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L’Uzétien Jules Ollier et le mammouth de Durfort

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Histoire


Le Musée d’Histoire naturelle de Nîmes propose une exposition «Gard aux Mammouths !» qui nous fait découvrir deux mammouths symboliques : le Mammouth laineux et le Mammouth du Sud, trouvé à Durfort dans le Gard. Le cinéma nous offre un acteur français massif devenu « Mammuth » » en enfourchant une Munch Mammut... Cette actualité nous remet en mémoire ce que fut la découverte de Durfort, proche de Sauve.

Durfort, village très ancien construit en forme de cercle (Circulade) pour mieux résister aux invasions compte actuellement environ 600 habitants. Le visiteur y découvre de nombreux vestiges d'un patrimoine allant du 12e au 19e siècle. Mais c'est la découverte en 1869 par deux archéologues dont un Uzétien du squelette d'un « mammouth » qui rendit célèbre cette petite commune. À noter que son bulletin d'informations municipales est titré L'écho du mammouth.

La découverte

Dans un numéro de mars 1975 du Républicain d'Uzès, Léa Jonquet propose de célébrer le centenaire de la découverte du « mammouth de Durfort », par Paul Cazalis de Fondouce et l'Uzétien Jules Ollier de Marichard, archéologue, inspecteur des Monuments historiques et membre de l'Académie de Nîmes.
Elle écrit : « Tout avait commencé à l'automne 1869. Un jour que les deux amis allaient à Durfort explorer une grotte, ils aperçurent à environ un kilomètre du village, en bordure de la route, sur un tas de pierres, quelque chose qui les intrigua fort. Arrivés à Durfort, ils refirent le chemin à pied afin d'examiner ce qu'ils avaient vu. Ils crurent rêver en croyant reconnaître des parties de défenses de mammouth. Ayant consulté le cantonnier, celui-ci leur montra l'endroit exact où, en procédant à l'élargissement de la route, il avait d'un coup de pioche sectionné (...) deux tuyaux complètement obstrués et qui provenaient probablement d'une ancienne fontaine. Nos deux savants, très excités, s'en retournèrent à Durfort, s'enquirent du propriétaire du champ et, après autorisation, quelques jours plus tard, des ouvriers commençaient des fouilles et mettaient au jour cette fois (une) énorme tête de mammouth ». La guerre interrompit ces travaux qui ne furent repris qu'en 1872. « Mais le propriétaire du champ s'y opposa formellement, voulant en tirer profit, et ce n'est qu'après bien des tergiversations que M. Cazalis put obtenir l'autorisation de faire des fouilles pendant une durée de trois ans moyennant la somme de 3000 F. Pendant trois ans, les deux amis se dévouèrent à cette tâche, refusant toute indemnité. D'énormes travaux où s'affairaient péniblement de nombreux ouvriers avec les outils rudimentaires d'alors. Et ce furent, sur un terrain de 6000 m2 environ, des fouilles faites dans une dépression de guère plus de 40 m de longueur, 30 m de largeur et à une profondeur de 8m, de sensationnelles trouvailles : les restes de 4 éléphants enfouis dans un fin limon gris-jaunâtre (...) Les ossements également de 4 hippopotame ; ceux d'un rhinocéros, de 5 bisons et de 4 cerfs géants (...) De ce monceau d'ossements très friables à l'air, seul a pu être reconstitué dans son intégrité, le squelette de l'éléphant qu'on peut voir à Paris dans la grande galerie du Muséum d'Histoire Naturelle », depuis 1885. Il fallut 31 caisses pour l'acheminer dans la capitale. L'éléphant de Durfort, sujet jeune, mesurait environ 5 m de haut, 7 m de long et 2m50 de large pour un poids estimé à 10 tonnes. Ses défenses avaient près de 4 m.

Mammouth ou éléphant ?

Dans la Revue des sciences de 1894, Albert Gaudry qui a écrit un mémoire sur cet animal montre combien la détermination spécifique des éléphants fossiles est délicate. « L'animal de Durfort, qui est pliocène, doit être rapporté à l'Elephas meridonalis, non pas au type primitif de cette espèce, mais à une race déjà modifiée qui commence à se rapprocher des Eléphants quaternaires ». Il ajoute à propos de leur disparition : « le règne de la force brutale a eu lieu pendant les temps secondaires alors que vivaient les Dinosauriens qui ont été les plus gigantesques de tous les quadrupèdes continentaux mais, sans doute, étaient des êtres stupides ». D'après lui (il y a plus de cent ans) : « l'apogée du monde animal se montre à la fin des temps tertiaires, immédiatement avant le règne de l'homme ».
Monique Demerson

(Article paru dans Le Républicain d'Uzès n°3266, du 29 avril 2010)


Commentaires

10/03/2011 » kris
Auteur : kris
et c'est quand qu'il nous le rendent notre mammouth les parigos ??

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