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Jean Donnet : un pilote intuitif qui aime le partage

Jean Donnet, Uzétien d’origine belge, est un homme de l’air. Ayant baigné depuis l’enfance dans l’aviation, c’est finalement vers le vol en ballon que ce passionné de grands espaces et de sensations s’est tourné. 

Jean Donnet s'est posé à Uzès il y a près de dix ans. Depuis, il n'a cessé de faire l'oiseau. À bord de sa nacelle, tant pour le plaisir que pour le travail, il cultive sa passion des grands espaces et son penchant naturel pour les défis.

Comme Obélix

Car Jean Donnet est un passionné de montgolfière. Un peu comme le personnage d'Obélix, il est tombé dans la nacelle quand il était petit.
Tout autour de lui s'y prêtait. Son père, lieutenant-général de l'État major belge et pilote, était président de l'aéroclub de Belgique. Parmi ses faits d'arme, « il s'est échappé de Belgique pendant la Seconde Guerre mondiale et a rejoint la Royal Air Force à bord d'un bi-plan qu'il avait retapé, raconte fièrement le fils Donnet. Il a également été à l'origine de la réorganisation de la force aérienne belge ».
Lorsque le papa a relancé le vol en montgolfière à l'aéroclub, dans les années 1970, c'est tout naturellement qu'il a proposé à son fils d'apprendre à voler. C'est ainsi que Jean Donnet a acquis ses premières connaissances et réalisé ses premières expériences en tant que pilote. Et la passion ne l'a plus quitté. « Ce que j'aime dans le ballon, c'est son côté magique. C'est une machine qui fonctionne avec l'air. Chaque vol est une improvisation ».

La compétition

De pays en pays et de métier en métier, le fil rouge de la vie de Jean Donnet reste la montgolfière. En 1994, il se lance dans la compétition. Au championnat de France de montgolfière, il termine deuxième de l'équipe nationale.
Puis il progresse rapidement jusqu'au championnat d'Europe. « Mais cela prenait beaucoup de temps, dit-il, et je n'ai pas aimé l'esprit : les anciens pilotes faisaient une sorte de clan et excluaient les nouveaux. Je ne trouvais pas intéressant de faire de la compétition dans ce cadre là ». Retour à zéro. Mais Jean Donnet ne s'avoue pas vaincu pour autant et il gravit à nouveau les étapes qui le mèneront au championnat de France.
Cette année, à Yssingeaux (Haute-Loire), son équipe a chuté de la 9e place à mi-parcours à la 24e place pour « deux erreurs bêtes » qui n'ont pas pardonné. « Le règlement est très strict et les compétitions sont de plus en plus techniques », explique-t-il. Mais ce qui le pousse toujours à y revenir « c'est le plaisir de se mesurer aux pilotes français de la discipline ».
Pour cela, « il faut une bonne équipe : un pilote et un navigateur en ballon, un chauffeur et un navigateur au sol. Au départ, on reçoit un bulletin avec les vents aux différentes altitudes. Mais le vent change vite, surtout le soir ».
Alors, la technique est de lâcher de petits ballons d'hélium pour voir la direction du vent. Et, en fonction des concurrents, l'équipe choisit la stratégie à adopter et corrige sa trajectoire si besoin est. « Le but de la compétition est de maîtriser les courants d'air pour atteindre les cibles, poursuit-il. Une fois au-dessus, on lâche un marqueur qui porte le numéro du ballon ». Le principe, quand on est pilote, est d'être « en phase avec le ballon et avec le vent, à la fois souple et concentré. Il ne faut pas en vouloir au vent, c'est toujours le pilote qui est responsable de son vol ». Jean Donnet se définit lui-même comme « un pilote intuitif » qui travaille avec les éléments, l'espace et sait improviser.

Les rencontres

Aujourd'hui, Jean Donnet a créé avec sa compagne sa petite entreprise, Mongolfière du Sud, à Uzès. Tous deux pilotes, ils proposent des vols. Lui fait aussi de l'instruction, de la photo aérienne et parfois des tournages vidéo.
La montgolfière, « c'est une machine à rencontre, dit-il, avec les éléments et avec les gens ». Sa rencontre la plus marquante s'est déroulée en Inde, à Jaïpour, lors d'une compétition locale. « J'avais posé le ballon dans un champ et l'équipe au sol tardait à arriver. Arrive de nulle part un homme en guenilles à qui il restait trois dents et qui s'approche de la nacelle. La police indienne arrive et veut le repousser. Mais l'Indien semble intéressé, il pose des questions, puis monte dans la nacelle ». Malgré la contrariété évidente des policiers, Jean Donnet considère l'Indien comme son « invité ». Ce dernier s'assied dans le fond de la nacelle et lui indique du doigt le ciel. « Alors j'ai décollé avec lui. Timidement, il s'est penché et il a regardé son pays d'en haut. On est passé au-dessus de son village, il faisait des signes aux gens. Puis on est redescendu. Le temps que j'attrape la voile, il avait disparu, mais on avait vraiment partagé quelque chose. Un moment de grâce ».
Aujourd'hui, à 56 ans, la passion est toujours là et Jean Donnet a de nouveaux projets, comme par exemple « faire des documentaires à travers le monde, enseigner dans les écoles ». Bref, utiliser ses compétences et son expérience pour réaliser, vivre et faire vivre de grandes choses.
Aurélia Simonin

(Article paru dans Le Républicain d'Uzès n°3285, du 9 septembre 2010)


 

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