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11/12/2009 » J-L Pelliquier, collectionneur et gardien de l'Histoire

Depuis quinze ans, Jean-Louis Pelliquier récupère et restaure des charrues de toutes les nationalités. À la manière d’un historien, il retrace la vie de ces objets, leur fonction et leur utilité au sein de chaque société. Rencontre avec un collectionneur hors pair.

Jean-Louis Pelliquier

C'est une sacrée collection dont dispose aujourd'hui Jean-Louis Pelliquier, habitant de Saint-Chaptes. Pas moins de 130 charrues, dénichées, données ou récupérées à l'occasion, au détour d'une rencontre ou lors de voyages. « La plus récente est une américaine qui date de 1952, explique-t-il. Ce qui est intéressant, au travers des différents modèles de différentes époques, c'est de voir à quelle vitesse les techniques se sont améliorées en matière d'agriculture ». De la charrue tirée par les bœufs à celle qui s'adapte au tracteur, il est fier de « retracer le parcours de la motorisation ».


À la manière d'un historien, Jean-Louis Pelliquier fait des recherches dans les archives départementales et dans les livres spécialisés au rythme de ses découvertes. Il y découvre des particularités : à chacune de ses charrues correspond un mode de travail et de culture, mais aussi une région de France ou du monde. De fil en aiguille, il devient un spécialiste es charrues et est quasiment incollable sur les constructeurs qui ont traversé l'Histoire. Comme les anciens systèmes de sécurité de la marque américaine John Deere, « la plus connue » et la comparaison avec la marque française Huard. « Les américains ont apporté de nombreuses améliorations au matériel pour désherber la vigne, tracer les sillons d'une certaine largeur ou par le travail du versoir. John Deere, par exemple, a lancé des versoirs lisses qui permettaient à la terre de glisser, et non pas des versoirs poreux qui ralentissaient. Un bond en avant pour les agriculteurs ! ».


Problème pour Jean-Louis : au fur et à mesure, des charrues en fer il est passé aux charrues en bois, il les a « soignées », puis « organisées », jusqu'à remplir entièrement son garage.


Parmi son classement minutieux, à grand renfort d'étiquettes récapitulatives (installées l'an passé dans le cadre des Journées du patrimoine), on retrouve un espace spécial pour les constructeurs locaux, comme Perrier, de Saint-Chaptes (1855-1888). Et le clou de la collection : les araires, ancêtres des charrues, qui datent de la fin du Moyen-Âge. « Un procédé banal de tractation à la main avec une pointe en bois qui déchirait la terre ». Il a même reconstitué une charrue égyptienne d'après gravures et un araire de l'âge de bronze « avec du bois d'Uzès ».


A-t-il fait le tour de la question ? « Je ne sais pas, répond-il, il me manque encore une charrue qui date du Plan Marshall et des charrues d'autres régions du monde ». Plus fort que la passion, une sorte de devoir de mémoire le pousse à poursuivre ses recherches. « Je ne veux tout simplement pas que tout cela parte à la ferraille ».

Aurélia Simonin

 

 

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