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Pierre Saillard, toujours introuvable

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Depuis le 3 août dernier, Pierre Saillard, habitant de Sagriès, est introuvable. Sa femme, Catherine, constate avec amertume que la mobilisation locale s’est relâchée pour tenter de le retrouver. 

 

Lundi 3 août 2015. Cette date reste gravée dans l’esprit de Catherine Saillard. Elle y pense jour comme nuit. Se demande ce qu’elle aurait pu faire pour éviter la   situation dans laquelle elle se trouve depuis plus de deux mois. Ce lundi-là, son époux, Pierre, est contrarié. Un ami vient de décommander son invitation. Nous sommes en début d’après-midi.  «Je vais faire un tour», dit-il à Catherine. Cette dernière le laisse partir. Son mari est un bon marcheur. Elle pense que cela lui permettra de décompresser. Les heures passent. Pierre ne revient pas. Il ne reviendra plus. L’alerte est donnée en fin de journée auprès de la gendarmerie d’Uzès. Des recherches sont lancées. L’inquiétude est d’autant plus grande pour son épouse et pour sa fille, Sybille, qui vit à Marseille, que Pierre Saillard souffre d’une maladie dégénérative du cerveau, proche d’Alzheimer et de Parkinson. Le diagnostic a été officiellement posé au mois de juin 2015. (...)

indépendant

Ancien expert pour une compagnie d’assurances, «très indépendant», l’habitant de Sagriès, habitué aux contacts, ne supportait pas de se sentir diminué. (...)

Comme dans toute maladie, celle dont souffre Pierre connait des haut et des bas. «Pendant ses moments de lucidité, c’est terrible parce qu’on y croit. On se dit que ça va mieux. Mais c’était lui et ce n’était pas lui à la fois». Son épouse avoue s’être sentie terriblement seule, comme c’est le cas d’une écrasante majorité d’aidants, ces hommes ou ces femmes confrontés à la maladie grave d’un proche. Il a donc fallu apprendre à vivre à trois, avec la maladie. Une épreuve au quotidien. «Je passais pour la méchante car tous les interdits venaient de moi». Celui de ne plus conduire, pour ne pas mettre sa vie en danger, de ne pas avoir de carte bleue… «Quand il était lucide, il comprenait…».  

Dès les premiers jours de la disparition de Pierre Saillard, la mobilisation a été forte. Gendarmerie, bénévoles de la Croix-Rouge… se sont lancés sur le terrain. Des Uzétiens ont affirmé avoir vu Pierre vivant, sur le secteur de Pont-des-Charrettes. Le mardi 4 août, il a été vu dans un supermarché. «Il s’est approché d’une employée pour lui demander quelque chose. Elle n’a pas compris. Il est parti». Avec la maladie, Pierre Saillard se heurtait à des difficultés de langage, qui le faisaient se renfermer sur lui-même petit à petit. Le lendemain, mercredi 5 août, une femme affirme l’avoir aperçu devant l’école de Pont-des-Charrettes. «Elle n’a pas voulu s’approcher de lui car elle a dit qu’elle avait peur». Le temps que les gendarmes arrivent sur place, l’homme avait disparu. S’agissait-il vraiment du mari de Catherine ? Nul ne le sait. Il est parti avec ses papiers d’identité, ses clés, un peu d’argent. Il ne portait plus son alliance sur lui car elle ne lui allait plus. 

Sans piste concrète, Catherine Saillard envisage désormais toutes les hypothèses. «Peut-être qu’il est perdu et qu’il a vécu de la gentillesse des gens depuis tout ce temps ? Peut-être qu’il voyage avec quelqu’un d’imaginaire ? Est-il dans un hôpital psychiatrique ? Je pense qu’il n’est pas rentré, car il n’a pas su rentrer…». Elle refuse d’imaginer la pire des issues et retrouve un peu d’espoir quand elle cite le cas d’Edward, 73 ans, retrouvé grâce à Facebook dix jours après avoir disparu à Paris. 

(...)

Catherine constate avec tristesse que les affichettes évoquant la recherche de son mari ont disparu peu à peu des commerces locaux. «Certains sont même persuadés que Pierre a été retrouvé ! Mais le jour où on le retrouvera, on le dira !», s’exclame-t-elle. Elle a été reçue il y a quelques jours par la gendarmerie d’Uzès pour un point de situation. Pour l’instant, aucun élément nouveau.

Soutien

Catherine Saillard regrette de ne pas avoir été davantage sensibilisée aux effets de la maladie. «Si j’avais su qu’il y avait un risque de fugue, j’aurais été plus attentive…». Depuis peu, elle a trouvé un nouveau soutien auprès de Corinne Costa, de l’association Présence 30, qui anime le Café des aidants à Uzès. Pour Corinne Costa, le cas des Saillard doit servir d’exemple pour éviter que pareille situation ne se reproduise. «Il faut intervenir de manière préventive. On peut encore mieux traiter la maladie en aidant l’entourage». Ou, comme elle le résume : «prendre soin de soi pour mieux prendre soin de l’autre». Des formations gratuites existent pour les aidants, mais celles-ci sont rares, en raison de problèmes de financement. 

Récemment, une membre d’AVF Uzès, affirme avoir vu Pierre Saillard en Ardèche, passager d’une voiture immatriculée en Suisse. Les recherches sur place n’ont rien donné de concret. Toute personne disposant d’informations sur Pierre Saillard est invitée à contacter la gendarmerie d’Uzès au 04 66 22 54 66. L’espoir, encore et toujours.

(Extraits de l'article paru dans notre édition du 22 octobre dernier)

Infos : «Avis de disparition Pierre Saillard», sur Facebook.

Christophe Gazzano (c.gazzano@riccobono.fr)


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