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Professionnel du bien-être : Doctolib serre la vis

À partir du 30 avril 2023, les professionnels du bien-être ne seront plus les bienvenus sur la plateforme Doctolib.
À partir du 30 avril 2023, les professionnels du bien-être ne seront plus les bienvenus sur la plateforme Doctolib.
Lucas Laberenne - À partir du 30 avril 2023, les professionnels du bien-être ne seront plus les bienvenus sur la plateforme Doctolib.

Uzès Publié le ,

Mercredi 26 octobre 2022, la plateforme de réservation Doctoliba décidé de n’autoriser sur son site que les professionnels réglementés par les autorités de santé. Cette décision fait suite à une récente polémique qui avait agité les réseaux sociaux fin août. La sonnette d’alarme avait été tirée sur Twitter par un médecin, surpris de voir que le site proposait la prise de rendez-vous avec des professionnels du domaine du bien-être, notamment des praticiens en lien avec la très controversée Irène Grosjean. L’Ordre des médecins avait même demandé à Doctolib, au cœur d’une polémique, « de renforcer ses règles éthiques pour s’inscrire sur sa plateforme ».

C’est désormais chose faite. Après six semaines de consultation, la plateforme a décidé de ne plus référencer les professionnels du bien-être. En d’autres termes, les naturopathes, sophrologues, hypnothérapeutes et autres adeptes de médecine non reconnue ne pourront plus bénéficier de l’incroyable vitrine qu’est Doctolib.

Entre compréhension et peur de la stigmatisation

À Uzès, les professionnels du domaine du bien-être comprennent cette décision. « Est-ce que ça m’arrange ? Pas du tout mais je comprends leur positionnement, explique Murielle Machet, sophrologue inscrite sur la plateforme depuis un an et demi. Le Syndicat des sophrologues ne nous avait pas orienté vers Doctolib mais j’avais choisi ce site pour une question de crédibilité. Moi-même, en tant que patiente, c’est vers cette plateforme que je me tourne. Tout le monde la connaît et c’est très pratique ».

Fons-sur-Lussan : bientôt un nouveau médecin

Pour sa part, la naturopathe Maud Simonelli ne s’est jamais inscrite sur le site pour raisons professionnelles. « Ça s’appelle Doctolib, c’est donc légitime et logique que ça soit réservé aux professionnels de santé. Nous ne sommes ni docteur, ni thérapeute, nous sommes praticiens du bien-être. Notre pratique ne doit en aucun cas se substituer à la médecine ».

Murielle Machet déplore que ce soit les dérives de certains qui ont entraîné cette décision et une disgrâce de sa profession. « Certains praticiens ont une éthique. Là, on va payer pour les gens qui ne sont pas sérieux », regrette la sophrologue uzétienne. « C’est facile pour Doctolib de faire un coup d’éclat médiatique, quitte à nous faire passer pour des charlatans. Il y a une certaine forme de stigmatisation. Ça jette le discrédit sur la profession et c’est ça qui m’ennuie profondément. De la même manière, il y a des médecins peu scrupuleux mais là, il n’y a pas de remise en question », abonde Maud Simonelli, qui apprécie néanmoins la séparation établie désormais entre les métiers de la santé et du bien-être.

Uzès : une collecte vitale

Un délai de six mois a été octroyé aux professionnels de la plateforme afin qu’ils puissent réorganiser la gestion des rendez-vous. Car tel est le point fort de Doctolib pour les praticiens : leur faire gagner du temps dans la prise de rendez-vous. « À part pour un premier rendez-vous, c’est rare que les patients m’appellent. Ils ont pris l’habitude de passer par Doctolib car je les oriente vers la plateforme, indique Murielle Machet. Par contre, pour les premiers contacts, les patients ont besoin d’être rassurés. Prendre rendez-vous avec un praticien du bien-être, ce n’est pas la même chose qu’aller chez le médecin ou le dentiste. On ne sait pas forcément à quoi s’attendre. On y va parfois sur la pointe des pieds. C’est pour cela que je privilégie un premier contact téléphonique avant de faire la prise de rendez-vous en ligne ».

Le 26 octobre, à la suite de la décision de Doctolib, un mail a été envoyé par la plateforme à tous les professionnels du domaine du bien-être qui y sont présents. Les professionnels prochainement « radiés » du site ont désormais jusqu’au 30 avril prochain pour se retourner et se rapprocher d’autres plateformes. « Financièrement, je vais y gagner, souligne Murielle Machet. Pour être sur Doctolib, je payais 139€ par mois et les autres plateformes proposent des tarifs comme 30€ par mois ». La sophrologue se dit très sollicitée depuis l’annonce de la société française. Au total, 5 700 professionnels du bien-être vont être « bannis » de la plateforme.

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