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Gérard Banide, l'étoffe d'un champion

Joueur de pétanque sur le boulodrome d’Uzès, Gérard Banide a derrière lui une prestigieuse carrière dans le football, qui l’a vu cotoyer des équipes telles que l’OM, le PSG ou encore l’Équipe de France.

Peut-on à la fois être natif du Nord, grand amateur de football et de pétanque, formateur à l'OM et au PSG ? Si cette hypothèse apparaît hautement improbable, elle se vérifie pourtant pour Gérard Banide. En janvier dernier, Avi Assouly, journaliste sportif marseillais, écrivait de lui sur son blog : « C'est le seul coach que j'ai toujours vouvoyé ! Quelqu'un qui regardait droit devant lui et qui forçait le respect ».

À 74 ans, force est de constater que Gérard Banide a toujours fière allure. Heureux retraité retiré à Uzès, il a aujourd'hui définitivement tiré un trait sur sa carrière d'entraîneur de football. Mais pas sur son loisir favori : la pétanque. Les premiers souvenirs de boules et de cochonnet de Gérard Banide remontent à son enfance, en très grande partie passée à Marseille. « Je suis Parisien de naissance, mais Marseillais de formation », aime-t-il à souligner. « Je vivais près d'un jeu de boules. J'y passais tout mon temps libre. J'ai découvert la pétanque avec les plus grands joueurs ». Le terrain de boules de son enfance a depuis cédé la place à un immeuble. Pour que son souvenir continue malgré tout à perdurer, Gérard Banide a publié en fin d'année dernière un livre : « La Carrière, Valentin, Nène, Félicien et les autres...». La vie d'un boulodrome marseillais dans les années 50 accompagnée d'une galerie de portraits truculents. Un livre « d'anecdotes pour rire ». « Aux pieds de la Bonne Mère, (...) le boulodrome de la Carrière qui organisait un concours tous les jours de la semaine sauf le dimanche, attirait les meilleurs joueurs de Marseille », écrit l'homme en quatrième de couverture. Le tout est illustré par Gérard Banide lui-même. Le dessin, une autre passion. On lui découvre un coup de crayon proche de celui de Sempé.

« La pétanque avait une certaine aura à l'époque. Encore plus que maintenant. Il n'y avait pas de licence ni d'arbitre et tout se passait bien. Maintenant, ça a un côté sport organisé. On a perdu l'essentiel au bénéfice de l'accessoire ». Cela n'empêche pas Gérard Banide de s'adonner régulièrement à la pétanque au boulodrome d'Uzès, « un bon club avec une belle entente ». Pour lui, la pétanque et le football ne sont pas des pratiques si éloignées. « Il y a des points communs dans toutes les activités humaines. La pétanque est un jeu de maîtrise et d'adresse. Chaque balle jouée est comme un pénalty tiré. À ce jeu, votre propre ennemi, c'est vous-même ».
C'est à l'armée que Gérard Banide découvre le football, après avoir tâté du handball (il a été champion de France de hand à 19 ans). Son parcours le conduit à jouer à Alès, dont il garde un « agréable souvenir. La ville était florissante, les mines fonctionnaient bien ».

Dans les années 70, il évolue dans l'équipe d'Uzès avec une double casquette : joueur et entraîneur. En 1972, il devient l'adjoint de Pierre Pibarot au sein de l'Institut national du football de Vichy. Une structure inédite en France.
« Il n'y avait pas de formation en France. Depuis, tous les clubs ont un centre de formation ». Quatre ans plus tard, Monaco le sollicite pour former ses joueurs. Il rafle plusieurs titres avec elle, dont celui de Champion de France 1982.

Gérard Banide devient d'adjoint d'Henri Michel pendant la Coupe du monde 1986. La France terminera troisième. « Si Platini n'avait pas été blessé, nous aurions gagné ». À la demande de Bernard Tapie et de Michel Hidalgo, il rejoint Marseille. Retour aux sources pour un club unique. « Quand les joueurs entrent au Stade, ils n'ont pas intérêt à décevoir. Entre Tapie et moi, l'entente était bonne tant que ça nous arrangeait tous les deux ». C'est-à-dire jusqu'au début du championnat 88-89 où Tapie, à la faveur de résultats qu'ils juge médiocre, décide de se séparer de Gérard Banide. Le formateur retrouve Henri Michel au PSG pour une courte durée. En fin de carrière, il retourne à Monaco comme directeur du centre de formation d'où il fait émerger des joueurs émérites : Trezeguet, Henry, Tristanval... La boucle est bouclée. Surtout qu'aujourd'hui, un Banide est toujours à Monaco. Son fils, Laurent, en est devenu l'entraîneur. Son petit-fils est joueur professionnel à Montpellier. Et son gendre est directeur du centre de formation de Marseille. La relève est assurée. « Il faut savoir laisser la place aux jeunes. Je ne veux pas vivre éternellement dans le foot », confie Gérard Banide. Il faut dire qu'avec la pétanque, l'écriture, le dessin... ce touche-à-tout n'a pas le temps de s'ennuyer.
Christophe Gazzano

(Article paru dans Le Républicain d'Uzès n°3309, du 24 février 2011)


 

Commentaires

14/06/2013 » Et que dit on du .maître...
Auteur : Palumbo j.marie
J.ai eu mr banide comme instituteur à saint jean du pin .
06/06/2013 » Petite fille de Féli Hugues
Auteur : Marion Ricard Valentine Gisèle
Bonjour, je suis très touchée que M. Banide ait gardé tant de beaux souvenirs de mes aïeux. Pouvez vous svp lui communiquer mes coordonnées. Cordialement. Marion Ricard.

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