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André partage son tango

Article du 19 au 25 septembre

André Vagnon est passionné de tango depuis de nombreuses années. Il propose une conférence musicale à l’occasion des Journées du patrimoine, qui ont pour thème cette année les arts et divertis-sements.

Il va se déplacer avec son phonographe à manivelle et ses disques 78 tours. Des objets de collection qu’André Vagnon ne laisse pas prendre la poussière dans un garage. Dans sa maison de Saint-Maximin, cet enseignant à la retraite a aménagé tout un espace dédié à sa passion du tango, la piste de danse en moins...

Tout commence en 1962 lorsqu’il achète son premier disque de tango... en France. «C’était un 45 tours. Cela m’intéressait de découvrir cette danse et de la pratiquer avec mon épouse». Cet attrait ne cesse alors de se développer, notamment lorsqu’il part en Amérique latine, en 1969, pour un poste dans l’enseignement au Brésil d’abord puis en Équateur.

Il se penche rapidement plutôt sur la musique que sur la danse, «je n’avais pas beaucoup de temps libre, le tango restait quand même marginal dans ma vie. Ça a évolué et j’ai repris la danse sérieusement à ma retraite, il y a vingt ans». Il avait commencé à réunir des disques après avoir hérité un phonographe de sa belle-mère. «Lorsque j’ai arrêté de travailler, j’ai cherché chez des disquaires et sur des marchés, des disques, mais aussi des partitions, des ouvrages, des affiches». Sa collection s’est vite étoffée pour arriver à environ 3 000 disques 78 tours et l’équivalent en 33 tours ! «Et un ami collectionneur m’en a récemment donné 600 de plus !».

Désir de transmettre 

Son précieux trésor est aujourd’hui stocké dans une mezzanine, minutieusement répertorié et étiqueté. Il en profite au quotidien, écoutant tantôt sur un phonographe tantôt sur son ordinateur, en version numérisée. Il n’hésite pas non plus à en parler, en donnant de nombreuses conférences comme celles prévues à Uzès ce samedi 21 septembre à 16h30 (lire ci-dessous) ou à Chambéry en octobre. Il a créé un site (www.bibletango.com) et a également sorti un livre en 2018, «Magic City le berceau du tango à Paris» (1), où il évoque notamment les cours de danse, les bals et les concours qui s’y organisaient.

"Uzès a une histoire avec le tango"

 

Mais si lui prend bien soin de sa collection, il compte aussi en faire profiter d’autres amateurs. «Mes enfants ne sont pas trop intéressés. Avec mes amis collectionneurs, nous réfléchissons quoi faire pour que tout cela ne finisse pas un jour à la benne ! ». 

Il rêve alors d’une structure, une sorte de temple du tango qui pourrait assurer l’avenir de ce patrimoine. Évidemment, ce conservatoire, il aimerait le voir fleurir... à Uzès.

Car ce n’est pas un hasard si des milongas se montent chaque été dans le centre historique de la cité ducale, si l’association Tabou tango trouve toujours autant d’adeptes... «Uzès a une histoire avec le tango», confirme-t-il.

Dans les années 60, les milongas disparaissent et le tango n’est plus vraiment tendance. La danseuse classique argentine Mora Godoy ne trouve même pas de cours à Buenos Aires ! 

«Mais le tango est revenu en deux étapes», sourit André Vagnon. C’est dans les bars de Paris que le son des musiciens latinos qui avaient fui la dictature commence d’abord à résonner. «Et en 1983, un spectacle de tango est programmé comme bouche trou au Châtelet. Ça a été un succès incroyable !». 

La musique tango revient et la danse sensuelle qui l’accompagne également. «À la fin des années 80, quelques villes françaises organisent même des festivals. Uzès a été l’une des premières».

Quoi de plus logique alors qu’imaginer un conservatoire dans la cité ducale ? 

«J’ai commencé à en discuter avec le maire Jean-Luc Chapon. Une place pourrait peut-être être trouvée au centre culturel prévu à l’Ancien Évêché ?». Même si rien n’est encore fait, il compte bien mener ce projet à bout, en travaillant avec la danseuse de tango d’Uzès, Sophie Hampartzoumian. En attendant de voir naître ce projet, un avant-goût sera proposé ce samedi, lors des Journées du patrimoine.

Mathilde Roux

(1) Magic city, aux Éditions Éléana.

 


Mathilde Roux

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