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Valentin Canitrot, Tintin des temps modernes

Alors que cet été, les jeunes de son âge sont certainement partis en vacances en famille ou entre amis, Valentin Canitrot, lui, a parcouru seul l’Europe à la découverte de Madrid, Londres et Berlin. Nous l'avions interrogé avant son départ.

Un mois, trois capitales européennes et un budget de 1 300 €, c'est le défi que s'est lancé pour cet été Valentin Canitrot. Ce lycéen uzétien de 17 ans souhaite devenir journaliste. De préférence dans le milieu de la culture. Il réunit les qualités nécessaires à l'exercice du métier : contact facile, soif d'apprendre... Alors, quand une amie est venue raconter devant toute sa classe le voyage en Espagne qu'elle avait effectué par l'intermédiaire de la bourse Zellidja, le déclic a été immédiat. Les bourses de voyage Zellidja ont pour but, dans l'esprit de leur créateur, Jean Walter, de « donner aux jeunes le moyen de compléter leurs études par des connaissances qu'ils n'ont pas acquises dans les établissements scolaires et n'acquerront pas davantage dans les grandes écoles ou en faculté ».

Pour bénéficier de ces bourses, les jeunes doivent monter un dossier complet, dans lequel ils décrivent le but de leur voyage, les pays visités et montent un budget. Au départ, Valentin avait opté pour un voyage inspiré de l'émission J'irai dormir chez vous, dans laquelle le présentateur part à l'aventure dans un pays défini et demande aux autochtones de l'héberger. « Mais je me suis dit que c'est quelque chose que je peux faire par moi-même, avec un minimum de fonds. Je me suis donc orienté vers quelque chose de plus intéressant au niveau culturel », raconte ce passionné de littérature et de théâtre. Le nouveau projet s'intitule donc « Les 3 Capitelles Capitales », référence aux capitelles du village de ce blauzacois d'adoption. Concrètement, Valentin devrait quitter Blauzac aux alentours du 29 juillet, direction Madrid. Il s'envolera ensuite pour Londres, puis Berlin. Il restera dans chaque capitale dix jours. Son but, mener une étude sur l'art contemporain dans ces capitales européennes. « D'un point de vue culturel, on ne trouve nulle part ailleurs les richesses que l'on peut voir dans ces grandes capitales », souligne-t-il dans son dossier de présentation. Il compte bien interroger des artistes, des directeurs de musées ou des journalistes. Même s'il partira forcément un peu à l'aventure, le jeune homme multiplie actuellement les contacts sur place. C'est en discutant avec un professeur qu'il a appris l'existence de l'île des musées, à Berlin, qui accueille notamment le plus ancien musée de la capitale allemande. À Madrid, il a bien l'intention d'admirer la fameuse œuvre de Picasso, Guernica. Et à Londres, il fera un détour par la galerie Tate Modern.
La barrière de la langue ne lui fait pas peur. Il se débrouille bien en anglais, mais dispose de seulement quelques mots de base en allemand. C'est en espagnol que les choses risquent de se compliquer. « Je confonds l'espagnol et l'italien ! ».

L'argent

Du côté des finances, Valentin Canitrot a eu droit à quelques sueurs froides. La bourse de voyage accordée par Zellidja a été revue à la baisse en cours de route, « à cause de la crise ». Elle a fini par tomber à 300 €, et devrait demeurer telle quelle. L'adolescent a aussi pu compter sur l'aide de François Noël, conseiller municipal d'Uzès qui, par l'intermédiaire de son entreprise, s'est engagé à prendre en charge les frais de transports. Denis Bouad, maire de Blauzac, l'association des Amis du Musée et le Conseil général font partie des soutiens actifs. Le voyage n'est pas sans risques puisqu'une maigre marge est consacrée aux coûts imprévus. C'est la première expérience de ce type pour Valentin. Il est bien déjà parti à l'étranger, mais jamais seul, et surtout pas si longtemps. Il va d'ailleurs devoir forcer sa nature pour l'occasion. « D'habitude, j'aime quand tout est planifié. Là, ce n'est pas le cas ». Pire, il ne devra pas oublier de donner des nouvelles à ses proches. Une fâcheuse habitude.

Justement, son entourage appréhende diversement son départ. Il y a son père qui, parti lui aussi très tôt sur les routes, est enthousiaste. Et sa mère, qui trouve un peu risqué le fait de partir seul. Sa copine aurait bien sûr préféré qu'il reste. Mais comme l'écrit Valentin dans son dossier, « voyager seul, c'est encore le meilleur moyen pour réussir à faire d'un voyage une aventure ».

À la fin du voyage, il passera devant un des jurys de l'association Zellidja pour présenter le résultat de son travail. Il compte pour cela réaliser une émission de radio d'une vingtaine de minutes, avec une compilation d'interviews de gens rencontrés sur place. Un vrai travail journalistique. Valentin devrait revenir sur le sol français dès les premiers jours de septembre. « J'essaierais de rentrer avant mon anniversaire ». Le 4 septembre prochain, Valentin Canitrot aura en effet 18 ans. Et pourra dire qu'il a vécu une aventure unique.
Christophe Gazzano

Plus d'infos : www.zellidja.com

(Article publié dans Le Républicain d'Uzès n°3264, du 15 avril 2010)


 

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