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Sur les chemins de l'art

Après une brillante carrière chez un géant de l'électronique, Fréderic Jeannin, installé à Lussan, est revenu à ses premières amours : la peinture. Une reconversion réussie.

Quel est le point commun entre le géant de l'électronique Sony, des décors peints et le village de Lussan ? A priori, aucun. En réalité, un seul homme peut se targuer de faire le lien entre eux. Frédéric Jeannin est un artiste autodidacte. « J'ai toujours dessiné », observe le quasi sexagénaire au milieu de son atelier lussanais. À sa majorité, ce Parisien fait la tournée des galeries d'art pour montrer ses oeuvres. « Je ne faisais que du noir et blanc, hyperréaliste avec une thématique surréaliste ». Mais les professionnels n'accrochent pas.

En 1980, il est marié et père d'une petite Vanessa depuis déjà trois ans. Il faut faire vivre sa petite famille. Frédéric se résoud à remiser temporairement ses dessins au placard. Il entre chez Sony France. « J'y ai passé vingt-cinq très belles années ». En tant que responsable des achats et des approvisionnements, il importe les premiers walkmans et les premiers magnétoscopes en France. Des merveilles de technologie, révolutionnaires pour l'époque. En ce temps-là, « Sony était le plus grand constructeur du monde, la deuxième marque en notoriété spontanée après Coca Cola ».

De par ses fonctions, Frédéric Jeannin est amené à se rendre souvent au Japon. Il y découvre une autre culture. « C'est de là que me vient probablement le goût de ne pas juger sans comprendre ». Il gravit peu à peu les échelons au sein de Sony France. Au début des années 2000, alors qu'il est directeur du pôle éducation, formation et recherche, il est témoin des premières difficultés de la firme. « Des restructurations étaient prévues en Europe, et notamment en France. Je ressentais un peu de lassitude. L'ambiance était moins bonne et il y avait davantage de pression ». En 2004, à l'âge de 50 ans, le néo-Lussannais pense être à un tournant de sa vie. « Je voulais retrouver la peinture ». Il fait donc ses adieux au géant japonais et réfléchit à sa reconversion.

De toutes ses années passées au sein d'une grande entreprise, il garde une forte propension d'analyse et la tête sur les épaules. Artiste oui, mais pas à n'importe quel prix, et pas en faisant n'importe quoi. « Je savais que je ne pourrai pas vivre en étant simplement artiste peintre ». Il remarque que le marché de la peinture de décoration se porte bien et décide de se lancer. Il fera auparavant « un détour par l'IPEDEC (Institut supérieur de peinture décorative de Paris) pour y prendre quelques techniques et un diplôme ».

En 2006, il créé une société à son nom et « arpente les murs à la recherche de décors à peindre ». Il a désormais toutes les cartes en main pour réussir son pari. Passage obligé : aller se vendre. « Dans ce métier, si on ne se bouge pas, ça ne marche pas ».

Encore aujourd'hui, il multiplie les coups de fil ou les visites sur place pour convaincre entreprises et particuliers de lui confier ses murs. « Partout où on peut imaginer mettre un décor, j'appelle ».
Sa méthode est simple. Il discute avec le client pour voir quelles sont ses envies, fait une photo des lieux concernés et, de retour dans son atelier, dessine une première ébauche à l'aide de sa palette graphique. Ensuite, grâce au logiciel Photoshop, il superpose virtuellement sa création sur le mur prévu. Si cela convient, il se lance dans la production grandeur nature. Soit depuis son atelier, sur des panneaux de bois, soit directement sur le mur. Il chérit la peinture acrylique, qui sèche très vite, mais permet de corriger ses éventuelles erreurs.
Frédéric Jeannin considère « la peinture et l'art comme les derniers espaces de liberté totale ». L'homme se laisse guider par son inspiration du moment. En cas de doute, il s'asseoit, regarde son œuvre en devenir et la suite vient d'elle-même. « Peindre, c'est comme passer une bonne soirée avec des potes, c'est comme faire l'amour... C'est un acte dans la continuité ».

Frédéric Jeannin ne se verrait pas vivre ailleurs aujourd'hui qu'à Lussan, où il est installé depuis 2009. Tout l'inspire ici. Impliqué dans l'association Étincelle, il a réalisé le décor du mur extérieur de la forge. Un endroit qu'il fréquente régulièrement et où il dévoile une autre facette de son talent. « Je me suis mis à la sculpture sur métal».

Celui qui est tout à la fois artiste plasticien, graphiste et peintre en décors, souhaite développer ses collaborations avec le monde de l'entreprise. Concilier art moderne et entreprise, voilà qui n'est pas une mince affaire. Pourtant, selon Fréderic Jeannin, de multiples passerelles sont possibles.
La cohésion entre employés peut se construire de manière inattendue, à travers la réalisation d'une fresque d'entreprise. Chaque collaborateur met la main à la pâte, « selon son niveau et ses compétences ». Fort de ses nombreuses années d'expérience, cet artiste a acquis une certitude : « on peut tout se permettre dans l'art ».
Infos : www.frederic-jeannin.fr
Christophe Gazzano


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