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Un premier roman haletant

21/03/19

Philippe Laidebeur, Montarénois de cœur, vient de publier «J’ai d’abord tué le chien», lauréat 2019 du prix littéraire Matmut pour les Arts.

L’histoire est née il y a quelques années, sur les quais de Seine à Paris. «J’étais là, à 2h du matin, j’ai vu un homme, manifestement riche, donner un paquet de linge à un SDF. Ils se ressemblaient comme deux gouttes d’eau. Ça m’a travaillé pendant toute la nuit ensuite...», décrit Philippe Laidebeur. Une scène étrange qui lui a servi de point de départ pour l’écriture de son roman «J’ai d’abord tué le chien», publié jeudi dernier. Un titre accrocheur qui cache en fait une réflexion existentielle : est-ce qu’on peut être un autre ? 

«C’est l’histoire d’un ancien cadre informatique qui se retrouve à la rue et finit par déraper. Une nuit, il tue un vigile et son chien». Le premier meurtre d’une longue série, jusqu’à ce qu’il élimine un homme qui lui ressemble étrangement et décide de prendre sa place. «Mais ça se passe mal car il endosse une personnalité diabolique, et sombre dans la folie». Plus qu’un polar, le lecteur se retrouve plongé dans les pensées de cet homme à la dérive. «J’avais aussi envie de parler des clochards, des ruptures dans la vie qui font qu’on peut se retrouver SDF du jour au lendemain... C’est un sujet qui est peu abordé».

Une intrigue singulière et passionnante qui a séduit le jury du prix littéraire Matmut pour les Arts. L’auteur, originaire de Champagne, est en effet le lauréat de l’édition 2019. Son «style elliptique et efficace» comme l’écrit Philippe Labro, président du jury, lui ont permis de sortir du lot, parmi les 2 000 manuscrits reçus. Car le concours s’adresse aux écrivains jamais publiés, avec un contrat d’édition à la clé. Une façon de favoriser l’émergence de nouveaux auteurs.

Une aubaine pour Philippe Laidebeur. «C’est important de se confronter à un éditeur. Souvent, on est tellement plongé dans l’histoire qu’on passe trop vite sur certaines choses. Il faut avoir ces discussions pour apporter les bons changements, et aussi trouver la bonne couverture. En l’occurrence, je trouve qu’elle reflète bien l’esprit du livre».

Cet amateur de littérature américaine n’en est pas à son coup d’essai. L’écriture a toujours été au cœur de sa vie. D’abord en tant que journaliste pendant plus de 30 ans à la Voix du Nord. «Mais je voulais écrire quelque chose de plus personnel». Il s’y est attelé une fois à la retraite,  dans son petit coin de paradis à Montaren. «J’ai mis du temps à me dépouiller du journalisme, ce n’est pas le même style d’écriture». C’est avec ses nouvelles qu’il a commencé à se faire un nom, en remportant le prix de la police de Liège et le prix Hemingway. Cette semaine signe ainsi une forme d’aboutissement pour Philippe Laidebeur, qui fera son entrée dans la «cour des grands», au Salon du livre à Paris. 

Une année décidément synonyme de changement pour l’auteur qui a pris ses quartiers il y a quelques jours dans la capitale. «Mais je pourrais être prochainement de retour dans la région pour une séance de dédicaces», glisse-t-il dans un sourire.

 

«J’ai d’abord tué le chien» de Philippe Laidebeur, éditions Denoël. 185 pages. 19,90 €.


Lise Gougis

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