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La solitude du berger

Pierre Grand est berger à Collias. Il occupe la bergerie pédagogique construite par le Syndicat mixte des Gorges du Gardon. Passée l'euphorie des débuts, la tension monte entre le berger et le syndicat.

En octobre dernier, un parterre d'élus avait accompagné l'inauguration de la bergerie pédagogique de Collias, voulue par le Syndicat mixte des Gorges du Gardon. Pierre Grand, le berger, se réjouissait de disposer d'un outil exceptionnel, au lieu-dit du Paradis, à Collias.

Un équipement qui venait conclure des années d'attente, depuis le mois de janvier 2002. Depuis que Pierre Grand était arrivé sur ces terres avec son troupeau acheté dans les Alpes de Haute-Provence. Ce Suisse de 57 ans, à la carrure de rugbyman, a abrité des années durant ses bêtes sous une serre-tunnel provisoire installée par le Syndicat mixte des Gorges du Gardon. Malgré les retards pris par le chantier de la bergerie pédagogique, il a fini par prendre goût à sa vie d'ici, se faisant peu à peu accepter par les locaux.
Pierre Grand a connu des épreuves personnelles aussi, comme son divorce, sa fille qu'il a ensuite élevé seul... Il a toujours su se relever pour aller de l'avant. Mais il traverse actuellement une période difficile.

Huit mois plus tard

Huit mois après son inauguration, la structure en châtaignier de 848 m2, d'un coût de 458 000 €, est toujours aussi impressionnante. Mais l'euphorie des débuts a cédé la place à l'amertume. Tout a commencé à l'hiver dernier, date à laquelle il a reçu un courrier recommandé du Syndicat mixte des Gorges du Gardon. La convention 2014 à signer avec le syndicat.

Ce qui a chagriné Pierre Grand, c'est la mention d'un loyer. 400 € par mois. Le berger assure qu'il n'en a jamais été question. « Il s'agit ici d'une installation pilote. Comment ce loyer a-t-il pu être déterminé ? », s'interroge-t-il. Surtout, Pierre Grand a appris à peu près à la même période qu'il ne toucherait pas ses 9 000 € d'aide annuelle issus du dispositif de mesures agroenvironnementales territorialisées. Car si l'élevage est une chose, la vente en est une autre. « Je ne vis pas de mon produit, mais des aides, qui représentent près de 80 % de mes revenus. Certains me disent que c'est normal de payer un loyer, vu le bâtiment qu'on m'a construit. C'est n'importe quoi ! Je travaille à mon compte, je ne suis pas employé par le Conseil général, contrairement à ce que j'entends ici ou là ». C'est là tout le paradoxe et la complexité de la bergerie pédagogique : un outil de travail, financé par des fonds publics, qui accueille un travailleur indépendant.

Alors, certes, Pierre Grand, comme tous les bergers qui sont revenus peu à peu dans les Gorges du Gardon participe au renouveau du pastoralisme impulsé par le syndicat et son président, Christophe Cavard.
Mais Pierre Grand regrette un manque d'écoute global. Il y a cette histoire de loyer, mais il y a aussi toutes les fois où il dit avoir décroché son téléphone pour signaler à l'équipe du Syndicat mixte les défauts de construction de la bergerie. Il attend aussi l'installation d'une chambre froide. Sans résultat probant.
L'année 2014 s'annonce donc difficile pour ce berger, sur le plan financier. « Aujourd'hui, je suis tout seul », constate-t-il, amer.

Joint par téléphone, Christophe Cavard, président du Syndicat mixte des Gorges du Gardon, n'est pas vraiment étonné par les propos de Pierre Grand, qu'il connait depuis une dizaine d'années. « C'est dans la mentalité des agriculteurs d'en demander toujours plus. Il ne faut pas trop tirer sur la corde. Il y a déjà eu un accompagnement extrêmement fort de la puissance publique et du syndicat. Si la bergerie ne lui convient pas, il n'est pas obligé de rester... ». Pour le président, le versement d'un loyer est normal, compte tenu de l'argent public investi dans cet équipement. « Il ne faut pas créer de distorsion par rapport aux autres bergers sur zone, qui ne bénéficient pas de l'aide du syndicat ».

Christophe Cavard se dit ouvert au dialogue : « Je suis prêt à me pencher avec lui sur l'équilibre financier de son exploitation, avec la Chambre d'agriculture. À l'issue, soit on baissera le loyer, soit on y dérogera, s'il y a vraiment de gros problèmes financiers. Mais nous nous appuierons sur des documents financiers. Il s'agit d'une exploitation comme les autres. C'est au berger de la faire vivre économiquement ».
Christophe Gazzano


Commentaires

22/04/2015 » REPONSE A MR CAVARD
Auteur : p getaz
Dans cet article et sans prendre la défense de M. Grand, je tiens à dire à M. Cavard que les agriculteurs le font vivre, ce Monsieur ! Que les agriculteurs ne sont pas des profiteurs, comme il le dit ! Car je pense que si c était le cas, il serait lui meme agriculteur et pas dans la politique ........ Il y a comme dans toutes les professions des personnes qu'il faut aider, c est du social et ceux qui sont aidés par la société (le contribuable) et malgré tout, qui en veulent toujours plus, c est de l assistanat !........ Les agriculteurs n'ont pas besoin d etre salis par un élu qui fait d'un cas une généralité! Que M. Cavard fasse ses excuses publiquement ! un minimum de respect pour les agriculteurs MR CAVARD

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