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Sur la piste des tueurs

Oubliez les séries télé, les films ou les polars ! Si le profilage existe bien en matière criminelle, il est fondamentalement différent de ce qui est montré au public. Sandrine Skiller Tabusso, spécialiste de ce domaine, anime un cycle thématique à Uzès.

Ceux qui la connaissent lui disent souvent qu’elle a un nom prédestiné : Sandrine Skiller Tabusso, comme «killer» du verbe «to kill» qui veut dire «tuer» en anglais. Elle est spécialisée dans l’analyse comportementale, plus connue sous le nom de «profilage».

Licenciée en droit privé de la faculté de Montpellier, diplômée de l’École nationale de procédure de Paris, elle a mené carrière dans le privé. Il y a cinq ans, elle a eu l’opportunité d’étudier «l’analyse comportementale, avec une spécialisation dans le profilage». Après trois ans d’études, elle a obtenu un certificat d’expertise en sciences criminelles. Depuis l’année dernière, elle est même devenue membre partenaire de l’Association Québécoise de Criminalistique. Mais ne dites pas à Sandrine Skiller Tabusso qu’elle est profileuse. «La profession n’existe pas en France. Rien ne la régit légalement». Dans notre pays, le seul domaine reconnu en la matière est celui du département des sciences du comportement de la gendarmerie, à Rosny-sous-Bois. Pourquoi s’est-elle formée tout en sachant qu’elle ne pourrait pas exercer ? «Je l’ai fait par envie. J’y trouve un grand intérêt. Mon formateur à Paris disait que nous étions tous là pour une raison mais qu’on ne la connaissait peut-être même pas nous-mêmes. Il y a quelques mois à peine, j’ai fini par comprendre quelle était ma raison...», confie-t-elle tout en refusant d’en dire plus, par pudeur.  

 

LE PROFIL DU PROFILEUR

En revanche, elle accepte bien volontiers de préciser ce qu’est un «profileur». «Il intervient sur des crimes qui sortent de l’ordinaire. Il se base sur des faits, selon une certaine méthodologie, pour dresser le profil d’une personne et permettre aux enquêteurs d’éliminer certains suspects». Alors qu’un enquêteur sera plutôt porté à tracer l’origine de l’arme du crime, le profileur va se concentrer sur la manière dont elle a été utilisée : «Pourquoi cette arme ? Comment les coups ont-ils étés portés ? Pourquoi à cet endroit ? Pourquoi y a-t-il eu plus d’intensité à cet endroit ?», résume la spécialiste, qui a en horreur les clichés véhiculés par la fiction. «Le profileur qui arrive sur la scène du crime et qui donne en quelques secondes le profil complet du meurtrier ou encore le profileur isolé, le soir, avec son verre de whisky et les photos étalées par terre, qui a soudain un flash... ça, c’est bon pour le cinéma ! Le profilage n’a rien de glamour». Une seule série trouve grâce à ses yeux : Criminal Minds, Esprits Criminels dans la langue de Molière. «La plupart des épisodes sont supervisés par un expert du FBI. Cette série sort du lot, même si les dernières saisons sont rentrées dans le commun».

Au cours de ses recherches et de ses études, Sandrine Skiller Tabusso s’est rendue compte que l’analyse comportementale n’était pas encore considérée à sa juste valeur dans notre pays. Pourtant, dans le monde, le profilage a déjà permis de résoudre des enquêtes qui piétinaient. Entre 1940 et 1957, plusieurs bombes ont été posées aux États-Unis par celui qu’on surnommait «Mad Bomber». Un psychiatre parvint à établir son profil. Deux mois plus tard, George Metesky était arrêté. Même cas de figure quelques décennies plus tard avec un tueur en série britannique, confondu deux mois après l’établissement de son profil. «Sur les 17 éléments cités par un psychiatre, 13 se sont révélés exacts». Et des affaires criminelles, Sandrine Skiller Tabusso pourrait en citer des dizaines et des dizaines. Cette quinquagénaire a le don pour captiver son auditoire, à la manière des Bellemarre et autre Hondelatte, passés maîtres dans l’art de conter les affaires criminelles.

Cette passionnée s’est aussi rendue compte que les victimes passaient souvent au second plan, considérées comme des dommages collatéraux dans ces histoires. Elle reste pourtant persuadée que le profilage, «même s’il ne permet pas de tout résoudre», a aussi une utilité en amont, avant que le pire ne se produise. «On ne naît pas criminel, on le devient. Il y a souvent des signes avant-coureurs, particulièrement à l’enfance. On peut faire des études pour devenir avocat, journaliste... mais parent, c’est le seul métier qui ne s’apprend pas». 

 

CONFÉRENCE ET CYCLE

Un cycle de 10 ateliers a débuté à l'Université Populaire, le jeudi, de 18h à 20h. Il s’appuit sur des cas célèbres. Ce cycle s’adresse à tout le monde, ceux qui s’intéressent au sujet tout comme ceux qui veulent parfaire leur culture générale. Il est payant - comptez 160 € pour l’intégralité ou 48 € pour trois ateliers – et se concluera par les femmes tueurs en série. De quoi définitivement battre en brèche toutes les idées reçues. 

Infos : http://up-uzege.com

Christophe Gazzano


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