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Continuer à faire vivre le boutis

Du 12 au 18 septembre 2019

L’art provençal du boutis est un passe-temps qui a su renaître ces dernières années. L’association des Boutisseuses d’Uzès a même été labélisée Patrimoine culturel immatériel.

Née en provence, la technique du boutis a de nombreux adeptes. Loisir artistique, il consiste à sertir un dessin sur un textile, avant de le rembourrer pour un rendu en relief. Dessus-de-lit, chemins de table, coussins et toutes sortes d’accessoires décoratifs en textile peuvent être réalisés en boutis. Il est distingué du piquet marseillais, où un molleton est inséré entre les deux tissus pour donner le volume.

«On part d’un patron, le dessin est fait sur un tissu appelé la batiste, présente Marie-Claude Taburiaux, présidente de l’association des Boutisseuses d’Uzès. On le double et on le bâtit afin qu’il soit bien solidaire. Généralement, on travaille à l’aide d’un tambour». La seconde étape est le sertissage, en point avant ou en point de piqûre, pour lier les deux épaisseurs de tissus, en suivant le dessin. «Enfin, on utilise des mèches pour donner du relief. On coupe ce qui dépasse et on rentre bien le bout de la mèche, à l’aide d’un cure-dent par exemple. C’est en le mettant à l’envers que l’on voit si les mèches sont bien rentrées et donc si c’est du bon travail», sourit-elle.    

Marie-Claude a appris le boutis avec Francine Born, qui lui a transmis sa passion. «J’étais à la retraite quand j’ai commencé, se souvient cette dernière. C’était en 1992. J’ai découvert cette technique avec Andrée Gaussin, j’ai tout de suite trouvé ça magnifique». 

C’est le début d’une beau parcours pour celle qui est devenue une référence en la matière. Après avoir accompagné Andrée Gaussin aux quatre coins du pays pour promouvoir le boutis, elle a récupéré le flambeau et continué à faire découvrir cet art. «Je me suis rendue compte que ça plaisait autant à une Bretonne qu’à une Parisienne !». «Le boutis a failli disparaître dans les années 90, elles l’ont relancé !», souligne Marie-Claude. «Ça ne m’aurait pas convenu de rester inactive à la retraite», rétorque sa complice.

En rentrant à Uzès, Francine commence à faire des démonstrations les jours de marché, sur une table installée dans la rue devant la boutique Lola Rossa. «Un homme a été très surpris un jour de me voir "dans la rue" après avoir donné des cours à Paris, avoir fait des expositions aux Galeries Lafayettte, aux Pays Bas...», s’amuse Francine. Mais cette installation lui a permis de lancer des ateliers, toujours en partenariat avec Lola Rossa, lorsque la boutique a emménagé place Dampmartin. 

Le label, une consécration

L’association des Boutisseuses est créée en janvier 2012 et la présidente entame les démarches pour recevoir le label Patrimoine culturel immatériel de France en 2016. «C’est le ministère de la Culture qui l’attribue. Il demande l’histoire de l’association, ce qu’elle fait pour le boutis, si elle répond aux critères "Connaître, pratiquer, transmettre", ça a demandé beaucoup de travail !». 

Un travail récompensé, en juin 2019, par l’obtention du label. «C’est une vraie reconnaissance et c’est un premier pas vers l’Unesco», espère Marie-Claude, avec l’acquiescement empreint de fierté de son mentor.

Mathilde Roux

Infos : Marie-Claude Taburiaux, 04 66 03 35 20


Mathilde Roux

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