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Les Pasquier : tapissiers de père en fils

De Léopold à Jérôme, quatre générations de la famille Pasquier ont travaillé à Uzès. Mais jamais l’enseigne de tapissier décorateur « Pasquier » n’a changé de main depuis sa création, en 1942. À la manière d’un témoin, le métier se transmet de père en fils et les Pasquier ne souffrent pas du manque de travail ! 

Dans la boutique Pasquier, installée boulevard Victor Hugo à Uzès depuis plus de 40 ans, Serge Pasquier, troisième génération de tapissier décorateur, « garde la poussière » précieusement, comme un héritage familial. Au milieu d'un fourbi sans nom où se mêlent les tissus, les échantillons, les meubles restaurées savamment empilés du sol au plafond, se dégage une atmosphère de sérénité qui invite au silence. Un peu comme dans un musée ou une boutique d'antiquité, l'odeur de poussière vous accueille pour une visite du temple familial. Serge Pasquier, fils de Paul et petit-fils de Léopold, est l'actuel propriétaire de la boutique Pasquier. Il partage les lieux avec son fils, Jérôme, également tapissier. Ce jour là, le premier accueille et conseille les clients, le second se charge de la tapisserie des meubles et de la couture.

Une réputation solide

La réputation de la famille n'est plus à faire. Ici, on peut se vanter d'avoir en permanence deux mois de travail en avance.
Dans cette caverne d'Ali Baba sont rassemblés des tentures murales, des tissus de tous styles venus de tous les coins du monde et des centaines échantillons. « Il y en a pour des fortunes, mais je n'ai jamais accepté de payer un échantillon », lance Serge Pasquier, dur en affaire. Dans l'atelier attenant, on habille les matelas, les fauteuils ou les canapés avec le tissu choisi. « Tout ce qui est au Duché, par exemple, c'est nous qui l'avons fait », souligne Serge Pasquier.
Mais jamais il n'a nourri l'envie de se mettre en avant, ou de tenter d'écarter les concurrents. C'est un trait de caractère chez les Pasquier. « Je ne suis pas jaloux des autres, il n'y a pas de guerre avec les couturiers ou les marchands de tissus, dit-il. On travaille 60h par semaine toute l'année. Chez nous, c'est le bazar, mais quand on part de chez le client, c'est nickel. C'est cela qui a fait notre réputation. Je suis content qu'on plaise encore à du monde même sans tape-à-l'œil ».

Affaire de famille

L'homme de qui tout est parti, c'est Léopold, le grand-père de Serge, « installé un peu plus haut sur le boulevard ».
Au départ, c'était un atelier de cellier-bourrelier, pour l'harnachement des chevaux. « Mon père a repris l'activité à son retour de la guerre, en 1942, raconte Serge. Puis, les tracteurs sont arrivés : un tracteur a remplacé dix attelages. Alors il s'est mis à la tapisserie ».
Aujourd'hui, les clients des Pasquier sont ambassadeurs, propriétaires de châteaux ou de résidences secondaires. Pour autant, la ligne de conduite de la maison est stricte : « Il ne faut pas voler les gens si on veut continuer à travailler », souligne Serge.
Il se pourrait bien que les Pasquier soient indélogeables à Uzès et que la tradition se perpétue encore. « De tous mes petits-enfants, quatre sont des garçons, calcule Serge. Il y en a aura peut-être un qui voudra être tapissier... »
Aurélia Simonin

(Article paru dans Le Républicain d'Uzès n°3278, du 22 juillet 2010)


 

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