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Un bourg médiéval disparu

11/04/2019

Une cagnotte participative est lancée pour pouvoir reprendre les fouilles sur le site de Massargues, à St-Quentin-la-Poterie.

Les vestiges sont restés enfouis des siècles durant dans la garrigue, au nord de Saint-Quentin-la-Poterie. Jusqu’au jour où un étudiant en archéologie originaire de Flaux tombe dessus par hasard, en 2004, alors qu’il travaille sur les carrières de meules de Cantadur. «Dans ces bois impénétrables, j’ai observé des blocs de pierre qui m’ont interpellé. J’ai eu l’impression qu’ils délimitaient des maisons», explique Samuel Longepierre. Il suppose alors l’existence d’un village médiéval. Une hypothèse qui sera vite confirmée après un sondage, qui permettra de retrouver les vestiges d’une maison et des céramiques, datées des XIIe ou XIIIe siècle.

Un site qu’il a malgré tout dû laisser dormir quelques années encore, avant de pouvoir en découvrir tout le potentiel archéologique, l’été dernier, lors d’un premier chantier de fouilles. Des découvertes qui ont fait l’objet d’une conférence dernièrement, à Saint-Quentin, avec l’association L’Uzège, qui soutient le projet. «Les résultats ont été plus qu’à la hauteur de mes espérances», révèle l’archéologue. 

En effet, ses recherches ont permis de mettre en évidence les restes d’un village fortifié de 3 hectares : Massargues. « Il n’y en a que deux autres exemples dans la région, Missignac à Aimargues, et le Mas de Roux à Castries. Mais il s’agirait du premier exemple d’un site de cette ampleur qui a disparu». Des révélations importantes car les archéologues connaissent encore peu l’habitat du Moyen Âge. «Les vestiges se trouvent souvent sous les villages actuels».

Une partie du site a plus particulièrement attiré l’attention de Samuel Longepierre. «Il y a une concentration dense de maisons, accolées les unes aux autres, qui forment une sorte de rempart. Et on a pu circonscrire une place, autour de laquelle s’articulent des quartiers, selon une trame urbanisée. Cela a permis de mettre en évidence un schéma de bourg».

 

Une construction qui daterait du XIe siècle 

Mais que sait-on à l’heure actuelle de l’histoire de Massargues et ses habitants ? «J’ai étudié les textes médiévaux, et la plus vieille référence au site remonte à 1144. Mais je pense que sa création est antérieure, avant la fin du XIe siècle», avance le chercheur. Une apparition qui serait assez soudaine, avec un gros travail engagé par les bâtisseurs pour tirer sur place des blocs de dimensions importantes. 

Les raisons de cette construction demeurent en revanche encore floues. Selon la première hypothèse de l’archéologue, Massargues serait un bourg ecclésial. «Cela coïnciderait avec le phénomène de la paix de Dieu, où des sauvetés sont créées pour protéger la population des exactions de la chefferie locale. Je pense que Massargues était une sauveté dépendant de l’évêque d’Uzès». Seule ombre au tableau : un monastère ou une église assez importante auraient dû être mis en évidence à proximité. «L’autre possibilité, c’est que le site s’inscrive dans le mouvement consulaire qui se développe à cette époque dans le sud de la France, avec des assemblées d’hommes et de femmes qui se regroupent et revendiquent une certaine autonomie».

Ce qui pourrait d’ailleurs expliquer la disparition soudaine du bourg, au XIIIe siècle. «Les raisons pourraient être économiques, mais je privilégie plutôt des raisons politiques. Cette autonomie devait beaucoup déplaire aux rois de l’époque, qui cherchaient à asseoir leur pouvoir».

Des mystères que Samuel Longepierre aimerait éclaircir en menant de nouvelles campagnes de fouilles. «C’est un beau projet en perspective, mais pour cela, il faut des moyens. Je suis rémunéré par l’Inrap quand j’interviens sur des chantiers de fouilles préventives. Mais là, il n’y a pas de raisons de fouiller en vue d’un projet immobilier. Il s’agit de fouilles programmées, et la Drac est encore plus exigeante. C’est un travail que je mène donc bénévolement». Une cagnotte en ligne a été lancée pour espérer reprendre les recherches avec l’aide d’étudiants à l’été 2020.

Souscription en ligne sur www.helloasso.com et www.leetchi.com

Infos : luzege.adm@gmail.com


Lise Gougis

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