Ce champ est invalide

Une championne comme les autres

On connaît tous dans notre entourage des retraités actifs. Mais des retraités champions dans leur discipline, c'est plus rare. À Saint-Quentin-la-Poterie, Françoise Guillery appartient à cette catégorie.

Françoise Guillery fait partie de cette catégorie de personnes qui aiment rester dans l'ombre. Notre premier contact téléphonique fut assez bref, passée la surprise pour Françoise d'être contactée par un journaliste. Journaliste qui avait été lui-même aiguillé par une des proches amies, qui jugeait son profil digne de figurer en page Portrait du Républicain. La principale intéressée n'était pas du même avis : « Vous savez, je n'ai pas grand chose à dire... ».

Rendez-vous était pris pour le lendemain, dans sa maison de Saint-Quentin-la-Poterie. Françoise Guillery, 79 ans (80 ans au mois de novembre, mais pas question pour elle d'être qualifiée d'octogénéraire avant...) est championne de natation.

Au début du printemps, elle a participé aux championnats d'hiver des maîtres en bassin de 25 m, qui se sont tenus à Paris. Elle en est revenue avec un beau palmarès dans la catégorie C12 (80-85 ans) : deux médailles d'or et une médaille d'argent. « Je nage pas trop mal et il n'y a pas trop de concurrence », note-t-elle modestement. Elle cite aussi l'exemple de ce centenaire qui a concouru lors de ces mêmes championnats du monde. « Il bat toujours des records, il est seul dans sa catégorie... ».

Pour Françoise, Parisienne de souche, la natation est une passion tardive, redécouverte à l'âge de la retraite. « Adolescente, je faisais partie d'une équipe de ballet nautique ». À l'aube de ses 70 ans, la jeune retraitée devient sociétaire du Laudun l'Ardoise Aquatique Club, le club nautique le plus proche d'ici. « Cela permet de rester motivée. On se fait des amies, c'est sympa. Même des amies qui vous envoient des journalistes, enfin bon... », sourit-elle.

Première fois

Elle est vite repérée par les autres membres du club. « On m'a proposé de participer à des championnats ». Son premier championnat, c'était à Mulhouse, en 2005. « En plein mois d'août, mais il faisait froid ! J'ai fait trois courses et j'ai obtenu trois médailles : or, argent et bronze ». Suivront un autre championnat à Mulhouse en 2006 et, la même année, les championnats du monde aux États-Unis en Californie. L'occasion pour elle de retrouver son fils, qui réside à l'année là-bas. « J'en ai profité pour faire du tourisme. J'étais fatiguée pendant la compétition. J'ai gagné une des séries, mais ça n'a pas suffit ». Elle ne regrette pas le déplacement. « Même si c'est un peu l'usine, avec 10 000 compétiteurs sur deux jours, ça vaut la peine d'y aller au moins une fois pour voir comment cela fonctionne ».

Françoise n'est pas du genre à stresser avant les compétitions. « Je n'ai rien à perdre... ». Ce qui la gêne, c'est surtout l'attente, parfois interminable, avant de plonger dans le bassin.
Françoise Guillery garde toutes ses médailles dans une petite boîte à biscuits. Elle a fini par prendre goût à ces compétitions, même si pour elle, le plus important, c'est de participer. Claire, 79 ans, une nageuse croisée au fil des championnats, est devenue une amie. « Je la bats, elle me bat... La différence, c'est qu'elle fait ça depuis 20 ans ! L'esprit de compétition, c'est plus chez les jeunes. Nous, on n'a pas grand chose à perdre... ».

Une fois par semaine, le samedi, Françoise se rend à la piscine de Laudun l'Ardoise pour son entraînement. « À partir d'un certain âge, qu'on s'entraîne ou non, on ne fait plus de progrès, philosophe-t-elle. Les gens vous dépassent quand même dans les bassins ». Même si elle est l'aînée de son club, la Saint-Quentinoise se fond dans le décor. « Il y a une bonne ambiance. C'est intergénérationnel ». Sa nage favorite ? « J'aime nager sur le dos ». Elle déteste nager sans but. Elle suit donc les exercices conseillés par son maître nageur. À son rythme.
Si Françoise fait tout cela, c'est avant tout pour rester active. Elle touche du bois, elle est en bonne santé, alors elle en profite. En-dehors de la natation, elle pratique la randonnée, le théâtre, l'espagnol, la danse, la self-défense...

En ce moment, elle s'amuse à traduire un livre en anglais, envoyé par son fils. Paddle to the Amazon raconte l'histoire vraie d'un père et de ses fils qui se sont mis en tête dans les années 1980 de rallier l'Amazonie depuis le Canada. « ça c'est un exploit ! ».
Christophe Gazzano


Pas de commentaires pour l'instant


Laisser un commentaire

Ce commentaire sera validé par la rédaction avant sa mise en ligne. Tous propos injurieux diffamants et racistes seront bannis du site.

» Faire un commentaire

Publier une annonce

Particuliers, sociétés
Cliquez ici


Professionnels : Avocats, notaires, experts, comptables
Cliquez ici

Lien Themisia
Ce champ est invalide

Rédigez votre petite annonce en ligne, Lire la suite

Déposez votre email ci-dessous

Ce champ est invalide