Benoît, le dernier de la famille Sabonadier, marque l’arrivée de la quatrième génération de coiffeurs au salon Paul, situé boulevard Gambetta à Uzès. Une entreprise familiale.
C'est en 1935, le 1er octobre, qu'apparaît pour la première fois, dans Le Journal d'Uzès, le nom de Paul Sabonadier. Dans un petit encart publicitaire en noir et blanc, « l'ex-premier des principaux salons de la Côte d'Azur a l'honneur d'informer le public d'Uzès et des environs qu'il prend la succession de M. Di Dente, 8 bd Gambetta ».
Un destin familial
Le texte se poursuit ainsi : « Les personnes qui voudront bien l'honorer de leur confiance sont assurées d'un travail irréprochable ». Sa spécialité : la taille de barbe, les anglaises et la coiffure bressant (genre de coiffure comme la portait Bressant, artiste du Théâtre-Français) entre autres.
Depuis, le métier est passé de père en fils puis de père en fille avant d'inspirer le petit dernier, Benoît : la quatrième génération. Et toujours à la même adresse. À croire que les Sabonadier ont ça dans le sang.
Dans la famille, il y a d'abord Robert, 73 ans. « Mon grand-père était maréchal-ferrant près de l'église St-Étienne à Uzès, raconte-t-il. Il a envoyé mon père faire son apprentissage dans la coiffure à 12 ans. Puis ce dernier a roulé sa bosse sur la Côte d'Azur jusqu'à ses 25 ans où il est revenu à Uzès pour retrouver ses racines ».
Robert a été formé par son père, Paul, en 1956. Plus tard, c'est la consécration : il reçoit le Grand prix national de coiffure. « C'est d'ailleurs paru dans Le Républicain d'Uzès, à l'époque d'Henri Péladan, qui était un client régulier du salon », précise-t-il. Aujourd'hui, Robert coiffe encore des clients fidèles au salon depuis 50 ans.
Puis est arrivée Pascale, la fille de Robert et le salon pour hommes est devenu mixte et s'est agrandi. Pascale a passé son CAP Coiffure en 1981 puis suivi une école de coiffure avant de se lancer à tout juste 18 ans. « Pour moi, c'était une évidence de travailler dans ce salon, à Uzès », explique-t-elle. Travailler en famille ? « C'est très facile, dit-elle. Il faut avoir bon caractère, mais c'est une chance ».
Et Robert Sabonadier d'ajouter : « Personne n'a été obligé, cela s'est fait naturellement ». Ce n'est pas Benoît, dernier de la dynastie de coiffeurs et fils de Pascale, qui le contredira. « J'ai commencé au salon en 2009, se rappelle ce dernier, et cela ne m'a pas déplu ». Bien qu'il se soit orienté au départ vers la comptabilité, il a vite changé de voie et décroché son diplôme mention « styliste visagiste ». L'année prochaine, il souhaite « préparer un Brevet professionnel pour apprendre à gérer un salon de coiffure... ou prendre la suite de celui-là », conclut-il.
Le secret de cette longévité exceptionnelle à Uzès, c'est Robert qui nous le livre : « Il faut faire son boulot sérieusement, satisfaire la clientèle et ne pas avoir d'envie de grandeur. C'est un salon familial ».
Des valeurs immuables de savoir-faire et de convivialité qui se transmettent d'une génération à l'autre. Jusqu'ici, c'est un parcours sans faute.
Aurélia Simonin
(Article paru dans Le Républicain d'Uzès n°3262, du 1er avril 2010)
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