la plus grande fermeté» les actes commis à Paris et aux alentours, trois jours durant. «L'islam ce n'est pas ça. Eux, ils sont en échec. Ils amènent la haine. Ils veulent faire la guerre. Je suis effrayé par ce qui s'est passé. On n'exprime pas son mécontentement contre Charlie Hebdo en venant avec des armes de guerre».

Pour Michel Aichaoui, qui tient le même discours depuis près de 30 ans, l'Etat doit reprendre la main, pour éviter d'accoucher de nouveaux «monstres qui n'ont plus aucun repère». Et d'ajouter : «L'Etat a déserté les cités ! Il faut qu'il intervienne pour appliquer la loi républicaine». A Uzès, pas d'imam. Les prières sont animées par des fidèles. Michel Aichaoui a toute confiance en sa communauté mais reste vigilant, conscient qu'il n'est pas à l'abri de la venue d'élements perturbateurs extérieurs.

Respect mutuel

Le dialogue inter-religieux, empreint de respect mutuel, existe depuis longtemps dans la cité ducale. Le père Robert Carrara a usé ses fonds de culotte à l'école sur le même banc que le frère de Michel Aichaoui. Pour ce représentant des catholiques à Uzès, il faut souligner quelque chose de fondamental : «L'Etat est laïque, pas la société !». Le père Carrara pousse son raisonnement jusqu'au bout, en prenant pour exemple la future mosquée d'Uzès, qui sera achevée d'ici la fin de l'année. «Pour moi, il aurait même fallu qu'il y ait un minaret et des appels à la prière. Bon peut-être pas à cinq heures du matin quand même...». L'Eglise a apporté son soutien pour ce projet de mosquée, tout comme la communauté protestante.

Le pasteur d'Uzès, Pierre-Emmanuel Guibal : «il faut que nos fidèles apprenent à connaître la religion de l'autre. L'enjeu capital, c'est le dialogue inter-religieux. Nous sommes dans un monde sécularisé. On en crève aujourd'hui. L'homme est religieux. Il a besoin de spiritualité». Le pasteur pousse son raisonnement plus loin : «Notre modèle de société est obsolète, avec un système économique apporte de la détresse. Les gens en ont assez de l'individualisme. Le mythe de Babel montre l'importance de dépasser nos peurs pour aller rejoindre l'autre».

Michel Aichaoui, président de l'Association culturelle musulmane de l'Uzège, a d'ailleurs prévu une mosquée ouverte sur l'extérieur, avec «une grande salle de réunion, qui permettra de réunir toutes les communautés religieuses, comme à l'époque à Uzès». Malgré certaines réticences, il a tenu à ce que la salle de prière pour les femmes possède la même taille et le même confort que celle des hommes. Une fois la mosquée achevée, il démissionnera de la présidence de son association, comme il l'a prévu depuis le début. Michel Aichaoui s'avoue volontiers épuisé par la responsabilité qui pèse sur ses épaules.

Christophe Gazzano


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