Bénédikt Aïchelé est connu au-delà d'Uzès et de l'Uzège. Son métier de joaillier créateur s'est quasiment imposé à lui très jeune et, depuis, ses créations sont aussi atypiques que surprenantes. Il multiplie les modèles à succès et allie les matières avec luxe et simplicité. Un créateur inspiré qui transmet aussi beaucoup d'émotion.
Bénédikt Aïchelé s’est destiné très tôt à devenir joaillier créateur :«J’ai toujours été attiré par tout ce qui est artistique, les pierres...C’est en visitant le musée du bijou (le Schmuck museum), en Allemagne, alors que j’avais huit ans que cette envie est née», confie-t-il.
Aujourd’hui, l’homme a sa «petite boutique» à Paris. Il s’est installé à Uzès en 2005, au quartier des Arts, où il tient son atelier et boutique et créé, à son rythme (c’est-à-dire à celui de «son inspiration») des bijoux connus et reconnus actuellement bien au-delà des frontières de l’Uzège.
D’ailleurs, en cette fin de mois de novembre, il revient tout juste du salon Kara, qui consacre chaque année les plus grands joailliers créateurs internationaux. «Le rendez-vous annuel avec ma clientèle parisenne», raconte-t-il.
L’occasion aussi de présenter sa collection, les nouveaux modèles, et même de se faire remarquer. Lors de ce salon, il a été repéré parmi une centaine de joailliers par une chaîne de télévision pour participer au tournage d’un film-reportage sur la joaillerie française. Un projet qui portera haut les couleurs d’Uzès et le travail, si minutieux, de Bénédikt.
Liberté de création
Le bijou est son mode d’expression. Ses modèles sont intemporels.
Comme la bague d’Union, «rencontre de deux natures (le carré et le rond) qui s’unissent et deviennent indissociables»; la bague Cube, créée à partir d’«un diamant brut exceptionnel par sa taille, qui a nécessité cinq ans de recherche et un an et demi de taille»; ou encore la petite dernière, la bague «Tout un foin», de très grosse taille, baptisée ainsi «parce qu’elle évoque la paille». Il associe de manière atypique les métaux (or, argent, platine), les pierres précieuses (diamant, émeraude, saphir...) fines (quartz rutile, tournaline, grenat...) ou dures (agate, jade, améthyste...).
C’est que l’homme a fait l’école de joaillerie de Paris et travaillé dans les grands ateliers de la place Vendôme. Ce qui lui a apporté «la maîtrise de la technique, qui permet la liberté de création», souligne-t-il. Du coup, «plus rien n’est impossible !».
Mais très vite, l’envie de créer ses propres modèles étant plus forte, il s’est «mis à son compte» et a commencé à travailler les matières qui l’attirent. « J’aime les pierres qui ont des inclusions comme le cristal de roche : des pierres rares où il se passe quelque chose à l’intérieur», confie-t-il. Aussi se veut-il novateur dans la conception et rigoureux dans l’éxécution. Au final, un artiste généreux, qui joue avec les lignes, les courbes, les volumes et l’émotion, et qui va volontiers à la rencontre du public à travers les expositions qu'il réalise dans la région.
Le quarier des Arts d’Uzès, où sa boutique est située, compte aujourd’hui une vingtaine d’artistes et artisans.
Aurélia Grinand
Bénédikt Aïchelé.- 2 rue de la Calade (Uzès). 04 66 22 79 22
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