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Un écrivain des temps modernes

Les Uzégeois connaissent bien Bernard Pingaud. Pour son engagement au sein des Amis de la médiathèque, dont il a été le président pendant plusieurs années, par ses conférences également, et, bien sûr par ses livres, dont le tout dernier, Vous, est paru en début d’année.

 

Ce que beaucoup ignorent en revanche, c’est que Bernard Pingaud est membre fondateur de l’Union des écrivains avec notamment Jean-Pierre Faye et Michel Butor. Il a également été, avec Catherine Clément, l’un des principaux membres du comité de rédaction de la revue L’Arc et, appelé par Jean-Paul Sartre, a collaboré aux Temps modernes. Pour lui, impossible de séparer ces deux aspects de sa personnalité. «Je suis écrivain d’un côté et militant politique de l’autre. Je n’ai jamais écrit de roman engagé, ni fait de la littérature politique mais j’attache autant d’importance à ces deux aspects de ma vie». Pour lui, qui a grandi «dans une famille d’universitaires, entouré de livres, il est normal de mettre ses connaissances au service des autres, pour servir à son tour la société». Son engagement politique se traduit aussi dans ses fonctions. Cet ancien élève de l’École normale supérieure a, en effet, passé 27 ans dans les coulisses de l’Assemblée nationale. «Cela me laissait pas mal de temps pour écrire mais le rythme est assez épuisant.»

Né le 12 octobre 1923, il a fêté ses 92 ans mais aussi ses 70 ans d’écriture, son premier roman étant paru en 1946. «Ce livre est resté un peu inaperçu, mais la notoriété est venue avec le suivant, en 1950, quand j’ai été nominé pour le Goncourt. Au départ, c’est plus un concours de circonstances qui m’a amené à ce niveau. Mais cela a été une véritable épreuve qui a transformé ma vie. J’ai été propulsé au premier rang des auteurs et j’ai mis très longtemps à passer le cap et à écrire autre chose».

Une étape importante de sa vie est aussi son installation en Pays d’Uzès-Pont du Gard à la fin des années 1970. «Comme beaucoup, nous sommes venus en vacances dans le secteur, chez des amis à Vers. Nous avons visité Uzès et nous sommes tombés sous le charme de cette ville. Nous avons d’abord vécu une dizaine d’année à La Bruguière, dans une maison délicieuse. Mais le manque de commerces et de place nous a donné envie d’autre chose. Et nous avons eu un coup de cœur pour cette bâtisse de Collias.» Il s’y installe en 1997 et s’investit très rapidement dans les activités culturelles locales. Il était donc naturel que son village d’adoption célèbre à son tour ce citoyen exceptionnel, comme ce fut le cas le 11 octobre dernier. 

Un hommage qui touche beaucoup cet homme vénérable. «À l’origine, je n’avais pas très envie mais j’ai su me laisser convaincre. Je connais bien cette équipe, j’ai même été candidat avec eux aux dernières élections municipales, même si j’avais mis comme condition d’être en dernière position, pour ne pas être éligible, je suis trop âgé maintenant».

La journée du 11 octobre a été évidemment l’occasion de parler de Vous, son dernier roman. «On demande toujours aux auteurs quelle est la dimension autobiographique de leur travail. Il faut être très clair, on s’inspire toujours de son vécu, du matériel que l’expérience met à notre disposition. Mais, par définition, un roman est une fiction. Il y a des choses que j’ai réellement ressenties qui transparaissent dans Vous. Mon héros, cet écrivain en mal d’écriture, souffre que son précédent livre soit passé quasi-inaperçu. J’ai vécu la même chose avec l’Horloge de verre, que je considérais pourtant comme un livre abouti. Mais son dialogue avec sa lectrice est purement fictif. J’ai repris un vieux fantasme, celui de la lectrice unique, qui dévore chacun de vos livres et vous donne librement ces impressions. Ce personnage n’existe pas».

Pour Bernard Pingaud, «Trop de gens pensent encore qu’un écrivain, c’est quelqu’un qui a beaucoup d’argent, qui est propriétaire de ses livres, on est loin du compte». Et de confirmer qu’au début, l’écriture est un acte un peu égoïste. «Le premier livre, on l’écrit d’abord pour soi. Et puis on a envie de le montrer, qu’il soit lu, qu’il soit reconnu».

Muriel Duny (redaction1.uzes@riccobono.fr)


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