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Uzès baroque, Uzès d'Europe

On ne présente plus Paul Carbon. Ce St-Siffretois, défenseur de l'idée européenne, vient de publier un magnifique livre consacré à la culture baroque en Méditerranée. L'occasion pour lui de rappeler qu'Uzès n'est pas qu'une cité d'architecture plutôt classique et de défendre un patrimoine à sauvegarder.

Paul Carbon a la passion de la pédagogie. Cet ancien professeur d'Histoire-Géographie, chargé de cours de géographie à la faculté des lettres de l'Institut catholique de Paris, ne cesse de trouver de nouveaux moyens d'apprendre à ses concitoyens. Après son fascicule sur l'Europe, largement diffusé en Uzège lors des dernières élections européennes, il vient de publier un superbe ouvrage sur l'art baroque en Europe méditerranéenne.

Parfaitement documenté, ce projet a demandé trois ans de travail acharné à Paul Carbon. Au départ, il a fait un constat simple. «Trop de gens limitent encore Uzès à son architecture classique. Or, nous avons une culture baroque profondément ancrée, tant dans l'architecture que dans la musique. Faut-il citer l'exemple des Nuits musicales et de leur succès international pour se souvenir que c'est un festival de musique baroque».
Au cœur de ses préoccupations, il y a aussi l'église St-Étienne, cette église du centre-ville qui a bien failli disparaître en raison de son très mauvais état, mais qui a été sauvée et dont l'extérieur a été très bien restauré il y a quelques années en arrière.

Paul Carbon pense aussi à l'avenir de cette église, dont l'intérieur reste à rénover (mobilier...). «Une partie des recettes du livre serviront d'ailleurs à la restauration de l'autel de la vierge qui s'est effondré». Un appel au mécénat sera également lancé prochainement. Des visites doivent aussi être organisées pour promouvoir la valeur patrimoniale auprès de tous les publics.

Car le baroque est un signe d'ouverture de l'église catholique vers ses fidèles. Avec la naissance de cet art au XVIIe siècle, la messe cesse d'être une litanie réservée aux seuls connaisseurs du latin. «Le culte s'ouvre à d'autres qu'aux lettrés, par le caractère sacré de la liturgie, issu du concile de 30 (parole, image, chant, musique). La vue, les odeurs, les lumières, l'architecture et la décoration, parfois exubérante, arrache le croyant à sa condition terrestre».
Le mouvement perpétuel qui caractérise l'architecture baroque, tout cela vise à faire revenir les fidèles à l'Église.

Alors oui, c'est vrai, le baroque est tout sauf sobre. Il prend l'exact contre-pied du culte protestant sans image. Mais il est surtout un vecteur de fête, tant religieuse que profane. Les palais des rois, les spectacles de cour, les tableaux, tous reprennent les codes de la lumière, du décor, de la beauté sous toutes ses formes.

Cette magnifiscence transparaît dans l'ouvrage de Paul Carbon, richement illustré par des photos des plus beaux sites baroques de toute l'Europe. Car la passion de Paul Carbon pour le baroque vient sans doute aussi un peu de là. Comme il le dit lui-même, «le baroque réunit toute l'Europe. On retrouve ces arts (architecture, musique, lettres...) dans tous les pays, notamment méditerranéens puisque le mouvement est parti d'Italie. Mais c'est à Carpentras que Paul Carbon a trouvé l'inspiration pour deux chapitres de son livre. Il est un évêque de Carpentras, Mgr D'Inguimbert (XVIIIe siècle), qui a marqué les mémoires provençales locales. On lui a érigé une statue devant l'Hôtel Dieu dont il a initié la construction, et une bibliothèque porte son nom. Quoi de plus normal pour celui qui a créé la première bibliothèque de France.

«Nous avons le même personnage à Uzès, mais on ne lui accorde pas toute la place qu'il mérite», souligne Paul Carbon, qui fait référence à Mgr Baüyn, qui fût évêque à Uzès pendant 40 ans au XVIIIe siècle. Paul Carbon lui consacre un chapitre entier de son livre.

Un livre qui se décompose en deux parties. La première analyse le contexte économique et culturel durant l'époque où le baroque règne en maître sur les arts. Ensuite, Paul Carbon invite à un merveilleux voyage de Rome à Uzès, en passant par Venise, Turin, Nice, Avignon... Il y dresse le portrait d'une époque, de personnalités, de lieux, de vies...
Le rêve est au coin de la rue puisqu'on peut trouver Histoire et Beautés de l'Europe baroque méditerranéenne à la Maison de la presse d'Uzès, à la librairie Le Parchemin et à la librairie Soie.

Muriel Duny


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