AccueilPays d'UzèsDe Nosivka à Garrigues-Sainte-Eulalie, une famille ukrainienne réfugiée en Uzège

De Nosivka à Garrigues-Sainte-Eulalie, une famille ukrainienne réfugiée en Uzège

Yara et ses trois enfants sont arrivés dans la petite commune de l’Uzège il y a quelques semaines. Ils ont quitté Nosivka, au nord-est de l’Ukraine, fin mars, suite à l’invasion russe.
De Nosivka (Ukraine) jusqu’à Garrigues-Sainte-Eulalie, le long voyage de Yara, Karina, Bohdan et Leo.
DR - De Nosivka (Ukraine) jusqu’à Garrigues-Sainte-Eulalie, le long voyage de Yara, Karina, Bohdan et Leo.

Pays d'Uzès Publié le , C.M-F.

Yara, sa fille Karina et ses fils Bohdan et Leo sont arrivés au début de l’été pour s’installer dans un gîte mis à leur disposition par une généreuse famille garrigoise.

Le 25 mars 2022, environ un mois après le début du conflit, ils ont quitté leur petite ville ukrainienne de Nosivka dans le nord-est de l’Ukraine où la situation se dégradait sérieusement et les vivres commençaient à manquer. Le papa lui est resté et se bat pour son pays. D’abord le train jusqu’à Kiev, puis le bus jusqu’à la frontière polonaise. Une fois en Pologne, Yara et ses enfants y trouvent le chaos d’un centre d’accueil humanitaire qui déborde de réfugiés comme eux, entassés trop longtemps dans des espaces étroits et inconfortables.

La France par choix

Enfin, les volontaires qui s’occupent d’eux leur donnent le choix entre un hébergement plus permanent quelque part en Suisse, en Espagne ou en France. Ce sera la France. Alors on les embarque dans un mini bus pour un long voyage jour et nuit à travers la Pologne, la République Tchèque, l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche. Il leur aura fallu près de deux mois d’errance, d’incertitude et de fatigue pour couvrir plus de 3 000km, traverser cinq pays pour se retrouver sur un parking… à Avignon ! Là, ils rencontrent la famille d’accueil qu’on leur a attribuée et qui les attend pour les conduire à Lussan dans le Gard.

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Yara ne perd pas de temps et s’assure que tous leurs documents et justificatifs de leur statut de réfugiés sont en règle afin de bénéficier de l’aide du gouvernement français et de la Croix-rouge. Karina, 19 ans, est son bras droit. Sa connaissance, même partielle, de l’anglais est essentielle pour les débrouiller de bureau en rendez-vous, de formulaire en fonctionnaire. Il leur faut aussi rapidement apprendre le français, c’est une évidence. L’Université populaire à Uzès met en place des cours de FLE spécialement pour les réfugiés ukrainiens de l’Uzège. Yara s’inscrit elle et ses enfants, même s’il n’est pas facile sans voiture de s’y rendre depuis Lussan. Lors de leur premier cours, l’enseignante bénévole informe ses apprenants (quatre mamans et neuf enfants) que la mairie de Garrigues-Sainte-Eulalie a un logement à mettre à disposition au cas où quelqu’un serait intéressé.

Arrivée à Garrigues

Sans perdre de temps Karina, débrouillarde et maline, qui a vite repéré sur internet qu’il y avait un service quotidien de bus entre Uzès et ce village encore inconnu pour elle et sa famille, trouve moyen de prendre contact avec la mairie. Une rencontre avec Didier Kielpinski, le maire de Garrigues-Sainte-Eulalie, est vite organisée pour aller ensemble rencontrer les propriétaires du gîte et le visiter. L’appartement est propre, clair et indépendant. Il n’y a qu’une chambre à coucher mais aussi un canapé convertible dans le salon… et un immense jardin avec une piscine ! Un grand sourire illumine quatre visages. Trois jours plus tard Yara et ses enfants s’installent à Garrigues. C’était il y a quelques semaines.

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Après ce laps de temps nécessaire pour s’adapter et prendre ses repères, comment va cette famille ? Grâce à Valérie et Gaylord Laversin - leurs chaleureux hôtes et leurs trois enfants Tifenn, Rafaël et Grégoire - Yara, Karina, Bohdan et Leo ont trouvé la sécurité, la paix et l’amitié au sein de cette belle famille qui habite juste à côté, toujours prête à les soutenir. Bohdan est en 4e au collège Saint Firmin d’Uzès. Karina, en première année de droit, continue à travailler par visioconférence avec son université en Ukraine et a décroché un CDD à La Bergerie, le restaurant local. Leo (3 ans) sera inscrit en maternelle pour la rentrée à Collorgues en septembre prochain dès que la mairie aura reçu la traduction française de son certificat de naissance. Cela portera à trois le nombre des petits ukrainiens scolarisés sur Garrigues et Collorgues. La Municipalité prend en charge les frais de cantine. Et grâce à l’intervention du Centre communal d’action sociale, la famille de Yara a pu obtenir une aide ponctuelle à la subsistance qui leur a permis d’attendre leur première allocation gouvernementale début juin.

Les personnes intéressées peuvent déposer, aux heures d’ouverture de la mairie des produits alimentaires, de puériculture et d’hygiène pour subvenir aux besoins des réfugiés ukrainiens dans l’Uzège. Une belle histoire alors que l’Ukraine a fêté, le 24 août 2022, sa fête de l’indépendance.

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