AccueilJustice - Faits diversJustice : l'ancien maire de Saint-Maximin condamné pour viol

Justice : l'ancien maire de Saint-Maximin condamné pour viol

Âgé de 75 ans, l’ancien maire de Saint-Maximin, Luc Boisson, a été jugé devant la cour d’assises du Gard. Il a été condamné pour le viol d’une employée municipale.
L'ancien maire de Saint-Maximin a été accusé de viol sur une employée municipal et condamné à 12 ans de réclusion criminelle.
L'ancien maire de Saint-Maximin a été accusé de viol sur une employée municipal et condamné à 12 ans de réclusion criminelle.

Justice - Faits divers Publié le ,

C’est une affaire qui a créé l’émoi dans la commune de Saint-Maximin, village d’un peu moins de 800 âmes aux portes d’Uzès. Luc Boisson, maire pendant trois mandats, a été jugé aux assises du tribunal de Nîmes, du 23 au 25 novembre. Accusé d’avoir violé Marlène, employée municipale, en janvier 2014, il a nié tout au long du procès. Il a été condamné à douze ans de réclusion criminelle et incarcéré.

Un procès intense

Les différents témoignages entendus lors de ces trois journées de procès ont dressé le portrait d’un maire respecté par certains et complètement obsédé pour d’autres... Un comportement dont a été victime Marlène, employée communale quinquagénaire, révélant un harcèlement qui dure des mois avant un rapport sexuel non consenti dans les toilettes de la mairie.

«Il m’a plaquée contre l’évier puis m’a pénétrée, ça n’a duré que quelques temps. Mais à la suite de cela, je me suis sentie sale et je me sens toujours sale», décrit Marlène.

Par crainte pour son emploi, elle attend trois ans pour porter plainte mais s’était confiée à des élues et autres employées. Détaillant ce jour où Luc Boisson «a exhibé son sexe devant moi me demandant de l’embrasser». Elle raconte aussi les attouchements, poitrine, fesses, «en jouant de son autorité», avec «intimidation».

Une femme tuée à Montaren, son mari se donne la mort

Au premier jour du procès, Luc Boisson assure d’abord ne jamais avoir baissé son pantalon devant Marlène avant d’évoquer une relation extra-conjugale, étant tous les deux mariés. Une relation «réciproque».

Libérer la parole des victimes d'agression sexuelle

Quelques heures avant le verdict, l’avocat général Bertrand Baboulène replace cette affaire dans une société où la parole des victimes abusées sexuellement a encore du mal à se libérer. «Les apparences sont souvent trompeuses. Qui aurait pu croire qu’un présentateur de journal télévisé aurait violé ses collaboratrices ? Le comportement sexuel n’a rien à voir avec la notoriété. Il est mis en mouvement par des facteurs qui n’ont rien à voir avec les apparences. C’est la vérité humaine».

"Un homme obsédé et frustré sexuellemen", présente l'avocat général Bertrand Baboulène

Il rappelle les consultations de sites pornographiques par Luc Boisson dévoilées lors du premier jour de procès. Des sites qu’il consulte «en dehors de toute déontologie, en utilisant l’ordinateur de la mairie durant ses heures de travail», avant de qualifier l’accusé «d’obsédé», de «frustré sexuellement».

Me Baboulène requiert une condamnation de 12 ans d’emprisonnement au titre de l’exemplarité.

Une victime "fragile" qui "n'a pas valablement signifié son refus"

S’appuyant sur l’intervention de l’expert psychiatrique lors de la seconde journée, la première avocate de Luc Boisson, Me Patricia Perrien, présente elle Marlène comme une femme déjà fragile et isolée avant les faits. «L’expert n’a jamais dit que la souffrance de Marlène était due à M. Boisson. Sa vie était déjà brisée, c’était déjà fini pour elle».

Le second avocat de l’accusé, Me Jean-Faustin Kamden, rappelle que Marlène n’a pas «valablement signifié de refus. Elle dit avoir cédé par peur énorme de perdre son boulot. À certains moments elle a la lucidité de lui dire non et à d’autres, comme en janvier, ça s’effondre et elle se dit que si elle ne cède pas elle perd son boulot».

Un «mal-entendu»...

À 13h45, Luc Boisson est appelé à la barre pour la dernière fois de ces trois journées. Il expose le regret d’un mal-entendu avec Marlène. «Je regrette de ne pas avoir compris que je la perturbais car elle ne me l’a pas dit franchement».

Coupable de viol et d'agression sexuelle

À 16h, après deux heures de délibérés, le verdict suit les réquisitions de l’avocat général. Luc Boisson est reconnu non coupable de harcèlement sexuel mais coupable de viol et d’agression sexuelle. Il est condamné à 12 ans de réclusion criminelle et 10 ans de privation de ses droits civils et civiques. La défense a fait appel de la décision.

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