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Claude Larnac, gardien de la mémoire du Pont-du-Gard

Sa première rencontre avec lui date de 1936. Lui, c’est le Pont-du-Gard, monument connu dans le monde entier. Claude Larnac s’est pris de passion pour l’aqueduc et s’est même battu pour le préserver. Témoignage.

Symbole du département, connu à l'échelle mondiale, le Pont-du-Gard compte son lot d'adeptes. Parmi eux, Claude Larnac. Depuis sa maison de Castillon-du-Gard, il n'a que quelques pas à faire pour avoir un œil sur le célèbre monument. Un monument qu'il a approché pour la première fois en 1936, avec son père, garde forestier. « Nous étions seuls pour l'admirer. J'ai été impressionné par sa masse. Je n'avais jamais vu un aussi grand monument ». L'homme se souvient des fêtes qui ont jalonné son enfance et son adolescence. « Les gens venaient de partout et par tous les moyens : cheval, bicyclettes, chars à bancs... Chaque famille faisait son propre feu pour rôtir des saucisses ! ». Et il y avait aussi les grands bals, sur la partie où se situe actuellement le restaurant Les Terrasses. Au lendemain de chaque fête, les gamins des environs partaient à la chasse aux bouteilles en verre pour récupérer l'argent de la consigne. Tous ces éléments, et les heureux souvenirs qui y sont liés, expliquent le profond attachement de Claude Larnac au Pont-du-Gard.

Bien des années plus tard, en 1990, un projet d'aménagement du site est sur le point de voir le jour. Un Comité intercommunal de défense du site du Pont-du-Gard (CIDS) est créé. Aussi, quand un ami lui propose de prendre la présidence de ce Comité, Claude Larnac hésite un peu, propose même une autre personne, puis accepte.

Projet polémique

Le projet d'aménagement fait polémique. Il est signé du président du Conseil général de l'époque, Gilbert Baumet. « Il était en concurrence avec le maire de Nîmes, Jean Bousquet (ce dernier a multiplié les travaux dans sa ville, ndlr) et souhaitait se faire bien voir du président de la République, François Mitterrand ». Problème, le projet est surdimensionné. Il se base même sur une fréquentation que le site, de nos jours, est loin d'atteindre : 2,5 millions ! « Baumet voulait créer un parc d'attractions avec des constructions immenses, des jeux d'eau, des théâtres de verdure... ». La bataille entre le Comité et le Conseil général durera quatre ans. C'est à la faveur d'un changement à la présidence du département et à la clairvoyance du nouveau président que le projet est définitivement rangé dans un tiroir.

Le projet définitif

En 2000, le site du Pont-du-Gard prend la forme que nous connaissons actuellement. Claude Larnac a été administrateur de l'Etablissement Public de coopération culturelle nouvellement créé. À l'époque de la polémique Baumet sur l'aménagement, le Comité intercommunal de défense du site du Pont-du-Gard avait proposé un contre-projet qui s'apparentait peu ou prou à celui-ci. Pourtant, Claude n'en est pas entièrement satisfait. Il l'aurait aimé plus petit. « Le musée est deux fois trop grand. Il y a de belles choses, mais c'est du remplissage. Il faut beaucoup de personnel pour faire tourner tout cela. Si les maires des alentours avaient été à la hauteur, ce sont eux qui auraient dû reprendre le projet ». Il ne comprend pas pourquoi des commissions, ouvertes à tous et présidées par les maires de Vers, de Castillon et de Remoulins, ont été mises en veille. « Elles permettaient d'avoir le point de vue de la population. Les gens ne peuvent plus se faire entendre ». Surtout, Claude Larnac souhaiterait que la partie culturelle du site soit « démesurément développée. Le Groupe F, c'est avant tout du spectacle avant d'être de la culture ».

Dans un souci permanent de transmission, le Castillonnais a sorti un nouveau livre, « Racontez-moi le Pont-du-Gard ». Le fil conduteur de l'ouvrage : comment la construction de ce Pont a-t-elle été rendue possible ? « L'aqueduc de Nîmes et le Pont-du-Gard (...) sont les témoins d'une civilisation. (...) Serons-nous assez indifférents pour ne retenir de l'ouvrage que l'aspect attractif ? C'est à cette question que j'ai tenté de répondre ».
Avec l'association Pont-du-Gard et Patrimoine, qui a succédé au Comité de défense, Claude Larnac continue à distiller ses connaissances sur le monuments, au gré de multiples balades. Il peut ainsi y retourner régulièrement.
En avril dernier, toujours bon pied, bon œil, Claude a fêté ses 80 ans... au Pont-du-Gard. L'homme ne s'en lasse pas. « C'est presque à chaque fois une redécouverte ». Il faut dire que 20 siècles après sa construction, le Pont-du-Gard n'a pas livré tous ses secrets. « À quoi le Pont doit-il sa courbure ? ». Claude Larnac n'a toujours pas trouvé d'explication satisfaisante.
Christophe Gazzano
Infos : www.pontdugard.org

(Article paru dans Le Républicain d'Uzès n°3292, du 28 octobre 2010)


 

Commentaires

01/07/2013 » Pont du Gard
Auteur : Jean marie Pautrat
Pont du Gard interdit au public le 30 juin 2013 pour cause de sangliers ... Jamais vu en 60 ans de fidélité à ce chef d'œuvre.
07/12/2011 » Merci à Claude LARNAC
Auteur : ChristianHUBERT
Un grand merci à M Claude LARNAC, pour tout ce qu'il a fait pour ce monument d'exception. Régulièrement je fais un tour au pont-du-Gard, plus fréquemment en hiver, la fréquentation étant moindre, et c'est toujours, pour moi, un moment magique. J’apprécie tout particulièrement cet espace et son musée, ou je ne m'ennuie jamais.

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