AccueilPays d'UzèsLe refuge de Vallérargues doit pousser les murs

Le refuge de Vallérargues doit pousser les murs

Le refuge « Les garrigues » est à saturation, tant et si bien que les bénévoles ne peuvent plus recueillir d’animaux alors que les demandes d’abandon ont augmenté de 15% ces derniers mois. La structure a dû mettre en place une liste d’attente.
Jean Duquesnois, responsable du refuge de Vallérargues.
Émeline Bertel - Jean Duquesnois, responsable du refuge de Vallérargues.

Pays d'Uzès Publié le ,

Ils ont poussé les murs du refuge pour accueillir leurs nouveaux pensionnaires cet été. À l’antenne de la Société protectrice des animaux (SPA) de Vallérargues, il n’y a plus de place dans les box et certains chiens ont emménagé dans les bureaux du refuge. « À ce jour, nous avons 56 chiens, 67 chats, 20 ovins et caprins, deux lapins et une quinzaine de poules, détaille Jean Duquesnois, responsable du refuge. C’est une bien jolie famille mais nous sommes arrivés à saturation et nous devons faire de la place pour loger tout ce petit monde ». Une tendance qui se ressent également à l’échelle nationale : de nombreux refuges sont confrontés à ce problème.

« Le problème de la saturation, c’est que ça nous empêche d’accueillir d’autres animaux, des bêtes maltraitées que l’on récupère dans le cadre d’enquête, ou que les gens amènent dans le cadre d’abandon, poursuit Jean Duquesnois. On a des listes d’attente pour les abandons et dont on prend les coordonnées. On les rappelle quand on a une place qui se libère, savoir s’ils souhaitent toujours nous laisser leur animal ou s’ils ont trouvé une autre solution ».

Des renforts allemands à la brigade de Remoulins pour la saison estivale

Pour le moment, une trentaine de demandes d’abandon sont en attente au refuge. Du côté des bénévoles de la SPA, aucun jugement de valeur. « Ils abandonnent leurs animaux pour des raisons économiques car ils ont perdu leur travail, parce qu’un couple se sépare, car ils déménagent, suite à l’arrivée d’un nouveau-né. On sait que pour certains, c’est un crève-cœur. Il y a aussi des cas particuliers, des personnes malades ou en fin de vie qui nous laissent leur compagnon. Donc on accueille toujours avec un peu d’empathie. Notre but, c’est toujours de sauver l’animal ».

La maltraitance animale, ce fléau

Cette mission, les bénévoles du refuge y sont confrontés quasiment quotidiennement suite aux divers signalements qu’ils reçoivent sur leur site internet ou par téléphone : violence physique sur les bêtes ou négligence, les membres de l’association ont remarqué que les signalements ont augmenté drastiquement ces derniers temps. « C’est peut-être dû à notre nouveau site où la rubrique "Je signale" est plus facilement accessible et visible... Depuis le début de l’année, nous avons réalisé 142 enquêtes. Certaines sont classées sans suite quand le signalement est abusif, d’autres peuvent nous amener à récupérer l’animal ».

Léa Gauthier : une aventure hors norme

Actuellement au refuge de Vallérargues, une dizaine de chiens sont en situation de réquisition et sont en attente d’une décision de justice. De plus, depuis la fin de l’année 2021, diverses lois ont été votées mettant notamment fin à la vente de chiots et de chatons en animalerie au 31 décembre 2023. Les sanctions en cas d’abandon sauvage ou de violences ont été renforcées et il sera prochainement demandé aux primo-adoptants de signer un certificat d’engagement et de connaissance avant l’acquisition d’un animal. « La législation avance mais la marge de progression est toujours importante. Pour nous, défenseurs des animaux, ça ne va jamais assez vite, lance le responsable. Mais il y a la loi et la façon dont elle est appliquée. Les juges et les procureurs prononcent des peines qui ne sont pas assez dissuasives. Souvent les personnes ne sont condamnées qu’à verser une amende ».

Une action réfléchie

Cette année, le refuge a également accueilli beaucoup de jeunes chiens, qui rentrent dans leur « crise d’adolescence ». « Quand ils étaient chiots, leurs maîtres ne les ont pas éduqués. Tout était permis. Et là, ils arrivent à un âge plus compliqué, où les chiens s’affirment, et les propriétaires n’arrivent plus à gérer ». Il y a aussi les portées non désirées car les animaux ne sont pas stérilisés. De même, à cause de la baisse des campagnes de stérilisation durant les confinements, de nombreux chatons sont nés sur le territoire et sont placés en famille d’accueil le temps de leur sevrage.

Uzès : à la recherche de déchets dans les rues de la cité ducale

Ainsi, entre le 1er mai et le 31 juillet 2022, 138 abandons, toutes espèces confondues, ont été recensés par le refuge uzégeois, soit une augmentation de 15% par rapport à la même période l’an passé. D’ici la fin du mois, la structure nationale de la SPA réalisera son bilan estival qui permettra de dessiner avec certitude cette tendance. « L’animal est encore trop considéré comme un objet, on le prend pour faire plaisir aux enfants, car c’est une boule de poils trop mignonne. Mais un chien, c’est un engagement financier », rappelle avec insistance Jean Duquesnois. Si le nombre d’abandon a fortement augmenté cet été, le nombre d’adoption au refuge a suivi la même tendance. « Le mois d’août nous a réservés quelques bonnes surprises », sourit le responsable en repensant notamment à Blue, un labrador noir de six ans, qui vient de trouver son adoptant pour la vie après deux années passées au refuge.

Tous les animaux à l’adoption sont à retrouver sur la page Facebook au refuge de Vallérargues et sur le site internet de la SPA.

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 29 septembre 2022

Journal du29 septembre 2022

Journal du 22 septembre 2022

Journal du22 septembre 2022

Journal du 15 septembre 2022

Journal du15 septembre 2022

Journal du 08 septembre 2022

Journal du08 septembre 2022

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?