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Sur les traces d'Uzès la Romaine (1ère partie)

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Histoire


Les récentes découvertes sur le site du futur internat d'Uzès éclairent d'un jour nouveau le passé romain de la cité ducale. Comme le rappelait Bernard Malzac dans deux chroniques historiques parues en 2016, le visage contemporain d’Uzès est l’aboutissement naturel d’un long cheminement historique dont le passé d’origine celto-grecque débouchera sur une implantation romaine qui a modelé la structure spatiale de la ville.

La cité romaine1 s’est probablement développée à la fin du IIe siècle ou au début du Ier siècle avant JC. Elle porte le nom d’Ucetiæ. Elle est connue grâce à l’inscription dite «géographique» trouvée à Nîmes au XIXe siècle2

L’agglomération gallo-romaine se situe au carrefour des routes qui la mettent en contact avec la vallée du Rhône, l’arrière-pays ardéchois et cévenol et le littoral méditerranéen. Suivant  les historiens, au nord-ouest de la ville, la route qui reliait Nîmes à Alba3, capitale des Helviens, aboutissait à la place aux Herbes. Au nord-est, une voie sort d’Uzès, passant par le quartier de Saint Firmin, et permet de rejoindre la vallée du Rhône. Au sud-ouest, une route sort par la Grande Bourgade pour rejoindre Nîmes. Au sud, la voie venue de Beaucaire passe par la rue Paul Foussat et se dirige au nord par  la rue Jean-Jaurès, en direction d’Alès pour rejoindre la voie Régordane qui mène au Massif central. Ces quatre voies correspondent aux portes médiévales de la ville : la porte Saint-Julien au nord-est, la porte de la Condamine au nord ; la porte Saint Étienne à l’ouest  et la porte de la Barrière au sud. 

Selon les recherches actuelles, la ville aurait commencé à s’organiser dans la périphérie de la cathédrale. Des sondages effectués en 19694, dans le parc du Duché, ont permis de récolter de la céramique de la fin IIe - début Ier siècle av. JC. Par ailleurs en 1993, une fouille, réalisée dans la  rue Saint Théodorit, a mis au jour les traces d’une enceinte en grand appareil dont la construction a subi une «forte influence hellénistique»5, datée de la même époque que les découvertes précédentes. Un autre mur similaire situé dans le prolongement se trouve sous le pavillon Racine.  

L’extension de la ville

L’importance grandissante de la ville dans les dernières décennies de la République6 a nécessité une extension de son périmètre vers les limites de la ville médiévale. Selon les études menées à partir de la cadastration romaine, Martine Assénat7 a émis l’hypothèse que la Place aux Herbes était le point d’aboutissement d’un cardo8, ce qui permet de supposer que cet emplacement serait un ancien espace public, peut-être le forum de la ville romaine. Toujours selon ses recherches, elle suggère la présence d’un amphithéâtre dans le quartier de la rue du Docteur Blanchard et d’un odéon ou théâtre d’un diamètre évalué à 40 m, présumé avoir été construit entre l’église Saint Étienne et la rue Paul Foussat. 

Ainsi, peut-on imaginer, dans un schéma classique d’urbanisation romaine, ce qu’aurait pu être Uzès à cette époque, mais restons prudents, car cette hypothèse n’est, à ce jour, corroborée par aucune fouille qui permettrait de la valider.  

Bernard Malzac                   

1. L’aqueduc romain qui prend naissance à la vallée de l’Eure n’est pas évoqué dans cet article parce que son histoire est largement diffusée et connue de tous. 

2. D’après Strabon et Pline, Nemausus (Nîmes) avait sous sa dépendance 24 bourgs ou petites villes, qui jouissaient, comme leur capitale, du droit latin, et n’étaient point soumises aux gouverneurs envoyés de Rome dans la Province. La découverte du socle d’une colonne, trouvé route de Sauve à Nîmes, décrit une espèce d’itinéraire contenant onze noms de lieu dont Ucetiæ. 

3. Aujourd’hui, c’est la route départementale 979 qui va vers l’Ardèche en passant par Lussan. 

4. Fouilles conduites par Jean-Paul Joly et Jean Charmasson.

5. Résultats d’une expertise demandée par le Service régional de l’archéologie à Jean-Claude Bessac, docteur en histoire, archéologue et ingénieur de recherche au CNRS à l’Université Paul Valéry de Montpellier. 

6. L’année 31 av. JC, date de la bataille d’Actium, qui oppose Octave à Marc Antoine et qui marque la fin de la République romaine.

7. Maître de conférences d’histoire romaine à l’Université Paul-Valéry, .

8. Les villes romaines étaient organisées selon un axe nord-sud, appelé le cardo maximus qui était la voie la plus importante et un axe est-ouest, le decumanus maximus.

Retrouvez la seconde partie de cette chronique, ici.


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