AccueilUzèsDamien Clément, attrapaïre : « Quelle adrénaline ! »

Damien Clément, attrapaïre : « Quelle adrénaline ! »

Quand les abrivados et bandidos animent les rues, les attrapaïres ne sont pas loin. Damien Clément, alias Schtroumph, est l’un d’eux depuis presque 30 ans, la passion au corps.
Damien Clément, attrapaïre : « Quelle adrénaline ! »
DR - Damien Clément, en orange, et d'autres attrapaïres, en pleine action lors de la fête votive d'Uzès.

Uzès Publié le ,

Qu’est-ce qu’un attrapaïre ?
C’est quelqu’un qui a avant tout la passion des taureaux et du monde taurin. On court après les taureaux, et non l’inverse, durant les abrivados ou les bandidos. Le but est d’atteindre la tête pour tenter de l’arrêter sans le ronger, le mettre au sol. C’est une activité très risquée mais la passion et les sensations que l’on ressent prennent largement le dessus.

D’où vous vient cette passion ?
J’avais 15 ans quand j’ai commencé à attraper les queues des taureaux. Je me suis tout de suite demandé ce que cela pouvait faire d’attraper la tête. Mais j’aime le monde taurin depuis bébé. J’ai regardé les grands attraper dans les différentes courses auxquelles j’assistais et j’ai vite voulu essayer. Quelle adrénaline quand on attrape la tête d’un taureau, quand on court après lui et qu’on arrive à sa hauteur. C’est incomparable. Dès qu’on vit ça une fois, on a envie d’y retourner même si ça fait souvent mal. Le taureau dégage une telle sensation de force et de puissance.

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Quelles sont les qualités d’un bon attrapaïre ?
Il faut être un peu fou pour courir après un animal pareil. Si tu réfléchis, ça devient compliqué, tu te fais très vite mal et tu pénalises les autres. Il faut donc de l’explosivité, un bon cardio pour courir sur une longue distance et beaucoup de folie pour se placer comme il faut et savoir comment attraper le taureau.

Quand avez-vous commencé ?
Nous avons formé un premier groupe de six ou sept attrapaïres entre 1996 et 1997 à Uzès. Nous avions tous des surnoms. Moi j’étais Schtroumph, un surnom donné par mon grand-père et que j’ai inscrit sur ma peau. Il y avait Xavier et Fabien Martinez alias Hulk et Loulou, Olivier Dinardo alias Dinard ou encore Jocelyn Maurin alias K ouito. Ma mère nous suivait avec de la bétadine pour soigner nos égratignures, on avait parfois plus de peau sur les genoux mais on y retournait quand même le lendemain. À l’époque, la fête durait une semaine complète. On alternait entre apéros, courses et taureaux piscines. C’était une semaine de folie.

Qu’en est-il aujourd’hui ?
Les groupes sont plus importants, entre 15 et 20, mais les traditions sont un peu moins respectées. Les jeunes ont tendance à ronger les taureaux, à ne pas respecter la santé de l’animal. C’est dommage. J’ai toujours la passion et quand j’ai les jambes, je continue d’attraper. J’essaierai lors du concours d’abrivado le lundi de la votive à Uzès ! Ma fille toute jeune est également passionnée par les taureaux et regarde très régulièrement des courses. Si elle veut évoluer dans ce monde, je la pousserai, même si c’est plus difficile pour une fille. Ça reste une discipline risquée, j’ai eu six côtes cassées, une fracture ouverte du fémur et des orteils et des chevilles cassés. Mais la passion a toujours repris le dessus.

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