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06/08/2010 » Stéphane Lleti met sa plume au service de l’autre

De membre de la garde républicaine, Stéphane Lleti est devenu écrivain public et propose ses services en Uzège et au-delà. Une reconversion qui lui convient et qui le motive. Rencontre. 

Pascal Lleti met sa plume à portée de tous

C'est un métier peu rencontré de nos jours qu'a choisi Stéphane Lleti pour sa reconversion. Après vingt ans de gendarmerie, pour la garde républicaine puis à la brigade d'Uzès, qu'il appelait « le porte-avion » en raison de son « énorme activité », Stéphane Lleti a fait le choix de changer de métier pour devenir écrivain public. Un virage à 180° qui a radicalement changé sa vie. Un besoin aussi : « J'ai décidé de ne plus faire passer mon travail en premier et d'accorder plus de temps à ma famille et à ma vie sociale ».
Aujourd'hui, après une remise à niveau avec le CNED pendant plusieurs mois, il propose ses services et met sa plume à disposition des citoyens dans un rayon très vaste qui part de Ledenon à l'Uzège.

Un rôle social

De l'aide à la rédaction de courrier ou de livres (notamment des biographies) à la relecture, en passant par la fabrication de brochures ou de faire-part (car il a « hérité de son père un don pour le dessin »), Stéphane est un clerc des temps nouveaux.
Rappelons que les écrivains publics existaient en grand nombre et jouaient un rôle social important. Des scribes d'Égypte aux clercs du Moyen-Âge, l'homme d'écriture a toujours été sollicité, notamment avec l'essor des échanges commerciaux. Pendant très longtemps, l'écrivain public ne s'est adressé qu'à une clientèle aisée qui lui demandait la rédaction de biographies familiales. Plus tard, le travail s'est étendu à des travaux d'écriture pour « les petites gens ». L'écrivain public devint le trait d'union entre les individus et les administrations. Mais lorsqu'arriva la Révolution, de nombreux cabinets d'écrivains publics disparurent.
« L'arrivée de l'école publique ensuite entraîna une hausse générale du niveau d'instruction des gens, explique Stéphane Lleti, très renseigné sur l'histoire de sa nouvelle profession. Plus personne n'avait besoin que quelqu'un maîtrise les lettres ». L'écrivain public est tombé en désuétude et « la profession souffre d'un côté péjoratif », précise-t-il.

Le grand retour ?

Alors quand Stephane Lleti, en retraite avancée, se met à observer la société qui l'entoure, il « remarque une carence : le manque de savoir écrire. Malgré l'évolution de l'école et de l'enseignement public, l'écriture n'est plus le fort de beaucoup de gens, notamment des jeunes, souligne-t-il. Du coup, le phénomène de perte de vitesse de la profession depuis les années 60 est en train de s'inverser et les écrivains publics sont de retour ». Stephane Lleti a flairé « le gros potentiel » de ce métier qui n'est pour l'heure pas réglementé et ne doit faire face à « aucune concurrence ou presque ». Un atout évident. Aujourd'hui, Stéphane Lleti est auto-entrepreneur. Il a acquis « les réflexes » du métier et a décidé de diversifier son activité car « le métier revêt désormais plusieurs facettes et fait appel à différentes compétences ». Pour lui, l'écrivain public doit faire preuve d'écoute et d'empathie. Il est un acteur social et permet aux personnes de répondre à leurs obligations dans une société où l'écrit est omniprésent. « Je travaille parfois avec des personnes qui ont du mal à s'exprimer, ou pour lesquelles écrire est un gros facteur de stress ». Mais il précise : « je ne suis pas là pour me substituer à la personne, il faut qu'elle se reconnaisse dans le courrier ». Métier de l'Antiquité, l'écrivain public semble se payer une nouvelle jeunesse en répondant à une nouvelle demande.
Aurélia Simonin

(Article paru dans Le Républicain d'Uzès n°3258, du 4 mars 2010)

 

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