AccueilUzèsCafé de campagne sous le soleil pour le 1er tour des présidentielles

Café de campagne sous le soleil pour le 1er tour des présidentielles

Les Français sont appelés à voter les dimanches 10 et 24 avril 2022 pour les deux tours de l’élection présidentielle. En terrasse ou accoudés au comptoir, rencontre avec les électeurs qui se rendront, ou pas, aux urnes.
Pascale, en blanc à gauche, est la mère de Dora et Lou, au centre. Simone, mère de Pascale et grand-mère des deux jeunes femmes, est installée à droite.
Emeline Bertel - Pascale, en blanc à gauche, est la mère de Dora et Lou, au centre. Simone, mère de Pascale et grand-mère des deux jeunes femmes, est installée à droite.

Uzès Publié le ,

Quoi de mieux qu’un bar ou qu’une terrasse de café pour prendre la température à quelques jours d’une élection présidentielle. Depuis de nombreux scrutins, un désamour de la politique s’exprime par le biais des urnes. Cet événement démocratique majeur intéresse-t-il encore les électeurs ? Paroles de votants, d’abstentionnistes et de ceux qui se tâtent encore.

Tu votes ou tu votes pas ?

Près du comptoir du café de l’esplanade d’Uzès, Jérôme d’Arpaillargues profite du bon temps avec ses amis. La politique, ça le connaît. « Je fais de la politique depuis que je suis tout jeune. J’ai été engagé politiquement, livre-t-il. La présidentielle m’intéresse mais c’était mieux avant ». Une nostalgie revenue à plusieurs reprises dans les échanges. « Avant, on pouvait faire de la politique. Aujourd’hui, on est face à la pensée universelle. On sait d’avance ce qu’il va se passer. On a l’impression que les politiques nous disent "Votez pour moi sinon ça sera la catastrophe". Je suis nostalgique des grands débats d’autrefois », poursuit Jérôme qui avoue avoir déjà décidé pour qui il allait voter. « Je me déplacerai, c’est certain. J’ai toujours voté », sourit-il. À ses côtés, son ami Christophe, avec qui il aime discuter parfois de politique. Lui n’ira pas voter, suite à une promesse qu’il a faite à un ami décédé récemment. « Ça ne m’intéresse pas, ni les candidats, ni l’élection, ni la République. À l’époque, au moins, les mecs qui se présentaient nous faisaient rire. Désormais, ils présentent des projets qui les dépassent. Je n’irai pas voter, ça s’est sûr », lâche-t-il tandis que son ami Jérôme tente de le convaincre.

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Politique en famille

En terrasse du café Le One, trois générations de femmes profitent des rayons du soleil. Ces Uzétiennes de souche ont des avis qui divergent sur la politique française. « J’ai décidé depuis longtemps pour qui j’allais voter. De toute façon, dès qu’un candidat arrive à la télé, je zappe.... À moins que ça soit celui que j’aime. Comme on dit, les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent », regrette Simone, la matriarche. « La politique m’intéresse beaucoup car en ce moment, il y a la guerre en Ukraine. Notre président est là en chef de guerre, ça a retardé sa déclaration de candidature... C’était plus simple à mon époque, le monde était moins pourri. Les politiques étaient plus corrects les uns avec les autres, plus francs. On a l’impression désormais qu’on ne connaît pas leurs idées, que ce sont des girouettes, qu’ils retournent leurs vestes, quand il le faut ».

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En face d’elle, sa fille Pascale soupire dès qu’il est question de politique. « J’ai des idées assez arrêtées. Je pense qu’on devrait faire machine arrière, qu’on vit dans un monde à l’agonie, que c’était mieux avant, lance-t-elle, désabusée, en préambule en regardant ses filles. Il faudrait des années pour redresser ce monde qui va droit dans le mur. Un mandat ne suffira pas. Je sais que j’irai voter mais je ne sais pas encore pour qui ».

Telle mère, telles filles

Aux côtés de leur mère, Dora et Lou semblent s’intéresser aussi bien à l’élection à venir qu’à la politique en général. « En tant que jeune femme et en tant que jeune mère de famille, j’essaye de me renseigner, de lire les programmes, de m’informer sauf qu’il n’y a pas de débouchés. Parfois, je trouve des propositions qui peuvent me convenir mais je ne me vois pas voter pour ce parti politique. La couleur du parti influence notre choix. J’irai voter quand je trouverai un parti qui me convient », avoue Dora, la plus âgée de la fratrie, qui avait pourtant commencé les démarches pour s’inscrire sur les listes électorales uzétiennes. « Des femmes se sont battues pour obtenir le droit de vote, pour être considérées, c’est une chance, leur rappelle leur grand-mère. L’abstentionnisme est surtout présent chez les jeunes. Ils sont désabusés de tout, alors que nous, on a vécu, on sait l’importance de ces moments ». Des propos que réfute sa petite-fille Lou qui explique ne pas être désintéressée de la politique. « Ce n’est pas parce que je ne regarde pas les débats ou les interventions des candidats à la télévision que ça ne m’intéresse pas. Avec les gens, on parle de politique mais je ne me sens pas suffisamment concernée par cette élection, par un parti ou par un candidat. Peut-être que je suis égoïste car mon vote ne servira personne mais si je ne vote pas, je sais que je n’aurais pas le droit de me plaindre de la politique du prochain quinquennat », conclut la jeune femme.

Ainsi, si certains savent déjà pour qui ils voteront au 1er tour des élections présidentielles, beaucoup cherchent toujours le candidat qui correspond à leurs convictions.

Comment faire sa procuration ?

Si les inscriptions sur les listes électorales sont closes depuis le début du mois de mars, il est toujours possible de donner procuration à un membre de sa famille, un ami ou un voisin, tant qu’il est lui-même inscrit sur les listes électorales. Traditionnellement, on se rend soit dans un commissariat de police, soit une brigade de gendarmerie, soit dans un tribunal judiciaire ou de proximité pour établir sa procuration. Au guichet, on vous demandera de remplir un formulaire et de présenter votre carte nationale d’identité ou votre passeport. Il est également possible de faire la demande en ligne sur le site maprocuration.gouv.fr puis de la faire valider dans un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie. Dans les deux cas, il est indispensable de connaître son propre numéro national d’électeur et celui de votre mandataire. Le jour du scrutin, votre mandataire n’aura aucun document à présenter à votre bureau de vote à part sa carte d’identité. Il n’aura qu’à glisser le bulletin dans l’urne en indiquant votre nom. De plus, depuis le 1er janvier 2022, il est possible de donner procuration à une personne qui ne réside pas dans sa commune. Cependant, votre mandataire devra toujours se déplacer dans votre bureau de vote. Bien qu’il soit encore temps de donner procuration, il faut tenir compte des délais d’acheminement et de traitement de la demande. Il vaut mieux donc s’y prendre quelques jours avant le vote.

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