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James Bond Girl

Elle incarnait Mademoiselle Deradier dans Moonraker, aux côtés de Roger Moore, sorti en 1979. Aujourd’hui, Béatrice Libert vit à Pougnadoresse. Elle a été la première - et pour le moment unique - James Bond Girl belge au cinéma.

James Bond Girl un jour, James Bond Girl toujours. Béatrice Libert était il y a quelques mois à Paris sur le «red carpet» du Grand Rex pour l’avant-première de Spectre, le dernier James Bond. Elle y est retournée ces derniers jours à l'occasion d'une exposition dédiée au célèbre 007. Si, pour les habitants de Pougnadoresse, où elle vit et les Uzégeois en général, elle est Béatrice Libert, pour des millions de fans, elle incarnera à jamais Mademoiselle Deradier, la fille de Hugo Drax, dans Moonraker, sorti en 1979.

Béatrice Libert a une vingtaine d’années lorsqu’un ami la convainc de passer le casting du futur film de Lewis Gilbert. Mannequin au look affirmé, hors des clous, elle se dit qu’elle n’a aucune chance d’incarner la prochaine James Bond Girl. «C’était dans les studios de Boulogne-Billancourt. Toutes les plus belles filles de Paris étaient là. Moi, j’avais les cheveux courts, je portais un jean destroy, un tee-shirt et un blouson de cuir», raconte-t-elle, dans le salon de sa petite maison de village, entourée d’animaux. Quand le producteur, assis dans un fauteuil avec un gros cigare, m’a vue, il a dit en américain que je n’étais pas intéressante. Je suis sortie. C’est à ce moment-là que je croise Lewis Gilbert et Roger Moore. Lewis Gilbert a bloqué sur moi. Il a demandé au producteur qui j’étais. Roger Moore m’a souri». Voyant le producteur pas très emballé, Lewis Gilbert aurait alors menacé : «si tu ne la prends pas dans ce film, je n’écris pas la fin». «Deux jours après, je recevais un télégramme dans ma boîte aux lettres me disant que j’étais engagée comme comédienne», sourit Béatrice Libert. 

Six mois de tournage

C’est le début de six mois de tournage inoubliables pour la jeune femme, fraîchement installée à Paris. Née à Mons, elle restera la seule Belge à avoir incarné une James Bond Girl au cinéma, ce qui lui vaut encore aujourd’hui le privilège d’avoir gardé une place spéciale dans le cœur de ses fans. En 2007, elle ouvre un compte sous son nom sur Facebook. Les réactions sont immédiates. «Quelques heures après, j’ai reçu des messages me demandant si j’étais bien Mademoiselle Deradier». Cette inscription sur Facebook lui ouvre de nouveau des portes. Elle intègre le Club James Bond France, qui rassemble les amateurs de 007 autour d’événements et de publications. En 2011, elle est invitée à une convention à Londres, tous frais payés. «Des gens du monde entier sont venus me voir. Quand je suis sortie de la limousine, il y avait des flashs partout. Je me suis retournée pour voir si c’était bien moi qu’on prenait en photo !», s’étonne encore cette belle blonde aux yeux bleus. Ce regain de notoriété lui permet de participer à d’autres  conventions, dans lesquelles les anciens acteurs de James Bond sont payés à la photo signée. Des fans lui écrivent directement à son domicile de Pougnadoresse, lui demandant de dédicacer des photos. Elle a la surprise de constater que certains clichés sont ensuite vendus sur eBay... «On est des mythes». Béatrice a dû engager de nouveau un agent pour gérer les sollicitations.

Dans Moonraker, elle n’était pas la seule James Bond Girl, certes mais, souligne-t-elle, elle est la seule à apparaître sur toutes les affiches du film, aux côtés de Roger Moore. La petite blonde aux cheveux courts, c’est bien elle. Sa définition d’une bonne James Bond Girl ? «Quelqu’un d’intelligent et de sexy. Mais elle ne doit pas être juste belle. Elle doit pouvoir jouer de ses attributs». Sophie Marceau et Ursula Andress sont les premiers noms qui lui viennent en tête.

«L’ambiance sur le tournage était absolument géniale. Je garderai ça en mémoire toute ma vie». Toutes les James Bond Girl n’ont pas sympathisé sur le plateau, loin s’en faut. Mais Béatrice Libert se souvient d’un Roger Moore très accessible, «charmant, d’une grande délicatesse», dont l’épouse était «excessivement jalouse». 

On interroge souvent Béatrice Libert sur des anecdotes de tournage. Aucune ne lui revient en tête. Mais un moment reste à jamais gravé dans sa mémoire. Celui d’une Bond Girl ramenée par James Bond en personne. «C’était la fin du tournage. Nous étions tous invités au restaurant. Le repas s’est prolongé... Il était 3h du matin. Je n’avais pas de voiture. Il n’y avait plus de taxis. Roger m’a proposé de me raccompagner ! Devant mon domicile, il m’a prise dans ses bras pour me faire un bisou. J’étais sur un petit nuage. La presse belge a ensuite monté cela en sauce, alors qu’il ne s’était rien passé». Six mois après la sortie du film, dans une boîte de nuit de Paris, Béatrice croise par hasard Roger Moore. Il la reconnait, ils échangent quelques mots.

En tant que James Bond Girl, Béatrice Libert garde un œil avisé sur tous les films qui ont précédé et suivi Moonraker. Pour elle, le James Bond idéal reste Roger Moore. Seuls Sean Connery et Pierce Brosman réussisent à trouver une place dans son cœur. Et ne lui parlez pas de Daniel Craig ! «Il n’a aucun charisme, pas de sex appeal». L’acteur a déclaré que ce serait son dernier film dans la peau de l’agent secret. «J’espère pour lui». Elle n’a pas apprécié Spectre, beaucoup trop «hollywoodien», même si elle reconnait que durant plus de deux heures, on n’a pas le temps de s’ennuyer. «Ce n’est pas un James Bond pour moi. Moonraker a marqué le début des cascades, des effets spéciaux dans les James Bond. Mais il y a ensuite eu une gradation qui s’est faite au détriment du scénario». De même, Béatrice Libert n’a pas été convaincue par la prestation de Léa Seydoux. «Elle joue bien son rôle, mais elle est très fade. Dommage que Monica Bellucci n’ait droit qu’à cinq minutes dans le film...». Trop sévère Béatrice Libert ? Non, simplement honnête. «On est James Bond Girl à jamais : avant, pendant et après. Un de mes fans a depuis 30 ans ma photo au-dessus de sa cheminée. Si j’existe encore comme James Bond Girl, c’est grâce à eux». Cet été, elle s’envolera pour les États-Unis où l’attend une nouvelle convention de fans. Les diamants sont éternels...

Christophe Gazzano (c.gazzano@riccobono.fr)


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