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Sylvain Rabbachin : toujours plus haut

Suite aux attentats du 11 septembre, le nordiste Sylvain Rabbachin a mis au point un système de sauvetage pour permettre aux personnes prises au piège de sauter depuis les tours en cas de danger. Il était récemment à Belvezet pour procéder à des essais.

 

Huit ans après les attentats du 11 septembre, les images des personnes paniquées se jetant dans le vide depuis les tours jumelles hantent encore Sylvain Rabbachin. « J'ai 3 000 morts sur la conscience », n'hésite-t-il pas à affirmer. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Sylvain n'est pas un membre d'Al-Qaida subitement pris de remords. Il s'agit d'un ancien militaire, reconverti en inventeur autodidacte, qui a mis au point un système de sauvetage révolutionnaire. « Quelque temps avant les attentats, j'avais déjà eu l'idée de mettre au point ce concept...». D'où ses regrets aujourd'hui ne de pas s'être attelé plus tôt à la mise en œuvre de son invention.
Son nom ? Le TR 50. TR comme Tower Rescue (littéralement « sauvetage depuis une tour ») et 50, comme la hauteur minimale en mètres à partir de laquelle on peut l'utiliser. Elle se présente sous la forme d'un banal gilet, muni de velcros que l'on attache dans un ordre bien défini, indiqué par des numéros. Juste au-dessus, ce qui ressemble à une capuche renferme une voile qui utilise la portance de l'air pour évacuer les personnes. Ce matériel se déclenche automatiquement entre 25 et 30 m d'altitude et permet de se poser en douceur. À terme, il est destiné à équiper les tours pour permettre une évacuation rendue quasi-impossible en cas d'incendie. Pas à devenir la nouvelle attraction à la mode dans les bureaux. « Le but, ce n'est pas de dire, tiens aujourd'hui, au lieu de prendre l'ascenceur, je vais passer par la fenêtre ». Seule inconnue, et de taille, les personnes prises au piège auront-elles le courage de se jeter dans le vide, même avec un tel équipement ? Sylvain Rabbachin n'en doute pas. « Le 11 septembre 2001, 90 personnes n'ont pas hésité à sauter par les fenêtres. Sans rien. », rappelle-t-il. Le TR 50, à usage unique, est capable de supporter un poids allant jusqu'à 120 kg. Voire même au-delà selon les constatations de l'inventeur.


Sylvain Rabbachin était sur l'aérodrome d'Uzès-Belvezet, fin août, pour procéder à des tests supplémentaires sur la voile qui équipera son gilet. « Belvezet est l'endroit idéal car l'aérodrome est situé sur un terrain retiré. Madame le maire nous a donné son autorisation ».

Multiples essais

Ces tests effectués à Belvezet représentent le quasi-aboutissement d'un travail de longue haleine. Durant trois ans, enfermé chez lui, Sylvain Rabbachin a dessiné son projet, commandé les matériaux nécessaires... Pour aboutir à un prototype d'un coût total de 6 000 €, autofinancé de A à Z. 2004 a marqué l'année des premiers essais. Sur l'aérodrome de Nîmes Courbessac, Sylvain a commencé par jeter des mannequins équipés de sa voile depuis un avion, puis d'une grue. « Sur 16 essais, 14 ne se sont pas avérés concluants, se souvient-il. Parce qu'il fallait agrandir certains endroits, en réduire d'autres... ». Et c'est seulement au bout de trois essais réussis que l'inventeur, également parachutiste, s'est décidé à tester lui-même le TR 50. Le 1er avril 2007. Une date qu'il assure avoir choisie au hasard. Les autorités, elles, ont d'abord cru à un poisson d'avril. Toujours est-il que ce 1er avril, à 64 m de hauteur, accompagné dans la nacelle par un ami, il s'est jeté dans le vide. Depuis une grue. Il a failli y laisser sa peau car la voile s'est déployée avec quelques instants de retard. Un dysfonctionnement qui n'est pas dû à un défaut de fabrication. En réalité, son collègue avait cassé par inadvertance le fusible qui permet l'ouverture de la voile. Après les essais, Sylvain a pris son bâton de pélerin pour tenter de faire connaître son invention. En France, il assure ne s'être heurté qu'à des murs. Ne serait-ce que pour l'homologation de son produit. « Chez nous, il faut qu'il y ait quelque chose de comparable pour qu'une invention soit brevetée ». Aux États-Unis, malgré une lettre adressée au président de l'époque, George W. Bush, cela s'est avéré « trop compliqué ».

Un pays intéressé

C'est finalement aux Émirats Arabes Unis que Sylvain Rabbachin a trouvé une oreille attentive. Le fait que la plus grande tour du monde, la Burj Dubaï (près de 820 m de hauteur) soit en cours de construction y est sûrement pour quelque chose. « J'ai été reçu par le n°1 de la Défense Civile. Ce sont des gens pragmatiques et d'une gentillesse ! », n'en revient toujours pas Sylvain. Le big boss ayant visiblement été emballé, le Français devrait faire affaire avec les Émirats Arabes Unis. « Si un marché est conclu, ils veulent l'exclusivité de mon matériel pendant un an. Et ils en équiperont toutes leurs tours ». Le TR 50 devrait à terme apporter un millier d'emplois dans ce pays, au niveau de la fabrication, in situ, de l'installation des équipements, de leur inspection... Les Émirats Arabes Unis constitueraient une vitrine de choix pour Sylvain Rabbachin, qui souhaite ensuite partir à la conquête des autres pays. Ironie de l'Histoire, c'est donc un pays voisin de l'Arabie Saoudite, d'où est originaire Oussama Ben Laden (le cerveau des attentats du 11 septembre) qui pourrait bien permettre à Sylvain de concrétiser le projet de toute une vie.
Christophe Gazzano

 


 

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