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St-Quentin, star d'un documentaire

Eberhard Spreng n’est pas un nom inconnu des St-Quentinois. Ce journaliste allemand séjourne une partie de l’année dans le village. Il y a même tourné une partie de son documentaire Seven Waters, qui a été projeté pour la première fois au festival du film de New Delhi (Inde).

Depuis le milieu des années 1980, Eberhard Spreng a travaillé, comme journaliste, sur le festival d’Avignon.  «J’ai passé tous mes étés dans le midi. D’abord dans le Vaucluse Très doucement j’ai remarqué que le Gard, et plus généralement le Languedoc, a gardé une qualité de vie plus difficile à trouver dans la région PACA. Cela tient, il me semble, à son histoire qui n’est pas celle de la région à l’est du Rhône. Je suis né au bord du Rhin et pour moi, ces deux fleuves forment ensemble un axe nord-sud qui est la colonne vertébrale de mon Europe». Aujourd’hui, il séjourne la moitié de l’année à St-Quentin et envisage même de s’y installer de façon permanente.

«Contrairement aux métropoles, Berlin et Paris, où j’ai passé beaucoup de temps, je trouve que la vie à la campagne est plus active. Parce que le monde moderne de la consommation touche davantage les grandes villes que la campagne, où les productions agricoles et artisanales restent encore bien vivantes».  

Seven Waters est un film sur cette ressource élémentaire qu’est l’eau, pour la vie de l’homme, et pour la vie tout court. «J’ai voulu, à sept endroits différents de l’Europe, montrer le rapport à l’eau qu’ont tous ceux qui travaillent avec elle quotidiennement. Il était passionnant de voir que tous ceux qui la touchent dans un contexte professionnel, ont une fine réflexion, quasi métaphysique, sur les caractéristiques multiples de l’eau». Le documentaire d’Eberhard Spreng présente des professions contemporaines basées sur des traditions millénaires – pêcheurs, jardiniers, passeurs, etc. «Le spectateur peut se relier aux vieux savoirs que le monde moderne a tendance à oublier. Saviez vous que les passeurs sur des bacs sans moteur à Bâle, en Suisse, font aussi, sur le Rhin, des baptêmes de nouveaux nés et des cérémonies de funérailles pour répandre les cendres des défunts ?». 

Pour Eberhard Spreng, ces acteurs «ont des histoires extraordinaires à raconter, comme celui qui est le dernier en France à construire des pompes à eau manuelles, à Avignon. Sans ce type de pompes, l’eau présente sous la plaine en très grande quantité entre St-Quentin et Uzès, resterait difficilement accessible». Jadis, tout le monde puisait son eau avec ces pompes, puisqu’il n’y avait ni courant électrique ni d’autres dispositifs à moteur. Alors que l’eau est à 2 m sous nos pieds, ces pompes ne seront bientôt produites qu’en Chine, à  plus de 7 000 km. 

Seven Waters parle à la fois de vielles professions de l’eau, de sa métaphysique et des problèmes qui hantent l’Europe au moment de la mondialisation : la désertification en Espagne, le changement démographique en Allemagne… «Je suis très heureux de savoir que le message du film soit entendu en Inde, au Vatavaran-Festival à Delhi, dans un pays qui est confronté à des problèmes environnementaux bien plus graves que les nôtres».

Ce n’est pas par hasard qu’Eberhard Spreng a choisi de faire de St-Quentin un des lieux de son tournage. «L’eau qui s’amasse sous le village est la même que celle que les Romains ont jadis captée pour la conduire par l’aqueduc du Pont du Gard, qui a fonctionné pendant quatre siècles. Pour ce film, qui relie l’actualité aux vieilles traditions de l’humanité, cela est extrêmement important. Je possède un petit jardin dans cette plaine, qui m’a fait comprendre beaucoup de choses, notamment sur la place de l’humain dans la nature et sur l’importance élémentaire de l’eau : sa force créatrice et aussi, hélas, sa force destructrice. Elle reste, malgré toutes nos tentatives de maîtrise technologique, imprévisible, sauvage, indomptable. La mort est d’ailleurs présente dans le film, la mort d’hommes et la mort du paysage ravagé par le déluge».

En parallèle de la promotion de Seven Waters, Eberhard Spreng travaille actuellement sur différents projets : montage d’un film biographique  sur un Catalan qui a vécu la Retirada des Républicains espagnols en 1939, son exil en France, le travail forcé pour l’Allemagne nazie. «Il a passé quelques années dans le Gard et la région. Je découvre toute une période de l’histoire d’une très grande complexité». 

Il a aussi un autre projet de film en lien avec son autre fonction de critique de théâtre. «Je vais réaliser un documentaire sur la mise en scène d’Iphigénie en Tauride, de Goethe que j’ai co-traduit. C’est Jean-Pierre Vincent qui la met en scène. Le spectacle passera en tournée la saison prochaine à Marseille, au Théâtre du Gymnase». Le tout, bien sûr, en parallèle de son métier de journaliste franco-allemand.

L’eau n’a pas fini de couler sous les ponts pour présenter tout le travail d’Eberhard Spreng. Plus d'infos, ici.

Muriel Duny (redaction1.uzes@riccobono.fr)


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