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Sur les traces d'Uzès la Romaine (2e partie)

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Hormis les différentes études, dont celles réalisées à partir de la cadastration romaine, qui ont permis d’imaginer Uzès à l’époque romaine, de nombreux éléments disséminés dans et hors la ville permettent de compléter ce tableau. 

 

Je dois préciser que l’aqueduc, œuvre des Romains, a été sciemment occulté compte tenu de la littérature existante qui l’entoure.  

Les découvertes passées

De nombreux vestiges de cette période ont été trouvés dans différents lieux de la ville. Ils permettent d’affiner la structure spatiale de l’Ucetiæ romaine, dès lors qu’ils ont été récupérés in situ. La première découverte, mentionnée dans les écrits, remonte aux années 1657, lors de la construction de la chapelle des Capucins où il fut mis au jour huit colonnes de granit et quatre chapiteaux d’ordre corinthien1. Ces éléments, dont on ignore l’appartenance, semblent dater du Ier siècle après Jésus-Christ. En 1767, lors de la construction de l’hôtel de ville2, fut découvert un fragment de mosaïque polychrome historié avec en son centre, la tête du dieu solaire Phœbus3

Dès le XIXe siècle, l’intérêt balbutiant pour le patrimoine4 fait prendre conscience de l’intérêt que présente la conservation des traces du passé. À compter de là, chaque espace, public ou privé, est l’objet d’une attention particulière. C’est ainsi qu’à l’entrée des Marronniers, proche de la rue de la Ferté Milon, ont été trouvés deux bassins avec un petit canal cimenté, les restes d’une mosaïque à tesselles noires et blanches.  

Les stèles funéraires sont découvertes en grand nombre. On en dénombre 23,  dont la plupart dans la partie sud de la ville de l’église Saint Étienne à la cathédrale. 

Leur présence laisse supposer l’existence de nécropoles le long des portes de la ville5 : porte de la Barrière (rue Paul Foussat) et porte Saint Étienne. Néanmoins, Jean Charmasson6 aurait localisé une nécropole au nord de la ville près de la porte de la Condamine (rue Xavier Sigalon). Toutes ces stèles funéraires ou cippes ainsi que les autels votifs, où sont inscrites de nombreuses épitaphes, nous renseignent sur l’origine et le rang social des habitants gallo-romains qui ont peuplé Uzès à cette époque.  

Les fouilles archéologiques récentes 

L’aménagement pour le projet  de restauration et de construction d’un internat, commun aux lycées Gide et Guynemer dans l’ancienne gendarmerie, a nécessité, comme tout nouveau projet dans une ville, un chantier de fouilles préventives afin d’établir un diagnostic qui déterminera  l’intérêt que représente le site. C’est ainsi qu’en 2013, un chantier de fouilles est entrepris par un des organismes en charge de l’archéologie préventive, l’INRAP (Institut de recherches archéologiques préventives), sous la conduite de Frédéric Raynaud, archéologue7.

L’opération porte sur une superficie totale de 6 401 m2. Les premières recherches, situées au sud-ouest de la parcelle, ont mis au jour des vestiges de constructions dont l’occupation s’établissait sur les Ier et IIe siècles après Jésus-Christ (cf. article précédent). La découverte d’un chapiteau dorique laisse penser qu’il proviendrait d’un  édifice public dont il est difficile, à ce stade, de déterminer la nature. La découverte la plus intéressante a été faite dans le jardin localisé à l’est de la fouille. Il s’agit d’une mosaïque polychrome d’environ 25 m2 décorée de figures géométriques et d’animaux (canard, poisson…). D’autres bases de murs et divers objets d’époque plus tardive (du IVe au VIIe siècle) occupent la partie ouest de la parcelle. 

Cet ensemble pourrait laisser à penser que nous sommes dans la continuité de l’urbanisation d’un quartier de la ville antique, mais, pour l’instant aucun lien avec celle-ci ne permet d’étayer cette hypothèse. Il pourrait s’agir tout autant de différents bâtiments implantés à la périphérie de celle-ci. Uzès, la Romaine, est loin d’avoir livré tous ses secrets8

Bernard Malzac 

(1) Les colonnes et les chapiteaux furent réemployés dans les bâtiments du Duché.

(2) L’hôtel de ville primitif, situé de l’autre côté de la ville, avait été détruit par une explosion de barils de poudre en 1763 déclenchée par la foudre. L’édifice actuel fut construit d’après les plans de l’architecte Boudon. Pour le construire, une partie des remparts fut abattue et sur leur base fut construite la façade nord du bâtiment. Commencé en 1767, le bâtiment fut achevé en 1773. Extrait de la notice PA00103259 - Base Mérimée - Ministère français de la Culture.

(3) Selon Louis Rochetin, elle était encore présente au centre de la salle Racine en 1867.

(4) C’est en 1834 que Prosper Mérimée devint inspecteur général des monuments historiques. Il effectua alors de nombreux voyages d’inspection à travers la France en vue de protéger les monuments historiques. 

(5) L’inhumation se déroulait dans une nécropole à proximité du milieu urbain mais toujours en‑dehors de la ville. La mort était exclue du monde des vivants au contraire du milieu rural ou les nécropoles sont souvent en relation avec un lieu d’habitation.

(6) Jean Charmasson, historien, archéologue, est l’inventeur de l’oppidum de Gaujac et a conduit de nombreux travaux archéologiques dont certains à Uzès. Il est l’un des fondateurs de la revue Rhodanie

(7) Voir Bilan scientifique 2013, Direction Régionale des Affaires Culturelles, Service Régional de l’Archéologie Languedoc-Roussillon.

(8) Cet article est paru en avril 2016, soit un an avant que le résultat des fouilles menées par l'INRAP n'ait été rendu public. Pour aller plus loin, visionnez ce reportage réalisé par France 3. Ainsi que le reportage de TV Sud, ci-dessous.


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