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Un cromlech découvert à Uzès

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Patrimoine


25/03/2019

Un monument mégalithique, de 80 m de diamètre, a été mis au jour lors de fouilles archéologiques sur la future liaison interquatier Mayac - Mas de Mèze.

Voilà près de 15 ans que le projet était dans les tuyaux. La liaison interquartier Mayac - Mas de Mèze (lire ci-dessous) va finalement voir le jour d’ici l’été, après bien des péripéties. En effet, les travaux ont pris 10 mois de retard suite aux sondages préventifs conduits par la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). «Des vestiges ont été découverts au niveau des futurs bassins de rétention», explique Jean-Luc Chapon, maire. Un diagnostic qui a révélé la présence de dalles de pierre datant de l’âge du bronze et une voie romaine, le long du chemin Charles François Landry.

Ces découvertes remarquables ont donc conduit à la prescription de fouilles complémentaires. «Comme la collectivité est propriétaire des terres, nous avons dû les prendre à notre charge. Nous avons lancé un appel d’offres qui a été remporté par l’Inrap». La Ville a donc dû débourser près de 700 000 €. Une somme venant s’ajouter aux 1,4 million d’euros prévus initialement pour réaliser la liaison. «Nous sommes les seuls à porter ce projet», souligne le maire. Une demande de subventions a été déposée auprès du Fonds national pour l’archéologie préventive pour financer en partie ces frais supplémentaires.

Les archéologues de l’Inrap ont mené leurs fouilles entre décembre 2018 et février 2019 sur deux sites, au croisement des actuels chemins Charles François Landry, du Passage du Loup et de la rue Jules Couderc. Philippe Cayn, en charge du chantier,  et Marc Célié, directeur adjoint scientifique et technique de l’Inrap, ont officialisé leurs découvertes il y a quelques jours, en particulier la mise au jour exceptionnelle d’un monument mégalithique. «Ce sont des dalles calcaires verticales, dont le tracé adopte une forme circulaire». Une dizaine de ce type de vestiges, connus sous le nom de cromlech, sont identifiés dans le Gard. «Nous ne pensions pas trouver un tel monument ici. D’habitude, ils se situent plus en hauteur. Ce qui fait la particularité de celui d’Uzès, c’est le fait que ces dalles sont jointives, elles forment une sorte d’enceinte, et ses dimensions sont importantes». 

En effet, même si un cinquième du cercle a été mis au jour, son diamètre supposé est proche de 80 m, avec certaines dalles qui atteignent les 4 m de hauteur. Le monument avait donc une dimension assez spectaculaire dans le paysage. «Elles ont été découvertes en position oblique, mais elles étaient bien verticales initialement.  La plupart sont cassées, ou portent des traces d’impact, ce qui laisse supposer une volonté de détruire ce monument à un moment donné». Pour l’heure, le cromlech est daté de 2 500 avant J-C, mais des analyses complémentaires permettront d’affiner la date.

Une statue menhir

Sur la cinquantaine de dalles retrouvées, l’une s’est avérée être une statue menhir. «C’est probablement une représentation masculine, on distingue bien une ceinture au centre avec une boucle, et probablement un objet comme un arc qui ont été sculptés ou gravés». Une dalle qui va être tout particulièrement étudiée puisqu’elle comporte donc des traces anthropiques.

Un monument qui a semble-t-il perduré suffisamment longtemps pour conditionner l’organisation des routes aux alentours. «Des segments de voie antique ont été découverts. Elle constituait vraisemblablement le tracé primitif de l’actuel chemin Landry et passait tout près du cromlech, qui devait être en ruines à cette époque là». Plusieurs sépultures ont aussi été mises au jour à proximité, datées des Ier et IIe siècles.

Les archéologues espèrent maintenant découvrir l’intégralité du monument mégalithique. «Nous avons rencontré les propriétaires du terrain où se prolongerait le cromlech, nous devrions pouvoir l’acheter pour préserver l’avenir», a souligné le maire. De quoi ouvrir des perspectives pour continuer les recherches. «Réaliser une prospection électromagnétique permettrait de valider les dimensions et de visualiser ce qu’il y avait au centre. Cela pourrait nous aider à déterminer la fonction du monument. Il pourrait s’agir d’un ensemble cultuel ou funéraire», a avancé l’Inrap. 

Lise Gougis

Crédit photo : Inrap


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