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Alexis Néri, un dossard parmi tant d’autres

Il y a deux semaines, des dizaines de milliers de personnes étaient présentes à Paris pour un des temps fort de l’année sportive : le marathon. Parmi eux, un Lussanais très discret...

Lorsque je le rencontre, vendredi dernier, à la terrasse d'un café uzétien (qui, au passage, a profité de l'arrivée des touristes pour augmenter ses cafés de 20 centimes, mais passons...), Alexis Néri n'a qu'une obsession. « Je ne veux pas que l'on parle trop de moi », me dit-il d'emblée. Que faire ? Lui dire tout de suite que je le rencontre dans le cadre de notre portrait hebdomadaire ? Qui, par définition, s'intéresse aux personnes ? Couper court à l'entretien ? Je décide donc de couper court aux politesses et de faire parler Alexis de ce pourquoi j'ai souhaité le rencontrer. À 75 ans, ce Lussanais (il réside au hameau de La Lèque) vient en effet de participer au marathon de Paris. Bel exploit. Surtout que ce n'est pas une première pour lui. Dans les anciennes coupures de presse qu'il m'a apportées, revient ce leitmotiv, commun à tous les articles. « Il n'y a rien d'exceptionnel, des gens comme moi, il y en a beaucoup », déclare-t-il ici. Ou encore « ce n'est pas un exploit », peut-on lire dans l'article qui lui a été consacré lorsqu'il a fait à pied le pélerinage de Compostelle et ses 1200 km. Pour le rassurer, je décide de passer outre les motivations d'Alexis à participer au marathon. J'apprendrai seulement plus tard qu'il s'était lancé un défi pour ses 70 ans : participer à 3 courses/marathons la même année (Paris, les 100 km de Millau et New York). Et qu'il a continué sur sa lancée.

Direction Paris

En 2010, il a donc retrouvé Paris et son marathon pour la 5e fois. Alexis est arrivé deux jours avant la course, le 9 avril dernier. Il a d'abord dû récupérer son dossard à Marathon Expo, le salon international de la course à pied. Le lendemain, les plus courageux pouvaient prendre part à la « course du petit déjeuner ». Véritable tour de chauffe, cette course permet de se mettre dans l'ambiance du marathon, sur 2 ou 5 km, autour de l'UNESCO. Le dimanche, c'est enfin le Jour J. Ce jour-là, près de 40 000 personnes sont sur la ligne de départ. Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, tous les coureurs ne sont pas logés à la même enseigne. Ils sont classés par sas. L'élite est aux avant-postes, tandis que les plus faibles, en catégorie Vétérans IV, sont en bout de course. Alexis faisait partie de ceux-là, compte tenu de son âge. Le départ se fait progressivement. Chaque sas dispose de son « lièvre ». Non pas le lièvre de la fable de La Fontaine, quoique... Le lièvre, souvent une marathonienne, est LE point de repère des coureurs. Il fait partie de l'organisation de la course et n'est donc pas là pour tenter de battre un record. À son maillot est accroché un ballon de la couleur du dossard des concurrents. La couleur varie en fonction de l'objectif de temps que s'est fixé le compétiteur. Alexis avait un dossard rose, pour un objectif temps de 4h30 et plus.
Le marathon de Paris est une occasion unique de (re)découvrir la ville. « Il y a 3 occasions où il n'y a pas de voitures sur les Champs Elysées, aime à plaisanter Alexis. Pour le marathon, pour le feu d'artifice du 14 juillet et pour l'arrivée du Tour de France ». Des stands de ravitaillement sont disséminés tout au long du parcours. En fonction du chronomètre en cours, le lièvre indique à ses coureurs qu'ils peuvent s'arrêter quelques minutes ou, pire, qu'il faut faire une croix sur la pause.

L'arrivée

À l'arrivée, les puces électroniques mises dans les chaussures des compétiteurs (pour éviter les tentatives de triche) sont récupérées automatiquement par les organisateurs. Le temps affiché à l'arrivée est celui de la course générale. Pour connaître son temps individuel, Alexis, comme tous les coureurs, a une astuce. Il déclenche son propre chronomètre au moment du départ. Simple, mais il fallait y penser. Finalement, le Lussanais a conclu sa course en 5 heures et 27 minutes. Mais, qu'importe, Alexis n'était pas là pour la performance. Outre le plaisir de courir, le marathon de Paris lui aura permis de se lier d'amitié avec Alain Bisquert, un Uzétien. C'est en faisant leur jogging qu'ils ont découvert tous deux par hasard qu'ils s'entraînaient dans le même but : Paris.

Retour au pays

De retour dans son élément, l'Uzège, Alexis Néri peut enfin reprendre le cours normal de ses activités. Cet infatigable marcheur est le fondateur de Rando Cèze et son ex-président. Cette association propose des randonnées conviviales et accessibles à tous. Deux fois par semaine, le mercredi et le week-end, le septuagénaire, titulaire d'un brevet fédéral d'animation de randonnées, emmène les volontaires pour des balades de 25 km en moyenne. Il prend également une part active à Avril en balade, qui permet de découvrir les trésors de l'Uzège.
La fin de notre entretien approche. Alexis Néri se fait philosophe. « À 75 ans, on a plus de passé que d'avenir... » Il confie à demi-mot que le marathon de Paris 2010 était sûrement le dernier pour lui. « En compétition, il faut s'avoir s'arrêter. Je ralentis le rythme sans regrets. Je n'ai rien à prouver ». Dans les mois, voire les années à venir, il se concentrera sur des courses plus softs, telles que les trails ou les semi-marathons. Avant de me quitter, il me confiera pourquoi il aime tant les marathons. « Tout le monde connaît les joueurs de foot, de rugby... mais pas les coureurs de marathon ». Alexis Néri, un dossard parmi tant d'autres. Définitivement.
Christophe Gazzano
Contact : 04 66 72 97 88.

(Article paru dans Le Républicain d'Uzès n°3265, du 22 avril 2010)


 

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